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Marcheur (Le)

Seul le grésillement d’une télé enneigée trouble la catatonie de Jean lorsque Paul, un camarade et collègue d’université pétri d’inquiétude, le trouve dans son salon. Son ami est encerclé d’une montagne de clichés et de cahiers de notes qui, sous des abords chaotiques, forment le cumul de sa vie. Le Marcheur raconte la quête de vérité de Paul qui, à partir des documents et des souvenirs qu’il garde des derniers mois de l’existence de son ami, reconstitue le fil des événements qui ont poussé Jean à l’alcoolisme, la paranoïa, la réclusion. D’un chagrin d’amour au délire de persécution, comment un homme dans la force de l’âge devient-il une loque dénaturée ? Malgré un ton parfois monotone, Pierre Fortin tire néanmoins son épingle du jeu avec ce premier roman qui allie habilement réflexions sur l’art, érotisme et suspense psychologique. Professeur de littérature, photographe et artiste visuel, Fortin a le regard pénétrant, l’esprit joyeusement tordu, et maîtrise l’art du dialogue mené rondement. Il use sciemment d’univers qu’il connaît bien pour crédibiliser la descente aux enfers de son héros, évite le piège d’une intrigue cousue de fil blanc — on devine un peu, certes, mais pas suffisamment pour en être agacé — et réussit néanmoins à laisser planer le mystère sur un dossier loin d’être clos.
Par Hélène Simard, Les libraires
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