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La Voix meurt pleine

Dans un entretien apparaissant sur le site des éditions de l’Hexagone, où le poète présente brièvement son recueil, nous pouvons lire: «Il y a une ruine devant et dans chacun de nous. Il faut la traverser, sortir de ce que l’on croit être et arriver à soi réellement, un court instant. Puis repartir au cœur des débris.» Comme le précise une citation de Walter Benjamin qui figure au début de La Voix meurt pleine, ce ne sont pas les ruines qui importent, mais «le chemin qui se dessine entre elles». C’est ce chemin qu’évoque le premier recueil de ce jeune homme originaire du Bas-Saint-Laurent, chemin sur lequel «on va toujours plus loin/vers le désordre/où tout commence», jusqu’à ce point où «la voix meurt pleine». Pleine de quoi, nous l’ignorons, et peu importe en vérité si, dans cette mort, nous arrivons à nous-mêmes un court instant avant de «repartir au cœur des débris».
Par Mathieu Croisetière, Clément Morin
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