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Corps perdu

L’histoire commence un 17 janvier, dans une chambre qui n’a connu ni aération ni lumière depuis longtemps. Les volets sont cloués, il n’y a plus d’ampoule au plafond. Dans un coin, une masse informe et un lit à quatre montants. Gît, dans ce lit, un corps d’un âge indéterminé, maigre, sale, survivant. Le temps passe sur les murs de la pièce comme un passé vivant rempli de fantasmes et de souvenirs aux odeurs corporelles si fortes qu’elles dérangent. Folie d’une fillette obsédée, amoureuse, sensuelle. Corps décharné qui se traîne d’un matelas infesté à cette masse appelée le tas, où vit la vermine et se liquéfient ses envies inassouvies, ses besoins d’amours interdits, le retour de l’être aimé qui ne revient jamais. C’est une lente agonie, un abandon de la réalité. Vieillarde qui ne sait plus, mais qui cherche dans son corps ces odeurs qui la tiennent en constant désir; ce n’est plus qu’un corps perdu.
Par Jacynthe Dallaire, Les bouquinistes
Corps perdu Laurent Chabin
Triptyque , 2008 Acheter
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