Nos libraires craquent

Littérature québécoise

Les libraires - Numéro 92

Chaque fois, je t’invente

Personne ne sort indemne de ce roman. Ça vous écorche le cœur. Il y a dans ce texte un immense désarroi causé par l’absence de l’autre, par sa recherche et par l’impossibilité de le retrouver. Deux récits bien distincts se suivent en parallèle et s’entrecroisent. Dans l’un, une femme seule cherche son fils, de qui elle n’a aucune nouvelle depuis des mois. Dans l’autre, Guillaume cherche en vain à comprendre le décès de sa mère, victime d’un accident lors d’un voyage. Deux récits qui ont en commun des cartes postales, comme des souvenirs impérissables et des bords de mer, comme des endroits pour tout quitter. S’y mêlent aussi des logements qu’il faut encore abandonner et, étonnamment, de l’espoir. La femme a conservé des photos de son fils et s’invente un monde pour le garder vivant. Guillaume dessine toujours le visage de sa mère en lui rajoutant des rides pour la voir vieillir avec lui. Au-delà de l’histoire, il y a la souffrance, la culpabilité et le besoin de l’autre. L’écriture poétique de ce premier roman est d’une telle profondeur, d’une telle justesse bouleversante qu’elle amène le lecteur vers un sentiment de quiétude alors que le cœur traverse un tumulte. Une auteure à suivre.

Par Lise Chiasson, Côte-Nord
Chaque fois je t'invente Stéphanie Bellemare-Page
Lemeac , 2015 Acheter
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