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Les libraires - Numéro 105
Michael David Miller : Bibliothécaire universitaire

Michael David Miller : Bibliothécaire universitaire

Publié le 05/02/2018

Bibliothécaire adjoint à Bibliothèque et Archives de l’Université McGill

Quelle différence majeure y a-t-il entre une bibliothèque universitaire, une bibliothèque collégiale et une bibliothèque municipale?
Les bibliothèques universitaires ont habituellement de plus grandes collections et leurs bibliothécaires ont des spécialisations disciplinaires en sciences, littérature, communication savante, données géospatiales, conservation, musique, etc. Par exemple, pour ma part, je suis le bibliothécaire en littérature française, sciences économiques et études LGBTQ+. Il existe néanmoins une similitude : nous voulons que toutes nos bibliothèques soient des lieux inclusifs de rencontre où chaque personne, peu importe son origine, sa culture, son orientation sexuelle et son identité de genre, est la bienvenue.

Quelle importance possède la bibliothèque au cœur d’une université?
La bibliothèque est le centre de l’université puisqu’elle fournit la documentation et les collections physiques et numériques à l’ensemble de l’université afin de soutenir l’ensemble de l’enseignement, de l’apprentissage et de la recherche universitaires. Nous conservons également le patrimoine de l’université dans nos archives et, selon la collection particulière, le patrimoine de la société. Les collections de la Bibliothèque des livres rares, la Bibliothèque Osler d’histoire de la médecine, les Archives de l’Université McGill et la Collection d’arts visuels sont très spéciales et uniques à voir.

La bibliothèque d’une université est-elle ouverte uniquement aux universitaires inscrits?
Tout le monde est le bienvenu, membre de l’Université McGill ou pas, pour consulter nos collections physiques et numériques sur place. À ma connaissance, ceci est également le cas pour l’ensemble des bibliothèques universitaires québécoises.

Qu’est-ce qui occupe, concrètement, la majeure partie de vos tâches comme bibliothécaire?
À l’Université McGill, les bibliothécaires, en raison de leur statut universitaire, ont trois grandes catégories de tâches pour obtenir leur permanence : la bibliothéconomie, la recherche et le service.

Les tâches bibliothéconomiques sont différentes pour chaque poste de bibliothécaire. Dans mon cas, en tant que bibliothécaire disciplinaire en littérature française, sciences économiques et études LGBTQ+, je développe mes collections, aide les usagers à découvrir ces dernières, et j’offre de la formation à la culture informationnelle dans ces disciplines. C’est-à-dire que je reçois les étudiants en bibliothèque ou bien je suis invité dans leurs cours pour enseigner comment faire de la recherche, comment découvrir nos collections, comment évaluer de l’information, et on voit souvent le cycle de la vie informationnelle de sa création jusqu’à sa diffusion et sa conservation.

En matière de recherche, je fais de la recherche en bibliothéconomie. Présentement, je travaille sur un projet d’étude critique sur les deux plus importantes bibliographies en littérature de langue française, la Bibliographie d’histoire littéraire française (Klapp) et la Bibliographie de la littérature française (Rancœur) afin de mieux les comprendre et pour mieux conseiller mes étudiants et professeurs. Prochainement, je vais publier les résultats de mon étude dans une revue scientifique en bibliothéconomie afin de partager les résultats avec mes collègues bibliothécaires à travers la planète.

En ce qui concerne mon dossier de service, en 2016, j’étais le président de l’inaugural Congrès des professionnels de l’information (CPI), je siège en tant que membre au comité du plaidoyer de la table ronde GLBT de l’American Library Associationet je travaille sur l’établissement de l’Assemblée LGBTQ+ des milieux documentaires du Québec qui étudiera les services et les collections dans nos bibliothèques pour la communauté LGBTQ+.

Quels liens tissez-vous avec les étudiants qui sont usagers de la bibliothèque? 
Je participe aux activités d’accueil pour des nouveaux des 1er, 2e et 3e cycles. Je peux également les recevoir en bibliothèque où je me présente comme leur bibliothécaire disciplinaire. J’ai également tendance à participer aux lancements de revues étudiantes, aux vins et fromages des départements et en général à toute activité où je peux parler de la bibliothèque et des services qu’on offre. Facebook et Twitter m’aident énormément à me tenir à jour sur les activités des différents départements.

Quelles activités sont organisées entre les murs de votre bibliothèque et de quelle façon cela contribue-t-il à la vie universitaire?
Les bibliothécaires offrent un catalogue de formations sur une multitude de sujets. Par exemple, on a offert des formations sur Wikipédia et la communauté LGBTQ+, les fausses nouvelles, les logiciels de gestion bibliographique EndNote et Zotero, la recherche documentaire, la rédaction des recensions des écrits et des formations générales sur la bibliothèque. De plus, les Amis de la Bibliothèque de l’Université McGill offrent une série de conférences tout au long de l’année. On trouve également dans le Grand Hall d’entrée des expositions qui soulignent les collections spéciales et rares qu’on retrouve à l’Université McGill.

Pourquoi avoir choisi le métier de bibliothécaire?
Au premier cycle, j’ai fait un baccalauréat en études françaises et un deuxième baccalauréat en études publicitaires. En même temps que mes études de 1er cycle, j’ai travaillé à la Main Library de la Michigan State University. C’est là que j’ai développé un amour pour la bibliothéconomie. En 2011, je suis venu faire la maîtrise en bibliothéconomie à l’Université de Montréal, car je voulais jumeler mes deux passions, les bibliothèques et la francophonie québécoise. À la suite d’un bref séjour à la Bibliothèque de l’Université de Montréal, je me suis trouvé à l’Université McGill. Maintenant, d’une manière plus globale, comme bibliothécaire, je veux contribuer à la démocratisation de l’accès à l’information, au savoir et à la culture pour chaque personne issue de notre société. 

Quel est votre livre coup de cœur de 2017?
Question difficile, mais je choisirai Tu aimeras ce que tu as tué de Kevin Lambert (Héliotrope), une belle découverte faite au Salon du livre de Montréal en 2017. C'est un livre que je vais certainement lire une deuxième ou une troisième fois. J’aurai le plaisir de recevoir Kevin Lambert à « La Bibliothèque à livres ouverts » du Centre communautaire LGBTQ+ de Montréal, le 14 février 2018, lors d’une activité de contribution à Wikipédia, où l’on va justement créer son article Wikipédia.

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