Entrevues

Littérature policière

Le libraire - Numéro 84
Richard Ste-Marie : Flic, art et philosophie

Richard Ste-Marie : Flic, art et philosophie

Par Morgane Marvier, Monet, publié le 27/08/2014

Richard Ste-Marie est arrivé il y a peu dans le milieu du polar québécois, mais il y tient déjà sa place. On le retrouve avec Repentir(s), troisième aventure de son héros, Francis Pagliaro. Cet enquêteur atypique de la Sûreté du Québec tire beaucoup de la vie de son auteur : « Je travaille en culture depuis plus de cinquante ans et il m’est apparu évident qu’il y avait de la place pour cette culture dans la trame de romans policiers et qu’elle serait incarnée par le policier lui-même. Pagliaro est un homme qui croit en la puissance persuasive de la parole. » L’auteur a donc créé un flic philosophe plus adepte de dialogue que de violence.

Cet aspect est encore plus présent dans cette enquête sur l’assassinat d’un galeriste où le policier découvrira les méfaits du monde de l’art. Surprenant pour le lecteur, mais l’auteur le dit : « Dans le milieu, j’ai pu recenser plusieurs comportements délictueux et criminels, et comme dit un personnage du roman, “il n’y a rien de mieux pour un faussaire que de travailler avec du vrai”. » Il a utilisé ce savoir pour construire une intrigue autour de contrefacteurs d’art et de trafic de tableaux.

Repentir(s) est peut-être son roman le plus noir, surtout à cause d’un personnage particulier. « J’ai doté progressivement le garçon des stigmates de celui qui peut devenir un criminel, mais le plus difficile n’est pas d’inventer des actes de violence, ce n’est là qu’une question d’imagination, mais plutôt d’aboutir à une construction de personnage vraisemblable », explique-t-il. Une tâche réussie, le lecteur se demandant jusqu’où cette férocité pourra bien aller. Ce récit dans le passé rattrape l’enquête de Pagliaro qui y découvrira les mobiles des crimes. En outre, pour Richard Ste-Marie, « ce va-et-vient temporel est aussi une manière de mettre en lumière certains aspects de la démarche créatrice. J’aime que ceci raconte aussi cela ».

Il s’agit pour l’auteur d’un moyen, devenu aussi une technique artistique, d’écrire sur le repentir, ce sentiment humain qui est selon lui « le regret avec promesse de réparation ». Vaste sujet pour ses personnages, mais qui promet une lecture passionnante!

Photo : © Francine McNicoll

Partager cet article
Commenter sur facebook
  1. Accueil
  2. Entrevues
  3. Littérature policière
  4. Richard Ste-Marie : Flic, art et philosophie