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Prix des libraires jeunesse: finalistes 0-4 ans

Prix des libraires jeunesse: finalistes 0-4 ans

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 21/06/2013

Ils sont neuf Québécois, trois finalistes dans chacune des trois catégories, a avoir conquis le cœur du comité de sélection du Prix des libraires du Québec. Le libraire a contacté chacun de ces finalistes, tous aussi originaux que doués, afin qu’ils nous ouvrent la porte de leur atelier d’écriture. Ci-dessous, vous trouverez les entrevues avec les finalistes de la catégorie 0-4 ans. 

Le grand lauréat de chacune des catégories sera connu en septembre. Entre-temps, le sort de leur livre se retrouve entre les mains de tous les libraires du Québec, qui voteront afin de récompenser les grands récipiendaires. Pour en apprendre davantage sur le Prix des libraires du Québec, nous vous invitons à lire l’article : Le Prix des libraires du Québec : Lire un peu, beaucoup, passionnément, à la folie!

 

FABRICE BOULANGER

Pour Ma sœur veut un zizi

Éditions de la Bagnole

Sous les superbes illustrations aux multiples nuances de Fabrice Boulanger, un petit bonhomme nous raconte que sa petite sœur est totalement fascinée par son zizi. Il nous dévoile même qu’elle en voudrait bien un elle aussi! Le petit use donc de diverses ruses afin de protéger son « macaroni » de la petite curieuse!  

 

D’où vous est venue l’idée de cette petite qui tente de comprendre pourquoi son frère possède un zizi et pas elle. Avez-vous de jeunes enfants?

Oui, j’ai de jeunes enfants et forcément l’idée est venue de là. C’était déjà le cas pour l’album précédent de la même collection: Maman va exploser. Au-delà de mon vécu personnel, toutefois, c’est une situation que vivent toutes les jeunes familles. Il est tout à fait normal que les enfants découvrent leur corps et se touchent à certains endroits. Il n’y a pas de raison de placer un tabou là-dessus. Notre corps est comme il est, on n’a pas de raison d’en avoir honte. Je trouve très dommage que certains parents placent un tabou dès la plus tendre enfance sur ce sujet plutôt que de répondre aux questions que pourraient se poser les enfants — et je ne parle même pas de sexualité, ici, mais juste d’anatomie (et c’est ce dont parle le livre, j’insiste là-dessus). Sachant que ces parents refusent d’emblée d’aborder le sujet avec lui, vers qui l’enfant se tournera-t-il plus tard lorsqu’il tombera sur des images ô combien plus choquantes sur Internet et qu’il aura besoin de comprendre que ce n’est pas ça aimer quelqu’un?

Ce qui me rassure, par contre, c’est que ces parents « fermés » à la question me semblent une toute petite minorité. J’ai rencontré énormément de familles dans les Salons du livre lors de la promotion de Ma sœur veut un zizi, et toutes, je dis bien toutes, se sont montrées emballées et très ouvertes sur la question. Beaucoup de parents m’ont dit qu’ils attendaient un livre comme celui-là depuis longtemps. Comme quoi les mentalités évoluent et Ma sœur veut un zizi répond à une attente, n’en déplaise à certains!

 

TVA a créé une véritable polémique avec son reportage sur Ma sœur veut un zizi. Si vous aviez eu la chance de parler à la journaliste du reportage, que lui auriez-vous dit?

Sincèrement, je pense que j’aurais eu beau lui dire n’importe quoi, elle n’en aurait pas tenu compte. Son opinion était faite dès le départ et, à mon sens, ce manque d’objectivité est une très mauvaise façon de faire du journalisme. Le but était clairement de créer un petit scandale en faisant intervenir n’importe qui pour raconter n’importe quoi. Cela dit, je ne m’en plains pas du tout, bien au contraire. L’album a bénéficié d’une visibilité remarquable grâce à ce pseudo reportage, et toute personne saine d’esprit et avec un minimum de jugement a très facilement pu se rendre compte que le contenu était sans aucun fondement. Dommage qu’il faille passer par ce genre de coups d’éclat pour bénéficier d’un peu de visibilité pour la littérature jeunesse dans les médias.   

 

Vous êtes à la fois auteur ET illustrateur. De quelle façon travaillez-vous? Le texte précède-t-il l’image ou est-ce l’inverse?

Ça dépend des cas. Il y a quelques années, j’ai réalisé une série aux éditions Michel Quintin: Archimède Tirelou, Inventeur. Dans ce cas-là, l’idée était venue en griffonnant le personnage et son univers. L’histoire s’est bâtie autour des dessins. Pour Ma sœur veut un zizi, j’ai commencé par le texte, mais l’idée était surtout de dépeindre des situations qui visuellement seraient très rigolotes. Je pense donc avoir avant tout une approche visuelle de ce que j’ai à raconter, et même lorsque j’écris un roman pour ado, je le vois d’abord en images.  

 

Quel effet ça vous fait d’être dans la liste des finalistes du Prix des libraires du Québec, donc d’être reconnu par les libraires d’ici?

C’est évidemment très gratifiant d’être reconnu par des intervenants aussi précieux que le sont les libraires, et ça l’est d’autant plus si c’est pour faire la promotion d’un livre qui ose aller un peu plus loin que d’autres. Dans le cas qui nous occupe, être finaliste avec un livre comme Ma sœur veut un zizi nous prouve, encore une fois, que nous sommes allés dans la bonne direction malgré la controverse (un rien ridicule) qu’a suscitée le livre. C’est très sympa de se sentir soutenu par les professionnels du milieu. Au final, les éditions de la Bagnole et moi-même sommes très fiers d’avoir osé gentiment dépasser les bornes!

 

DANIELLE CHAPERON

Pour L'Abominable

Aux éditions de la courte échelle

 

Dans L’Abominable, Danielle Chaperon raconte l’histoire de Clara qui se sent tout d’un coup devenir le chaperon du duo que forment sa meilleure amie et la nouvelle venue. Depuis l’arrivée de celle qu’elle surnomme l’Abominable, rien ne va plus… Clara a même l’impression de ne plus exister pour sa propre meilleure amie! Mais l’Abominable est-elle à ce point différente de Clara?

 

Un triangle amical (en référence à un triangle amoureux), n’est pas de tout repos à gérer! Avez-vous déjà vécu une telle situation, autrement dit, avez-vous déjà rencontré une « abominable »!? Est-ce cela qui vous a poussé à écrire un album sur le sujet?

Non, je n’ai jamais rencontré d’Abominable dans ma vie. Fiou!  J’enseigne en troisième année du primaire et ce sont plutôt mes élèves qui m’ont inspirée. On le sait, la cour de récréation peut être un milieu bien cruel... Les peines d’amitié, les trahisons... dans ma longue carrière, j’ai dû sécher bien des larmes... En fait, c’est davantage le côté collectionneuse de bibittes qui est autobiographique; enfant, j’ai fait des tas d’ « élevages » de bestioles en tous genres : grenouilles, taons, barbots...

 

Qu’aimez-vous dans les dessins qu’a faits Iris Boudreau afin d’illustrer votre texte?

J’avoue avoir été très surprise lorsque j’ai vu les premières illustrations d’Iris! Dans ma tête, Clara était une petite fille et non pas une souris! Mais j’ai tout de suite été conquise par ce que le dessin d’Iris ajoutait à mon récit... Le regard qu’elle porte sur le monde de l’enfance est plein d’humour et de sensibilité. On y sent une tendresse pour mes petits personnages et ça m’a beaucoup touchée! J’aime beaucoup ce que fait Iris, je suis une fan!

 

Quelle part, selon vous, doit-il y avoir dans un album jeunesse de divertissement et de « morale »?

L’inspiration nous mène là où elle le veut bien. Notre histoire doit-elle avoir une morale? À mon avis, rien ne nous y oblige.

 

Quel effet ça vous fait d’être dans la liste des finalistes du Prix des libraires du Québec, donc d’être reconnue par les libraires?

Ça, j’avoue, je ne l’avais pas vu venir! En vérité, j’ai encore de la difficulté à y croire! Ça fait chaud au cœur, évidemment, et ça donne envie de continuer!

 

MARIANNE DUBUC

Pour Au carnaval des animaux

Aux éditions de la courte échelle

 

Comment un texte aussi laconique peut-il faire naître autant d’histoires et d’émotions chez les jeunes lecteurs!? Grâce aux illustrations totalement débridées et bourrées de petits détails rigolos de Marianne Dubuc! Alors que le carnaval s’annonce, les animaux – les gros comme les petits – se cherchent un déguisement. Et comme on dit, au carnaval, tout est permis!  

 

Qu’est-il le plus important dans un album : l’illustration ou le texte?

Étant moi-même auteure ET illustratrice, il me serait difficile de préférer l’un à l’autre.

 

Lorsque vient le temps de composer un nouveau livre, vous pensez d’abord à des images ou plutôt à une histoire?

Aux deux en même temps! Je ne peux pas faire un sans l’autre, c’est comme ça. Je ferme les yeux, et tranquillement une histoire prend forme dans ma tête.

 

Vous travaillez souvent sur des albums mettant en vedette des animaux. En quoi les animaux sont-ils pour vous une source d’inspiration? 

Je pense que ça vient de mon enfance, de toutes ces histoires et émissions dont les personnages étaient des animaux. Et je trouve aussi qu’il est plus facile pour moi de m’approprier un animal que le corps humain (duquel j’ai peut-être plus de difficulté à me détacher...).

 

Lorsqu’on est illustratrice pour la jeunesse et que nous avons des enfants, ces derniers sont-ils nos meilleurs ou nos pires critiques!?

Mes enfants sont toujours très enthousiastes face à un livre, ils aiment toutes les histoires (ou presque). Par chance, ils aiment les miennes aussi.

 

Quel effet ça vous fait d’être dans la liste des finalistes du Prix des libraires du Québec, donc d’être reconnue par les libraires?

Je suis très heureuse que mon travail plaise aux libraires (et aux enfants aussi!). J’apprécie beaucoup le travail de promotion qu’ils font de mes livres et c’est un grand honneur d’être ainsi remarquée. Merci beaucoup!

 

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