Entrevues

Littérature étrangère

Les libraires - Numéro 96
Jean Pettigrew, éditeur, nous parle de Jacques Brossard

Jean Pettigrew, éditeur, nous parle de Jacques Brossard

Par Pierre-Alexandre Bonin, Monet, publié le 30/08/2016

Cet automne, les éditions Alire rééditent une œuvre monumentale de la SFFQ (science-fiction et fantastique québécois) : L’Oiseau de feu, de Jacques Brossard, initialement paru dans les années 1990. Cette trilogie d’envergure relate les pérégrinations d’Adakhan Demuthsen, un homme ordinaire au destin extraordinaire, qu’on suivra de son enfance jusqu’à sa mort.

Œuvre complexe s’il en est, L’Oiseau de feu couvre rien de moins que l’ensemble de l’histoire de l’Humanité! Cette trilogie — dont le second tome est lui-même divisé en trois romans — représente trois époques distinctes dans le parcours du personnage principal. Comme l’explique Jean Pettigrew, directeur éditorial aux éditions Alire et responsable du projet de réédition, la version publiée chez Alire, qui constitue l’édition définitive de L’Oiseau de feu, se distingue par une mise en page qui s’est modelée directement sur la complexité structurale de l’œuvre : « Cela ajoute au plaisir de lecture, croyons-nous, et permet au lecteur de mieux appréhender la bête. Toujours pour respecter la structure, nous avons utilisé une pagination en continu, c’est-à-dire que le tome 3 débute à la page 1929 — d’ailleurs, les cinq tomes seront principalement vendus en coffret, car L’Oiseau de feu constitue en fait “un” roman. Et tout un! »

La réédition de cette œuvre aux éditions Alire n’est pas innocente. L’Oiseau de feu a originalement été publié, aux éditions Leméac, sur une longue période de temps : il s’est écoulé sept ans entre la parution du tome 1 et celle du tome 3. Ajoutons à cela le prix élevé du grand format et l’on comprend que la trilogie n’a pas eu l’impact qu’elle aurait dû avoir sur le milieu de la SFFQ.

Outre un désir de l’équipe d’Alire de rééditer en version poche cette œuvre unique, c’est également une clause du testament de Jacques Brossard qui a permis un tel projet. « Jacques Brossard était un ardent défenseur de la science-fiction québécoise et le projet Alire, qui proposait au départ de “démocratiser” les genres littéraires, dont la SF, en les offrant directement en format poche, lui semblait incontournable si on voulait donner une chance aux auteurs d’ici de s’épanouir. Par ailleurs, il aimait beaucoup la simplicité de notre maquette de couverture et, surtout, le fait que nous voulions, outre la publication d’inédits, republier dans notre collection permanente les œuvres marquantes du genre », explique Jean Pettigrew.

C’est donc une occasion pour les amateurs de science-fiction de découvrir, ou encore de se replonger, dans une œuvre hors-norme qui constitue l’une des parutions les plus importantes de la rentrée littéraire 2016.

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