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C. S. Richardson: Épeler le bonheur

C. S. Richardson: Épeler le bonheur

Par Mira Cliche, publié le 06/04/2007
Il est des œuvres qui posent un regard si tendre sur la vie qu’elles nous convainquent que le bonheur est à portée de main. Le court premier roman de C. S. Richardson est de cette trempe. Racontant l’histoire d’un homme qui n’a plus que quelques jours devant lui, La Fin de l’alphabet célèbre sans flafla l’importance du rêve et la profondeur de l’amour. Publié en anglais en janvier dernier, le roman paraîtra en version française dès la fin du mois d’avril. Ne manquez pas le bateau!
Si La Fin de l’alphabet est son premier roman, C. S. Richardson n’en a pas moins une solide expérience du monde du livre. Depuis plus de 20 ans, ce graphiste de formation a apposé sa signature sur une foule d’ouvrages, mais jamais comme auteur… Spécialisé dans le design des pages de couverture, Richardson travaille pour Random House, une importante maison d’édition canadienne-anglaise. Son travail de graphiste ayant été récompensé par de nombreux prix, notre homme était en quelque sorte comblé. Mais une envie le tiraillait depuis longtemps: celle de sauter de l’autre côté… de la couverture. C’est maintenant chose faite.

«Le pouvoir des mots est infini», lance celui qui, par sa profession même, entretient avec les mots un rapport avant tout visuel. Quelle couleur, quel type de graphie, quelle fonte convient à un titre, à un style littéraire ou à une histoire en particulier? Voilà les questions que Richardson se pose quotidiennement. Et cette approche singulière de la langue teinte tout son premier roman, où chaque lettre résonne comme pour la première fois.
«Les mots ne rendent qu’un son sourd lorsqu’on les utilise pour dire au lecteur ce qu’il doit voir, poursuit Richardson, mais quand on les utilise pour lui montrer ce qu’il pourrait voir, ils forment une symphonie!»

Itinéraire d’une vie
Ambroise Zephyr, homme d’une cinquantaine d’années, apprend au sortir d’une visite médicale qu’il souffre d’une maladie grave à laquelle il ne survivra pas plus d’un mois. Que fera-t-il des derniers jours de sa vie? Il ne tergiverse pas longtemps: reproduisant un jeu de son enfance, il identifie 26 destinations qu’il associe aux 26 lettres de l’alphabet. A pour Amsterdam, B pour Berlin, H pour Haïfa... Accompagné de sa femme Zappora (affectueusement surnommée Zip), Ambroise entreprend ainsi un voyage qui le mènera dans des villes qu’il a déjà aimées et dans des lieux qui l’ont toujours fait rêver. Au fil de cet itinéraire capricieux, l’homme retrouvera ce qu’il a de plus intime et de plus précieux, redécouvrant du même coup le grand amour de sa vie.

«Zephyr est un homme assez commun, note Richardson. Il avait besoin de partir pour changer de point de vue sur sa vie et se rappeler que l’amour et le foyer étaient ce qui lui importait le plus. Je crois que nous avons tous besoin de nous évader de temps en temps — métaphoriquement du moins, sinon en montant carrément dans un avion.»

Richardson a pour sa part trouvé dans l’écriture une nouvelle manière de s’évader et compte bien l’exploiter — fût-ce au prix de grands efforts. «Les idées surgissent dans ma tête en une seconde, mais je mets un temps fou à les mettre sur papier d’une manière éloquente, avoue-t-il. Je suis un écrivain novice qui apprend un métier exigeant et qui demande de la précision.» À 52 ans, Richardson prouve qu’il n’y a pas d’âge pour être un apprenti — et même un apprenti promis à un brillant avenir!


Bibliographie :
La Fin de l’alphabet, Alto, 152 p., 19,95$
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