Chroniques

Sur le livre

Les libraires - Numéro 114
Quel temps pour les livres?

Quel temps pour les livres?

Par Jean-Benoît Dumais, publié le 03/09/2019

Chaque année, environ 40 000 nouveautés sont mises en marché au Québec. De ce nombre, on compte environ 6 500 titres publiés par des éditeurs québécois. Le numéro de la revue Les libraires que vous tenez dans vos mains vise à vous procurer des pistes afin d’aborder la rentrée littéraire de l’automne 2019 et l’importante production qui déferle à cette occasion sur les rayons des librairies.

Le souhait ultime est, bien sûr, que chaque œuvre fasse son chemin et trouve son lectorat. En sens inverse, que sait-on des chemins qu’emprunte le lecteur pour aller à la rencontre de ces œuvres qui s’offrent à lui ? Connaît-on ses habitudes de consommation en matière d’achat de livres?

Chaque année, BookNet Canada mène un sondage au pays afin de savoir comment les Canadiens découvrent et se procurent leurs livres, mais aussi comment ils aménagent leur temps de loisir et quelles sont leurs habitudes en matière d’activités liées au livre1.

C’est le bon vieux bouche-à-oreille qui domine (44%) le palmarès des différentes manières de découvrir un livre, alors que la navigation sur les sites Web des détaillants (32%) arrive cette année presque à égalité avec le bouquinage en librairie (31%). Les bibliothèques publiques (en ligne ou lors d’une visite sur les lieux) influent davantage (26%) que les médias sociaux (24%). Les listes de meilleurs vendeurs, les communautés en ligne, les prix littéraires ainsi que les médias traditionnels, les infolettres et les applications de lecture comptent parmi les autres sources d’influence.

Les lecteurs sondés se sont procuré leurs livres à la bibliothèque (27%), en librairie (21%), chez un détaillant en ligne (18%) ou auprès de « quelqu’un d’autre » (16% — ex. parents, amis ou collègues). Par ailleurs, Postes Canada s’intéresse aussi aux habitudes de consommation liées au marché du livre en lien avec la montée du commerce en ligne. Selon une étude de 20182, le taux des acheteurs canadiens ayant fait des achats de livres en ligne au cours de l’année précédente atteint 37%, et le montant moyen qu’ils ont dépensé en ligne au Canada au cours de la même année est de 70$. La palme revient aux ordinateurs et appareils électroniques (42% des Canadiens, avec des dépenses moyennes de 235$).

La lecture d’un livre papier constitue la septième activité quotidienne la plus populaire chez les Canadiens (16% d’entre eux s’y adonnent quotidiennement)3. Celle d’un livre numérique suit en dixième position (7%) et l’écoute du livre audio s’accapare l’avant-dernière position du classement des activités quotidiennes les plus populaires (3%).

Dans sa récente chronique intitulée « Reclaiming the joy of reading », la journaliste Elizabeth Renzetti du Globe and Mail énonce que « lorsqu’on s’adonne à la lecture, on récupère du temps pour nous-même. On regagne de l’autonomie sur nos propres pensées, parce qu’un livre ne recommande rien d’autre que lui-même ». Le livre ne souhaite pas que vous achetiez le tranche-avocat qu’un autre consommateur s’est procuré ou… que vous entriez en querelle dans les médias sociaux, image-t-elle. Puis elle cite Maryanne Wolf, auteure de Reader, Come Home: The Reading Brain in a Digital World : « Nous lisons pour emprunter le moyen de transport le plus économique afin de nous évader de notre vie quotidienne que nous menons avec frénésie. »

À l’occasion de cette rentrée littéraire, je souhaite à tous de trouver du temps pour les livres, car les livres, eux, trouveront du temps — de la plus haute qualité — pour vous.

 

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1. BookNet Canada. How Canadian readers discover and obtain books: Leisure study part 2, mai 2019.

2. Postes Canada. 2018 Canadian Online Shopper Study, 18-200, avril 2018.
3. BookNet Canada. Canadians and their leisure time: Leisure study part 1, mai 2019.

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