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Prière de ne pas déranger, je suis en vacances

Prière de ne pas déranger, je suis en vacances

Par Nathalie Ferraris, publié le 20/07/2011
Cet air d’été, tout léger, tout léger, tout léger, vous le reconnaissez, c’est celui de Pierre Bertrand. Comme une fleur en plein cœur de l’hiver, les livres que je vous présente dans cette chronique donnent envie de valser et de mordre à pleines dents dans les souvenirs d’été. Les amours de vacances, les cris joyeux dans les manèges, les popsicles qui coulent sur les mains, les moments de détente passés à bricoler, les fous rires dans l’eau, les chasses aux fourmis dans l’herbe, le soleil qui colore la peau, les balades à vélo avec les copains, les oiseaux qui chantent à quatre heures du matin, les nuits sous la tente, les jeux dans les parcs, le vent comme une caresse, tou dou dou dou, dou dou, dou dou…
Amour de vacances
Après La rue de Garmann et L’été de Garmann, l’auteur jeunesse norvégien Stian Hole, lauréat du Bologna Ragazzi Award en 2007 et du Prix Sorcière du meilleur album en 2009, offre un troisième album poétique regorgeant de magnifiques illustrations. Entraînant Garmann au cœur de la forêt par un bel après-midi d’été, Johanne fait découvrir à ce dernier une sorte de capsule spatiale abandonnée, certainement tombée de l’espace. Tous les jours, Garmann et Johanne se rendent dans leur jardin secret, à l’insu de Hanne, la jumelle tyrannique de Johanne. Dans cet endroit merveilleux qui débouche sur un étang, les deux enfants jouent aux astronautes, se baignent, discutent des adultes, de l’univers et de Dieu, rêvent et deviennent amoureux. «Garmann sent des picotements partout sur sa peau: de l’extrémité du petit doigt jusqu’à l’égratignure qu’il a au genou. Et ce chatouillement se propage dans tout son corps dès qu’il croise le regard de Johanne.»

Pour agrémenter cet album qui décrit habilement la magie de l’enfance, avec son imaginaire débridé, ses jeux fabuleux, ses petites et ses grandes peurs, ses questionnements profonds et l’éveil de nouveaux sentiments, Stian Hole offre des illustrations dans lesquelles la superposition de photographies, de collages et de dessins est à l’honneur. Féériques, les images du livre sont envahies de verdure, de framboises, de troncs d’arbres, d’oiseaux et de papillons. Mariant le réalisme et l’onirisme, Le secret de Garmann rappelle ces belles journées d’été où les balbutiements de l’amour font chavirer les cœurs.

Moments de détente
«J’aurais tellement aimé ça, avoir ce livre-là quand j’étais petite!» Voilà ce que j’ai dit à mon chum quand j’ai reçu Photos à transformer. Quand mes parents et moi passions deux semaines au sympathique Camping Caravelle de Sainte-Sabine, je me précipitais, les jours de pluie, sur tous mes livres de coloriage et de bricolage. Je savourais ce petit moment de solitude où je déployais ma créativité.

Un peu dans le même genre que les livres de coloriage, le grand livre Photos à transformer présente une soixantaine de photographies en couleurs que le lecteur est invité à compléter ou à modifier. D’ailleurs, la couverture du livre mettant en vedette un mouton auquel on a ajouté de vrais bouts de laine est tout à fait à l’image de ce que l’auteure-photographe offre à l’intérieur. Que ce soit en collant des photos, des coupures de circulaires, de l’herbe, des feuilles ou des fleurs séchées, en écrivant des noms ou des mots, en saupoudrant des paillettes ou du sable, en dessinant des personnes ou en peignant des animaux ou des objets, les enfants inventeront toutes sortes d’histoires loufoques grâce à ce cahier. Ma page préférée? Celle où on voit une cour avec une corde à linge vide à laquelle il faut coller des images de vêtements. Je me retiens pour ne pas découper des jupes et des maillots de bain dans la multitude de circulaires que nous recevons chaque semaine!

Des repères de temps basés sur l’année scolaire agissent dans ce cahier comme un fil conducteur (rentrée des classes, Halloween, Noël, Pâques, printemps, vacances, etc.), mais il n’est pas nécessaire de commencer le livre par le début. Chose certaine, une fois le cahier complété, il aura doublé de volume tellement les enfants – et peut-être les parents – se seront amusés à le remplir.

Cris joyeux dans les manèges
Je ne sais pas vous, mais moi, quand j’allais à La Ronde avec mes amis, on pouvait attendre une heure en ligne pour vivre trois minutes de sensations fortes. L’album Faites la queue! débute avec un écriteau sur lequel on peut lire: «En rang sur une file et dans l’ordre s’il vous plaît!» Se voyant attribué le numéro 50, la grenouille fait la queue derrière le lézard, la souris, la taupe, l’écureuil volant, la tortue, le lapin, le chat, le renard, le koala, la chèvre, le mouton, le wombat, la hyène, la vache, le cerf, le phoque, l’ours, le tigre, le crocodile, le rhinocéros… jusqu’à l’animal qui est en position numéro un, l’éléphant. Qu’attendent-ils donc tous? Nul ne le sait. Pour passer le temps, les animaux s’occupent. Ils discutent, ils jouent, ils se plaignent que c’est trop long, ils grignotent et ils bâillent, tandis que le lecteur se demande, au fil des pages, où mène cette histoire. Ayant fait la queue, sans le savoir, sur le dos d’une baleine, les animaux se voient plongés dans des vagues géantes dignes des plus grosses montagnes russes. «C’était formidable!», «Cela valait vraiment la peine d’attendre!», «Je voudrais recommencer!»: ça vous rappelle les exclamations de vos enfants lorsqu’ils visitent un parc d’attractions? Pour apprendre à compter jusqu’à cinquante, pour découvrir et reconnaître autant d’animaux, pour enseigner une leçon de patience aux petits et pour vivre à fond l’été, rien ne vaut Faites la queue!


Bibliographie :
Le secret de Garmann, Stian Hole, Albin Michel, 48 p. | 19,95$ Photos à transformer, Cécile Gabriel, Actes Sud, 60 p. | 21,95$ Faites la queue!, Tomoko Ohmura, École des loisirs, 36 p. | 18,25$
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