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Une île en livres: la Corse

Une île en livres: la Corse

Par Annie Mercier, Les libraires, publié le 31/03/2006
Cette montagne au cœur de la Méditerranée porte bien son surnom d’Île de beauté. La Corse, terre de maquis, réputée pour la magnificence de ses paysages et ses villages perchés pittoresques, ne laisse personne indifférent. Couvert à plus de 80% d’espaces naturels, ce coin de paradis situé à 12 km de la Sardaigne et à 170 km des côtes françaises bénéficie d’un microclimat des plus agréables pour les vacanciers. Simple et complexe à la fois, cette nation insulaire, fortifiée par une tumultueuse histoire, exige une approche en douceur pour nous en donner le meilleur. Laissez-la vous conquérir! Photos: Annie Mercier, 2005
Nature

La Corse est l’éden de tous les amateurs de nature. Les marcheurs avertis rêvent autant de suivre la route de Compostelle que de parcourir le GR20, randonnée mythique et magique couvrant l’intérieur de l’île. Créé en 1972, ce sentier balisé de 2000 km traverse le cœur de la Corse à une altitude de 1000 à 2000 m dont le point culminant est de 2225 m. Il se réalise à pas d’hommes en 15 jours, à raison de 5 à 8 h de marche quotidienne. La ballade en Corse est loin de se résumer au GR20. Côté terre, plusieurs randonnées de 1h à 5h permettent de faire de belles découvertes: les Calanques de Piana, le Cap Corse par le sentier des douaniers, les plages de Lodo et Saleccia en longeant le littoral, la forêt d’Aïtone ou le paysage minéral de la Scala di Santa Regina. Côté mer, les amoureux d’activités nautiques y trouveront leur compte, que ce soit pour une sortie en bâteau à la rencontre des rochers de porphyre rouge de la réserve naturelle de Scandola, une plongée dans les eaux claires aux poissons multicolores de l’archipel des Lavezzi, une randonnée en kayak au pied des falaises de calcaire de Bonifacio ou, simplement, pour faire «bronzette» sur une des dizaines de plages sablonneuses qui bordent l’île.

GR 20: Le Grand Chemin, Albiana, coll. Sentiers de Corse, 160 p.
www.albiana.fr
Terre Corse, Frédérique Roger et Fabrice Milochau, Glénat, 140 p., 54.95$
La Corse, Denis Clavreul, Carnets du littoral, Gallimard, 40 p., 21.95$
La Corse en plein vol, Franck Mulliez, GEO/Tana, 192 p., 75.00$


Gastronomie

Que dire de cette cuisine locale qui marie admirablement les saveurs de la mer et de la terre! Le porc corse est un incontournable! Il doit son goût original de noisettes aux cochons sauvages se nourrissant de châtaignes et de glands. Vive la liberté! Les cochonnailles n’en sont que meilleures. Il suffit de déguster une assiette de charcuteries et de fromages, accompagnés de confiture de figues et relevés d’un petit verre de muscat pour s’en convaincre. Le fameux brocciu, «le fromage du pauvre», fait de lait de brebis ou de chèvre, est utilisé, pour notre plus grand bonheur, dans tout: omelette, lasagne, fiadone (flan), etc. Ou avec un simple filet de miel de l’Asco. La couleur unique de la cuisine corse est façonnée, sans contredit, par la châtaigne. Imposé et développé sur l’île par les Génois, ce fruit exceptionnel donne une saveur particulière à la farine, le pain, la confiture, les liqueurs et même à la bière, La Pietra. Côté poissons, facile de mordre à l’hameçon! On peut compter sur plusieurs poissons de roches comme le rouget, le loup et la mustelle, apprêtés à l’huile de d’olive et aux herbes, ces herbes du maquis qui parfument aussi les tourtes et la rafraîchissante Colomba, bière blanche légère délicieuse sous ce soleil de plomb. Et que dire des langoustes flambées à l’ajacienne (rhum et thym), des huîtres de l’Étang de Diana… délicieuses avec un vin du Nebbio. La «vraie» cuisine corse n’a rien à envier aux autres.

Recettes de cuisine corse traditionnelle, Fabienne et Marie-Louise Maestracci, Albiana, 56p.
www.albiana.fr
Saveurs de Corse: 80 recettes d’aujourd’hui, Vincent Tabarani, Filipacchi 183 p., 54.95$


Histoire

L’identité est un sujet sensible qui a fait couler beaucoup d’encre et de sang en Corse, marquée par une histoire mouvementée de par sa position géographique stratégique, au carrefour des grandes routes commerciales. Pisans, Génois, Français, Sarrasins, Espagnols, Britanniques s’y sont livrés batailles. Terre de transit, occupée par Rome pendant 700 ans, puis Byzance, pillée par les barbares, elle est, en 1077, administrée par Pise, pour être détrônée, en 1284, par sa rivale, Gênes, lors de la bataille de la Meloria. La présence de cette suprématie italienne va durer cinq siècles. Au milieu du XVe siècle, Gênes, avec ses tours littorales protectrices, règne d’une main de fer sur la Corse, jusqu’à ce que l’île redevienne un enjeu européen majeur. Divisée par des luttes intensives, la défaite de Ponte-Novo, le 8 mai 1769, marque le début de la Corse française, ce qu’elle est depuis plus de deux siècles. Né dans les années 60 en réaction à la politique dite «coloniale» de la France, le mouvement autonomiste corse se nourrit de l’incapacité de tous ces peuples dirigeants à donner une destinée à l’île, ce que Pascal Paoli avait réussi en 1755 en unifiant la résistance et en donnant à la Corse un emblème, la tête de Maure. En 1976, naît dans le clandestinité le Front national de libération de la Corse (FLNC), revendiquant depuis plusieurs événements violents qui feront les manchettes. Mais l’histoire ne s’arrête pas là… la Corse souhaite toujours l’indépendance.

Pasquale Paoli: Un Corse des Lumières, Michel Vergé-Franceschi, Fayard, 637 p., 49.95$
La Corse: Un peuple, une histoire, Roger Caratini, L’Archipel, 300 p., 29.95$
Comprendre la Corse, Jean-Louis AndreaniGallimard, Folio, 284 p., 14.95$


Culture

Avec autant d’envahisseurs, l’héritage architectural de la Corse est nécessairement riche: pisan, roman, baroque. En un clin d’œil, cette diversité se reflète dans la façade des églises, toutes aussi spectaculaires les unes que les autres, et dans la multitude de tours génoises bordant le littoral. L’artisanat connaît un essor important avec un circuit des artisans en Balagne dont le cœur est le charmant village perché de Pigna: céramistes, joailliers, luthiers, etc. On trouve d’ailleurs dans ce petit hameau piétonnier une ébéniste qui fait des boîtes à musique magnifiques, une belle manière de ramener un air corse à la maison! Comme le veut souvent la tradition insulaire, la littérature fut longtemps orale. Les histoires étaient transmises dans les veillées, principalement sous forme de chants. La corse est caractérisé par ses chants polyphoniques, dont le paghjella est la forme la plus connue, mêlant 3 à 4 voix d’hommes. La littérature écrite arrive tardivement. À partir du XIXe siècle la littérature corse italienne laisse place au français. Les continentaux vont s’intéresser petit à petit à l’île, Guy de Maupassant publie Une vendetta (1883), Alexandre Dumas, Les frères corses (1844) et Prosper Mérimée, Colomba (1841). Comme les autres formes d’art, la littérature connaît un regain dans les années 70, avec, entre autres, le critique littéraire Angelo Rinaldi qui peint avec nostalgie l’île de Beauté dans Les Roses de Pline et La dernière fête de l’Empire, et Marie Susini qui, dans L’île sans rivages, s’interroge sur l’isolement insulaire et l’invasion des promoteurs et des touristes dans son île tant aimée.

Fuite aux Agriates, Marie Ferranti, Gallimard, Folio, 82 p., 10.95$
La Salamandre de Vizzavona, Jean-Louis Andreani, L’Aube, 15.95$
L’Ombre au tableau, Fabrice Bonardi, L’Harmattan, 29.95$
Caveau de famille, Élisabeth Milleliri, Méditorial.
Deux, rue de la Marine, Hélene et Jeanne Bresciani, Les vents contraires.


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