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Les libraires - Numéro 107
Nos favoris de la saison

Nos favoris de la saison

Par Alexandra Mignault et Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 01/06/2018

Quinze livres ont particulièrement retenu notre attention : gageons que vous trouverez un ouvrage pour vous sustenter parmi le lot! 

Le bruit du monde
Stéphanie Chaillou, Noir sur Blanc, 176 p., 23,95$
Marilène a grandi dans un petit hameau de campagne. En elle, toujours ce vide qu’elle ne peut expliquer, toujours cette absence d’elle-même, ces possibles qu’elle n’a jamais osé envisager, voire désirer, pour elle-même. Au fil de ce texte, rédigé dans une langue syncopée et rythmée, le lecteur découvrira en même temps que Marilène le coupable. La pauvreté? Son enfance? Sa famille? Une difficile plongée en apnée pour le personnage, qui ne sait ce qu’il cherche vraiment, mais qui arrivera à enfin mettre des mots sur ce mal lancinant. 

 

Les platanes d’Istanbul
Tassia Trifiatis-Tezgel et Caroline Lavergne, Du passage, 128 p., 29,95$
Petite plongée en douceur et en instantanés intimes dans une Istanbul qu’on découvre aux côtés de l’auteure qui s’y rend, laissant tout derrière elle pour s’y installer avec son mari, qui en est originaire. Chronique de la vie quotidienne autant que chronique d’un voyage, le texte et les illustrations à l’aquarelle témoignent de la beauté du métissage des cultures et nous invitent à de belles histoires partagées et colorées, loin d’un regard touristique.

 

Janvier
Julien Bouissoux, L’Olivier, 172 p., 32,95$
Janvier, c’est le nom de cet employé qui, au cours de la grande restructuration de son entreprise, a été littéralement oublié. Il a son bureau et sa paie, mais n’a plus de collègues ni de tâches à accomplir. Cependant, chaque jour, il continue d’aller au travail où les rêveries, les soins apportés à la plante verte et l’écriture de lettres adressées à un Chinois dont il a vu la photo dans un magazine l’occupent. Pour ceux qui aiment Martin Page et son étrangeté, cette fable bureaucratique qui présente un oisif loin d’être passif les charmera grâce à la souplesse et à la sobriété de l’écriture.

 

Vers la beauté
David Foenkinos, Gallimard, 224 p., 31,95$
Grandement éprouvé par un traumatisme, lié à une certaine Camille, un professeur aux Beaux-Arts de Lyon essaie de panser ses blessures en s’isolant, en quittant tout pour devenir gardien au Musée d’Orsay afin d’être en contact avec la beauté. La directrice des ressources humaines du musée sera intriguée par cet homme mystérieux et asocial. L’auteur de La délicatesse et de Charlotte nous transporte à nouveau dans un univers romanesque singulier qui illustre le pouvoir de l’art.

 

Tout le monde à bord!
Rhéa Dufresne et Marion Arbona, Monsieur Ed, 32 p., 22,95$
Comme toujours, les éditions Monsieur Ed ont fait un livre unique : cette fois, l’ouvrage s’ouvre non pas de gauche à droite, mais de bas en haut, question de donner une belle horizontalité aux illustrations de Marion Arbona, laquelle a glissé un nombre fascinant de détails dans ses images. Dans cette histoire, les animaux embarquent à bord d’un train qui fait le tour du monde : un univers totalement farfelu qui plaira aux enfants qui aiment l’univers de Marianne Dubuc. Dès 3 ans

 

Instantanés d’Ambre
Yôko Ogawa (trad. Rose-Marie Makino-Fayolle), Actes Sud, 302 p., 43,95$
Au cœur d’une fratrie, trois enfants doivent choisir leur prénom. Le hasard d’un doigt pointé dans une encyclopédie les nommera ainsi Opale, Agate et Ambre. Leur mère a exigé d’eux, depuis la mort de leur sœur, qu’ils ne prononcent plus jamais leur ancien patronyme. Ils sont enfermés, derrière l’enceinte de briques de leur maison, mais heureux grâce aux escapades, portés par leur imagination et libres d’esprit comme des enfants peuvent l’être. Ode à la poésie, hymne à la magie de l’enfance et éloge de la force de l’amour filial : ce roman d’Ogawa est magnifique en tout point.

 

Foudroyée
Grace O’Connell (trad. Fanny Britt), Boréal, 392 p., 29,95$ 
Fuyant les frasques de son frère, Veda quitte Vancouver et s’exile à New York chez des amis pour refaire sa vie. Un jour, elle se trouve prise en otage dans un autobus bondé après qu’un homme armé eut tué le chauffeur. Au lieu de raconter la suite de cet événement tragique, créant ainsi un suspense, Veda se révèle d’abord, se remémorant sa vie. Ce roman percutant sonde la peur, le courage et, surtout, notre rapport à la violence.

 

Le syndrome de la chouquette
Nicolas Santolaria, Anamosa, 240 p., 29,95$
Habilement sous-titré La tyrannie sucrée de la vie de bureau, ce recueil contient cinquante chroniques de Santolaria parues dans Le Monde, qui ont toutes comme point commun d’aborder le quotidien des milieux de travail – ses absurdités comme ses frictions – avec humour, cynisme et intelligence. De l’étrangeté du comportement des gens en ascenseur aux combats silencieux pour la température globale du bureau, des odeurs non désirées dans les espaces communs à certaines manies déplaisantes des collègues : tout est passé au crible dans une langue délicieuse. 

 

L’orpheline de visage
Yvon Paré, Pleine Lune, 136 p., 21,95$
Après le décès de son amie, l’écrivaine Nicole Houde, Yvon Paré imagine un espace où leur amitié se perpétue, où il peut converser avec elle, par le biais de la littérature, terreau fertile qu’ils avaient d’ailleurs en commun. Il dialogue avec elle en s’inspirant de ses livres et de ses personnages, la faisant revivre grâce à son œuvre à laquelle il rend hommage. Les mots permettent ainsi d’apaiser la douleur de la perte de cette chère amie.

 

Pacific Bell
Julie Hétu, Alto, 144 p., 21,95$
Dans le désert des Mojaves, une cabine de téléphone résonne; à la Cima Radio, une animatrice déracinée, dont la mémoire vacille, raconte par fragments à son fils et à ses auditeurs l’histoire d’amour entre une saigneuse de cactus et le fils d’un mafieux; le conte de La petite sirène fait écho à ces histoires. Cette fresque colorée, finement tissée, se découvre par la superposition des éléments. Au cœur de ce désert, la vie palpite, des êtres tanguent sous le poids de leur héritage.

 

Enquête chez les craies
Richard Byrne, Scholastic, 32 p., 11,99$
Pour ceux qui ne sont pas rassasiés de l’album Rébellion chez les crayons, voici une nouvelle histoire à vous mettre sous la dent. Si les craies décident de mener leur enquête, c’est que chaque fois qu’elles tournent le dos, leurs créations disparaissent… Les jeunes adoreront les dessins « à la craie » sur tableau noir, le développement de l’intrigue et l’issue surprenante du récit. Dès 3 ans

 

L’œuvre incomplète d’Amílcar Torpp
André Marois et Pierre Pratt, Somme toute, 164 p., 29,95$
C’est l’histoire d’un ingénieur, qui a tué sa femme pour ne pas avoir à lui avouer qu’il souhaitait
plutôt dessiner. En fait, ce livre est un ovni, des histoires imbriquées les unes dans les autres, dont le point de départ est un inspecteur qui découvre un cadavre, à côté duquel se trouve un dossier nommé « L’œuvre incomplète d’Amílcar Torpp », rempli de dessins titrés qui s’apparentent tous à des couvertures de polars… De mystères en plaisirs, ce livre est vraiment originalement construit!

 

Corps
Chloé Savoie-Bernard (dir.), Triptyque, 150 p., 20,95$
Maxime Raymond Bock, Carole David, Martine Delvaux, Catherine Mavrikakis, Kevin Lambert et Alice Michaud-Lapointe sont parmi les auteurs qui signent un texte de fiction dans ce collectif dirigé par Chloé Savoie-Bernard qui explore le thème du corps, un sujet intime et universel à la fois – le corps nous définissant tous, alors que nous l’habitons obligatoirement pour le meilleur et pour le pire.

 

Le renard roux de l’été
François de Luca, Marchand de feuilles, 248 p., 24,95$
Avec la justesse et la profondeur qu’on lui connaît, l’auteure nous entraîne dans l’histoire tortueuse d’un frère et d’une sœur, jadis si proches et maintenant dévorés par la jalousie. Mais si c’est l’histoire de ces liens familiaux tumultueux, c’est aussi celle, éclair, d’un amour entre deux étudiantes aux beaux-arts à New York, et celle du passé qui ne donne pas de lest au présent. Comme toujours chez cette auteure, le résultat est vibrant.  

 

La gardienne du musée
Simon Boulerice et Lucie Crovatto, La Bagnole, 32 p., 21,95$
Une gardienne de musée dont les vêtements gris reflètent son humeur se promène, chaque jour, entre les bruits de la tuyauterie, les œuvres d’art et les visiteurs. Dans sa poche, son petit secret figé sur une photo : jadis, elle débordait de joie et de vie. Voilà qu’un jour, devant une toile dont tous se moquent, une catastrophe se produit, chamboulant le cours des choses. Les nombreuses reproductions de toiles de grands artistes (Munch, Van Gogh, Degas, Modigliani, etc.) plairont assurément aux lecteurs. Dès 5 ans

 
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