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Les libraires - Numéro 99
Les libraires voyagent

Les libraires voyagent

Publié le 06/02/2017

Les libraires indépendants nous présentent un roman étranger qui leur a permis d'ouvrir leurs horizons, de découvrir les richesses d'une autre culture. 

JAPON

Les mille automnes de Jacob de Zoet
David Mitchell (Points)
À la fois roman épique et fresque historique, ce livre de Mitchell illustre les premiers échanges commerciaux entre Européens et Japonais. Par un concours de circonstances, Jacob de Zoet, un clerc qui a laissé sa douce en Europe pour leur assurer un meilleur avenir, se retrouve retenu avec l’équipage néerlandais à Dejima, petite zone commerciale japonaise autorisée aux étrangers. Entre magouilles politiques, piraterie et barrières linguistiques, de Zoet tombe amoureux d’une japonaise, précipitant non seulement son propre sort, mais celui de plusieurs dans un grand danger.
Isabelle Fournier, Poirier (Trois-Rivières)

IRAN

En censurant un roman d’amour iranien
Shahriar Mandanipour (Points)
Si les médias nous renvoient souvent une image négative de l’Iran, heureusement la littérature donne accès à sa richesse culturelle. En lisant ce roman, on se pose la question : comment écrire une histoire d’amour dans un pays où un homme et une femme qui ne se connaissent pas ne peuvent être seuls dans une même pièce? À travers cette histoire, on n’imagine pas à quel point ce pays est cultivé. Ce livre est plus qu’un roman. Il vous surprendra en relatant des pans de leur histoire littéraire ou en énumérant les astuces pour déjouer la censure. On découvre un pays complexe et fascinant.
Marie Vayssette, De Verdun (Montréal)

JAPON

Certaines n’avaient jamais vu la mer
Julie Otsuka (10/18)
Ce récit puissant et poétique décrit le parcours de ces femmes japonaises ayant quitté leur pays au début du XXe siècle afin de rejoindre leur futur époux déjà établi aux États-Unis. Sur cette terre d’accueil, les migrantes feront face à un douloureux effritement de leurs traditions et, par le fait même, d’une partie de leur identité. C’est une histoire remplie de déchirement et de désenchantement que nous présente ici Julie Otsuka. Une histoire qui ne peut que nous sensibiliser à la réalité des nouveaux arrivants, faite de craintes, d’incompréhension, de perte de repères et de dépaysement total.
Audrey Martel, L’Exèdre (Trois-Rivières)

LIBAN

Le rocher de Tanios
Amin Maalouf (Le Livre de Poche)
Découvrir Amin Maalouf m’a ouvert les sens : sous sa plume, la terre ocre des villages, les rochers, tels des gardiens, qui les surplombent, le parfum des épices et des fruits ont marqué mon imaginaire. Ces traditions aussi, bien ancrées, cette sagesse des anciens qui prime sur la fougue de la jeunesse, cette façon d’aborder le quotidien en ayant toujours le passé comme référence sont autant de témoignages d’une culture différente, riche et passionnante. On plonge dans Le rocher de Tanios et c’est un voyage dans le temps et dans l’histoire qui débute. C’est le Liban qui se dévoile, splendide.
Chantal Fontaine, Moderne (Saint-Jean-sur-Richelieu)

CAMEROUN

Voici venir les rêveurs
Imbolo Mbue (Belfond)
Dans ce livre, l’auteure nous transporte au cœur des valeurs camerounaises. À travers l’histoire de Jende Jonga, nous découvrirons les richesses qui débordent de ce pays : des mets pimentés, de la musique rythmée ainsi que des valeurs conservatrices. Grâce à cette histoire, je m’imaginais mangeant le plantain frit tout en dansant le makossa sur les plages ensoleillées de la petite ville de Limbé. Puis, pour piquer davantage notre curiosité, Imbolo nous offrira plusieurs références à cette chaleureuse culture. Excellente façon de voyager pour moins de trente dollars!
Émilie Bolduc, Le Fureteur (Saint-Lambert)

MAROC

Le pain nu
Mohamed Choukri (Points)
Ce livre n’est pas nécessairement celui qui m’a fait le plus voyager; j’avais lu Dostoievski, Yoshikawa et bien d’autres, mais ces lectures étaient toujours à caractère historique ou fictionnel. Le pain nu m’a mis en pleine figure une réalité contemporaine sur un pays que je ne connaissais pas trop finalement : le Maroc. La misère et les expériences de rue vécues par l’auteur, qui tiendra malgré tout à apprendre à écrire afin de nous faire part de son expérience plus tard. C’est cru, sans fioritures, et ça fesse! C’est réellement à ce moment que la planète s’est mise à rétrécir pour moi côté lecture.
Shannon Desbiens, Les Bouquinistes (Chicoutimi)

INDE

L'équilibre du monde
Rohinton Mistry (Le livre de Poche)
Il est fascinant, ce roman-fleuve du Canadien Rohinton Mistry consacré à l’Inde, son pays natal. S’y croisent des personnages que tout sépare : une veuve qui crée un atelier de couture pour échapper à la tradition, un jeune étudiant, deux intouchables à la recherche d’un emploi de tailleur… En toile de fond, le système des castes, la corruption, la misère, la proclamation de l’état d’urgence, une campagne de stérilisation des pauvres… Voilà une fresque inoubliable de l’Inde des années 70-80, un véritable choc culturel, que l’on referme en étant bouleversé par le côté impitoyable de cet équilibre du monde
André Bernier, L’Option (La Pocatière)

INDE

Un garçon convenable 

Vikram Seth (Le Livre de Poche)
À la suite du mariage de sa grande soeur, il est maintenant temps de trouver un garçon convenable à Lata Mehra. Ce prétexte simple permet de faire un somptueux séjour en Inde, alors que ce pays vient d’acquérir son indépendance. Pendant ma lecture, j’écoutais des rajas en mangeant des samosas. On a même fini par m’offrir un sari tant je m’étais imprégnée de cet univers. Les lois sur la répartition des terres aux cultivateurs et celles abolissant la discrimination par les castes y sont votées et j’ai pu en constater leurs effets en lisant L’équilibre du monde de Rohinton Mistry qui se déroule vingt ans plus tard. 
Marie-Hélène Vaugeois, Vaugeois (Québec)

 

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