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Les libraires - Numéro 107
Le Prix des libraires du Québec :  25 ans à célébrer les livres

Le Prix des libraires du Québec : 25 ans à célébrer les livres

Par Isabelle Beaulieu et Josée-Anne Paradis, publié le 01/06/2018

Le Prix des libraires du Québec, c’est vingt-cinq ans à souligner le talent d’ici et d’ailleurs, c’est dorénavant treize prix remis annuellement, c’est un sceau de qualité apposé sur des œuvres aimées de nos libraires. Afin de souligner ce magistral anniversaire, Les libraires a choisi d’immortaliser des lauréats sur la couverture de la présente édition et de vous présenter tous les gagnants de cette année. Bonheurs de lecture garantis!

Déjà un quart de siècle pour le Prix des libraires du Québec qui, dès ses débuts, a su attirer l’attention. Initié par l’Association des libraires du Québec (ALQ) et toujours coordonné par elle, ce prix n’a cessé de grandir en retentissement médiatique. « Auprès du milieu, le Prix augmente la visibilité des livres, dans un grand nombre de librairies, et ce, sur une longue durée, confirme Katherine Fafard, directrice générale de l’ALQ. C’est incroyable, étant donné le nombre de parutions annuelles. Ainsi, on augmente aussi le potentiel de ventes. » Surtout, la récompense a su gagner en importance dans le cœur des lecteurs et devenir une référence obligée. « Auprès du public, le Prix offre une garantie que le livre sera bon, poursuit Katherine Fafard. Au fil des ans, la sélection étant forte, le Prix s’est bâti une crédibilité et les lecteurs font confiance aux professionnels que sont les libraires. » En effet, qui de mieux placé qu’un libraire quand il s’agit de dénicher la perle rare en matière de livres? À l’instar du sourcier qui explore le territoire à la recherche de la fontaine salvatrice, le libraire possède tout ce qu’il faut, connaissances, expérience, savoir-faire, pour repérer les éclats de lumière disséminés parmi toutes les propositions littéraires.

Justement, comment le libraire s’y prend-il pour trouver l’œuvre significative à travers la multitude? L’opération se fait en trois étapes. D’abord, un comité composé de six à sept libraires provenant de librairies différentes échange sur ses lectures durant l’année. Puis, il se réunit à l’automne pour discuter des filons marquants qui les ont émus, secoués, ravis, stupéfiés. À la suite de cette rencontre, une liste préliminaire est érigée. Les membres se regrouperont encore, cette fois-ci en resserrant les discussions et en débattant ardemment s’il le faut pour consentir à une sélection officielle de finalistes. Celle-ci sera finalement soumise à tous les libraires du Québec qui auront l’ultime tâche d’élire un lauréat. Environ 200 libraires, dépendamment des catégories, se prévalent chaque année de leur droit de vote.

En 1994, au commencement du Prix, ne figurait que la catégorie Roman. Au terme du résultat final, un gagnant québécois et un autre hors Québec étaient proclamés. En 2011, la littérature jeunesse a aussi revendiqué ses droits et une autre section s’est imposée, honorant trois tranches d’âges (0-5 ans, 6-11 ans, 12-17 ans). En 2015, la poésie québécoise n’a pas non plus voulu être en reste. On lui a donc accordé une place de choix avec les autres primés. Enfin, l’essai québécois et la bande dessinée d’ici et d’ailleurs font maintenant partie, depuis 2018, des invités à la fête.

C’est en 2013 qu’on a décidé de profiter de l’occasion pour décerner le Prix d’excellence à un libraire d’exception qui par son travail réussit à faire irradier la littérature. Car si sans auteur il ne peut y avoir d’œuvre, sans libraire celle-ci a beaucoup moins de portée. Messager de premier ordre, le bon libraire sait conseiller le lecteur, éveiller sa curiosité, le guider dans son parcours et stimuler son excursion. Avant tout, le libraire d’envergure, et ce type n’est pas rare au Québec, sait insuffler l’envie de lire.

Pour déployer tout le potentiel du Prix des libraires du Québec et l’amener à la connaissance de tous, deux ambassadrices le représentent publiquement. Les comédiennes et ferventes lectrices Catherine Trudeau et Fanny Mallette tiennent depuis quelques années ce rôle avec grandeur, respectivement pour la littérature jeunesse et celle pour adultes. C’est avec conviction qu’elles remplissent leur mandat d’importer chez le plus grand nombre la beauté et l’immensité des mots.

Après avoir remis ses prix au Lion d'Or de Montréal durant plusieurs années, le Prix des libraires du Québec a su bien marquer le coup de son quart de siècle en organisant un tout premier gala en mai dernier, permettant aux auteurs et à leurs œuvres de briller comme il se doit. Acteurs, musiciens, auteurs, ambassadrices, libraires et lecteurs étaient rassemblés en un même lieu pour se réjouir de l’existence de la littérature, pour la célébrer et pour rappeler, inculquer, affirmer encore et encore, la valeur primordiale des livres.

 

CATÉGORIE ROMAN QUÉBÉCOIS
La bête creuse, Christophe Bernard (Le Quartanier)

En 1911, en Gaspésie, Victor Bradley et Monti Bouge ne s’aiment pas depuis l’enfance. Cette animosité se perpétuera de génération en génération. Plus tard, le petit-fils de Monti veut se départir de la malédiction familiale. La bête creuse, c’est une fresque déroutante, une œuvre au souffle incroyable et à la langue riche, un délire bien orchestré, une saga de la vie foisonnante des Bradley et des Bouge, et de leur descendance. 

Comment est né ce projet d'écriture?
« Ça ne va pas de soi, mais La bête creuse doit quelque chose à ma timidité. J’étais réticent, quand j’étais jeune, à me faire entendre. Je restais le plus souvent effacé, et particulièrement en présence du genre de personnages qui peuplent mon roman. En revanche, je gardais les oreilles grand ouvertes. Avec mon père, on allait voir mes oncles et leurs amis, et j’absorbais tout. Leurs histoires de chasse abracadabrantes ou de chicanes pas possibles me fascinaient, et leur humour aussi. J’ai compris plus tard la richesse que je tenais là, et sais maintenant que ça a été ça, le premier germe, cette parole porteuse du génie gaspésien qui, avec le temps, s’est fondue à ma sensibilité littéraire. » CHRISTOPHE BERNARD

Commentaire du juré : Comment Christophe Bernard a-t-il pu traduire avec autant de virtuosité la propension gaspésienne à raconter la vie immédiate? Comme si celle-ci était toujours traversée par le merveilleux et l’inouï. Pour envelopper le mystère, tordre le cou à l’ordinaire et tisser des menteries aussi belles que des forêts pas coupées à blanc, il loge dans une classe à part. Derrière toutes ses mystifications se cache un enjeu de société important et fort bien traité au final.  OLIVIER BOISVERT / Librairie Marie-Laura (Jonquière)

Son œuvre québécoise marquante : Les enfants du sabbat d’Anne Hébert

Son auteur étranger favori : Kurt Vonnegut

 

CATÉGORIE ESSAI QUÉBÉCOIS
À nous la ville!, Jonathan Durand Folco (Écosociété)

Dans cet essai, le docteur en philosophie et professeur à l’École d’innovation sociale propose une nouvelle stratégie politique : le municipalisme. Mais il ne fait pas qu’exposer les enjeux sociaux, économiques et écologiques auxquels fait face la ville d’aujourd’hui; il offre des pistes de réflexions, de solutions, pour limiter le clivage ville/région, pour redonner aux citoyens un lieu de vie, un lieu de pouvoir. Les villes peuvent-elles changer le monde? Durand Folco ose y croire.

Comment est né ce projet d'écriture? « La question de la démocratie locale m’est apparue de façon frappante avec le mouvement Occupons Québec auquel j’ai participé à l’automne 2011. J’ai alors décidé de poursuivre mes recherches de doctorat sur la philosophie politique de la ville et les innovations démocratiques à l’échelle municipale. La découverte des travaux de Murray Bookchin, l’expérience du confédéralisme démocratique kurde au Rojava et quelques séjours en Europe m’ont permis d’observer en temps réel l’émergence du mouvement municipaliste à travers le monde. J’éprouvais la nécessité de partager mes réflexions sur ce projet politique inspirant, et de le situer en contexte québécois en vue des élections municipales de 2017. » JONATHAN DURAND FOLCO

Commentaire du juré : Il est rare de croiser chez une même personne un penseur à la solide érudition philosophique et un militant doté d’une fine intelligence stratégique. À nous la ville! est venu confirmer ce que celles et ceux qui le suivent sur les réseaux sociaux ou lisent son blogue Ekopolitica savaient déjà : Jonathan Durand Folco sait analyser la conjoncture politique sous la loupe des théoriciens classiques et contemporains avec une pertinence exemplaire. Ce qui est d’autant plus admirable, c’est qu’il est animé d’un optimisme contagieux, d’une fougue qui réveille et pousse à l’action. MARC-ANDRÉ LAPALICE / Librairie Pantoute (Québec)

Une œuvre québécoise marquante : Celle de Pierre Perrault que j’ai découverte à l’âge de 25 ans. Sa trilogie de L’Île-aux-Coudres, ses nombreux films et documentaires, sa poésie et son essai De la parole aux actes (L’Hexagone, 1985) ont complètement transformé mon rapport au Québec, à son territoire et à son histoire.

Auteur étranger marquant : Hartmut Rosa (avec Accélération : Une critique sociale du temps, La Découverte, 2010), qui a énormément influencé mon parcours intellectuel, critique et philosophique en proposant une lecture étonnante de la modernité tardive et des multiples crises actuelles.

 

CATÉGORIE BANDE DESSINÉE QUÉBÉCOISE
Betty Boob, Julie Rocheleau et Véronique Cazot (Casterman)

Ce roman graphique, sans texte et habilement scénarisé, raconte l’histoire d’une femme qui, à la suite de l’ablation d’un sein atteint de cancer, cherche ses repères, cherche à redéfinir le sens qu’elle donne à la vie, à la sexualité, au couple, à ses amis. Elle se retrouvera, par un heureux hasard, sur la scène d’une troupe burlesque, qui l’acceptera, elle et son unique sein. Une véritable ode à la vie.

Que trouviez-vous intéressant dans ce projet et pourquoi avez-vous accepté d’illustrer ce scénario?
« Véro Cazot, la vraie maman de Betty Boob, m’a proposé un scénario réjouissant et burlesque, où je pourrais donner libre cours à mes envies de course-poursuite infernale, de romantisme et d’humour. C’est pourtant un livre qui aborde nombre de sujets sérieux, délicats, intimes et souvent difficiles : la maladie, le deuil, la rupture, l’estime de soi et de son corps; s’épanouir en dépit du regard des autres. Le contraste entre ces thèmes et la joie que nous avons voulu partager est ce qui fait la force de cet album. Ce n’est pas l’histoire d’une maladie, c’est l’histoire d’une guérison. C’est la vie qui reprend ses droits. On m’a proposé de prendre part à un projet qui donne du rire et du cœur au ventre. Comment n’aurais-je pas pu dire oui! » JULIE ROCHELEAU

Commentaire du juré : À chacun de ses projets précédents, Julie Rocheleau s’est imposée comme une artiste majeure dans le milieu de la bande dessinée internationale. Avec Betty Boob, elle confirme encore une fois son talent à mettre en images émotions et sentiments. Sans un mot, sans une phrase (ou presque), elle raconte et développe une narration purement graphique, ce qui donne une plus grande charge émotive au scénario de Véronique Cazot. Merci, Véronique, pour cette histoire de résilience qui m’a profondément touché. Merci, Julie, qui, grâce à ta façon de raconter et de narrer, a su donner vie à Betty, afin que l’on puisse l’accompagner ensemble dans sa guérison. MARCO DUCHESNE / Librairie Pantoute (Québec)

Son œuvre québécoise marquante : L’hiver de force de Réjean Ducharme

Son auteur étranger favori : J. D. Salinger

 

CATÉGORIE POÉSIE QUÉBÉCOISE
Les adieux, René Lapierre (Les Herbes rouges)

« Qu’est-ce que l’amour, et que fait-il de nous à la fin? » Voilà la grande question à laquelle s’attarde le poète dans ce recueil qui témoigne du monde dans lequel on vit et s’échelonne sur cent ans de notre histoire. Un monde dans lequel l’amour est essentiel, parce qu’il est une forme de résistance, même s’il est parfois douloureux. Cette poésie embrase et embrasse tout, porte un regard lucide et sensible sur le monde.

Comment est né ce projet d'écriture? « Un livre, pour moi, vient rarement d’une idée. Il se développe plutôt à même l’écriture, dans la sorte d’attention qu’elle permet. Pour Les adieux, cela s’est pourtant passé autrement, comme si quelque chose m’avait soudain montré qu’il me fallait aller plus loin que les deux recueils précédents : passer le désespoir, passer la perte, ouvrir davantage. Un jour que nous travaillions sur La carte des feux, je me rappelle avoir dit à François Hébert qu’il y avait quelque chose d’autre qui s’en venait; je ne savais pas encore quoi, mais j’en étais un peu effrayé. François a simplement répondu : “OK, c’est très bien; prenez votre temps.” C’est ainsi, je crois, que Les adieux ont vraiment commencé. » RENÉ LAPIERRE

Commentaire du juré : Depuis ma lecture des Adieux, j’ai maintenant une maison dans laquelle errer lorsque le bruit extérieur se fait trop dérangeant. Lorsque je parle de l’œuvre de René Lapierre, je ne peux empêcher les métaphores architecturales. On dirait que, de cette façon, j’impose à quiconque avec qui je partage cette œuvre d’enlever ses chaussures avant d’entrer pour que l’écho de ses pas ne désamorce pas les poèmes que l’auteur a hissés si haut, comme des poutres retenant le ciel de s’affaisser. Si parfois la poésie advient de façon foudroyante, si elle semble naître sur le papier à l’insu du poète, chez Lapierre, c’est tout autre. La cohérence dont il fait preuve ne peut résulter de quelconque hasard, mais bien d’un labeur dont il parvient à masquer toutes les traces par la maîtrise de la forme. JÉRÉMY LANIEL / Librairie Carcajou (Rosemère)

Son œuvre québécoise marquante : Des œuvres marquantes, on en rencontre à tout âge, et je ne puis imaginer de réponse unique; je crois aussi qu’aimer est mieux que préférer, parce que la préférence produit des classements et des exclusions plutôt que des liens.

Son auteur étranger favori : Même chose pour les auteurs étrangers : les grandes œuvres ne sont pas seulement grandes, elles recèlent des failles que nous pouvons aimer aussi, et voir comme les cicatrices d’une lutte avec des forces trop grandes pour nous.

 

CATÉGORIE BANDE DESSINÉE ÉTRANGÈRE
Une sœur, Bastien Vivès (Casterman)

Antoine a 13 ans. Chaque année, il passe ses vacances dans un petit village français au bord de mer, en famille. Cet été n’y fait pas exception, quoiqu’une amie de sa mère les accompagne, ainsi que sa fille de 16 ans. Cette dernière est jolie et fortement animée par un souffle de vie sensuel qui fait naître en Antoine des émotions contradictoires. Si on parle d’une « sœur » dans le titre, c’est au sens métaphorique : cette jeune fille initiera Antoine à la vie, lui ouvrant la voie vers une existence où l’enfance est tranquillement laissée derrière lui.

Commentaire du juré : La lecture d’Une sœur me laisse pensive et envoûtée; mon esprit repu demeure volontiers auprès d’Hélène et d’Antoine, dont les destins se croisent le temps d’une semaine au bord de l’eau et qui seront un peu amis, frère et sœur, et amoureux. Ce moment suspendu entre l’enfance pas tout à fait révolue et l’adolescence, plein d’émotions excitantes et confuses, Vivès l’aborde avec une sensibilité et une tendresse qui rappellent à ma mémoire ce que ça fait que d’entrer dans ce monde de sensations nouvelles, le cœur fébrile et rempli d’appréhension. Son tracé, minimaliste mais évocateur, emplit mes yeux d’impressions plutôt que de certitudes, suggère plutôt qu’il ne révèle. Comme Antoine et Hélène, j’aurais voulu que cet été de chasse au crabe, de promenades à vélo, de secrets et de premières fois ne se termine jamais. ZOÉ LANGLOIS-TURGEON / Librairie Alire (Longueuil)

 

CATÉGORIE ROMAN ÉTRANGER
N’essuie jamais de larmes sans gants, Jonas Gardell (Gaïa/Alto)

Au début des années 80, Rasmus fuit son village pour Stockholm, là où il pourra enfin être lui-même. Il y rencontre Benjamin avec qui il noue une histoire d’amour. Mais l’un des deux sera bientôt atteint du sida, cette horrible faucheuse. C’est le début de cette épidémie mortelle jusque-là inconnue. Cette œuvre magistrale sonde l’amour, la mort et la tolérance, dans une fresque sociale bouleversante sur la fureur de vivre.

Commentaire du juré : N’essuie jamais de larmes sans gants est un de ces livres que l’on rencontre une fois tous les cinq ans dans sa vie de lecteur. Un livre d’une telle humanité que l’on s’attache aux protagonistes au point qu’ils deviennent des amis proches que l’on ne veut plus quitter. Aucun jugement, aucun cliché dans la psychologie des personnages. On ne sent que de l’amour et une volonté de compréhension, même avec les personnages qui ont un comportement inhumain devant l’horreur de ce que vivent ces gamins face au sida. Ce livre est important. La précision sociologique que l’auteur y apporte pour relater l’évolution du regard de la société sur cette épidémie transporte, à mon sens, ce roman au rang d’œuvre majeure. JONATHAN C. VARTABÉDIAN / Librairie du Square (Montréal)

Extrait du roman :
« La libération sexuelle était si nouvelle et si fragile. Oser, en tant qu’homme, aimer ouvertement et sans honte un autre homme était une chose tellement inouïe qu’elle aurait été impensable ne serait-ce qu’une dizaine d’années plus tôt. Les premiers pas chancelants étaient si hésitants, si mal assurés, à chaque instant on avait besoin du soutien et d’un encouragement réciproque : Nous sommes partout! Ne te renie jamais toi-même! Ensemble, nous sommes irrésistibles! Se fier à ces slogans, comment y arriver? Cela ressemblait au dégel après un hiver qui aurait duré depuis toujours. Cela ressemblait au premier jour de printemps, celui auquel on ose à peine croire, celui dont on doute qu’il arrive jamais. Je veux dans ma vie pouvoir aimer quelqu’un qui m’aime. Cette revendication d’amour inouïe et inconcevable. »

 

CATÉGORIE ALBUM 0-5 ans (Québec)
L’oiseau de Colette, Isabelle Arsenault (La Pastèque)

Commentaire du juré : C’est avec un bonheur lumineux que l’on découvre cet album tout de jaune vêtu. La jolie Colette, fraîchement déménagée, rage de ne pas pouvoir avoir un animal de compagnie. Discrets mais curieux, les enfants qui l’observent ont vite fait de s’approcher. Et voilà Colette qui raconte une aventure rocambolesque avec sa perruche qu’elle aurait perdue. Les enfants, émerveillés, se laissent prendre au jeu et s’invitent dans cette joyeuse aventure. Isabelle Arsenault, avec un talent renouvelé, présente un charmant album qui invite à l’imagination et à la fantaisie. C’est chaleureux, mignon et amusant! CHANTAL FONTAINE / Librairie Moderne (Saint-Jean-sur-Richelieu)

CATÉGORIE ALBUM 6-11 ans (Québec)
Mammouth rock, Eveline Payette et Guillaume Perreault (La courte échelle)

Commentaire du juré : Quelle délicieuse découverte! Lecture hilarante s’il en est, Mammouth rock se veut une joyeuse invitation à l’imaginaire d’un gamin dégourdi qui fait de sa présentation orale un véritable spectacle. Louis offre son exposé sur les mammouths, empreint de digressions rigolotes, à un auditoire captivé au point d’y sacrifier la récréation. Petits et grands se délecteront de ce miniroman graphique au dynamisme contagieux, du texte d’Eveline Payette, des illustrations vives de Guillaume Perreault et de la présentation aussi inventive que géniale. CHANTAL FONTAINE / Librairie Moderne (Saint-Jean-sur-Richelieu)

 

 

 

CATÉGORIE ROMAN 12-17 ans (Québec)
1re Avenue, Émilie Rivard (Espoir en canne)

Commentaire du juré :
Émilie Rivard est une auteure prolifique dont l’œuvre s’adresse avec succès à tous les groupes d’âge. Cette fois, elle vise un public plus vieux à la fin de l’adolescence. Elle leur propose une intrigue réaliste et prenante, dans ce qui est sans contredit son roman le plus personnel, et probablement le plus réussi. Elle met en scène une galerie de personnages attachants, et on a l’impression de les connaître tant elle parvient à les rendre vivants. On retrouve encore une fois l’humour d’Émilie Rivard, avec une touche plus mature et plus introspective, qui amène le récit à un autre niveau. Et quand on termine sa lecture, on a le sourire aux lèvres et une irrépressible envie de manger une grosse portion de pouding tout juste sorti du four! PIERRE-ALEXANDRE BONIN / Librairie Monet (Montréal)

 

CATÉGORIE ALBUM 0-5 ans (Hors Québec)
Le bain de Berk, Julien Béziat (L’école des loisirs)

Commentaire du juré : Lorsque Berk le doudou glisse dans le bain, c’est le branle-bas de combat chez les jouets pour tenter de le secourir. Alors que Trouillette crie au malheur, c’est à Drago, Poulpe et Aspiro de braver les dangers de la baignoire. Mais gare à vous, car Berk a gléglègligliglangleuglin. Dans cet album haut en couleur, le lecteur revisite l’heure du bain en suivant les folles aventures d’une troupe de héros aux personnalités vitaminées. Une lecture jubilatoire qui culmine dans un crescendo mémorable qui saura égayer tous les lecteurs. VICKY SANFAÇON / Librairie Pantoute (Québec)


CATÉGORIE ROMAN 6-11 ans (Hors Québec)
Pax et le petit soldat, Sara Pennypacker (Gallimard)

Commentaire du juré :
Imaginez… Une grande forêt, la guerre au loin qui se propage, et un jeune homme de 12 ans obligé d’abandonner le renard qu’il a élevé pendant des années. Dès que Peter et Pax seront séparés, une seule idée les habitera : se retrouver, quel qu’en soit le danger. Sara Pennypacker a réalisé une œuvre remarquable avec Pax et le petit soldat qui s’inscrira parmi les chefs-d’œuvre de la littérature jeunesse. On sort de ce roman plus grand qu’avant. KATIA COURTEAU / Librairie Le Port de tête (Montréal)


CATÉGORIE ROMAN 12-17 ans (Hors Québec)
Rage, Orianne Charpentier (Gallimard)

Commentaire du juré : On lit Rage le souffle court, espérant que cette jeune femme pourra se reconstruire et calmer la douleur qui l’habite grâce à ce chien blessé qu’elle recueille et tente de sauver, tel un miroir de sa propre personne. Orianne Charpentier montre dans ce roman bouleversant et poétique que la rage contient en elle-même une certaine fureur de vivre. KATIA COURTEAU / Librairie Le Port de tête (Montréal)

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