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Déballer la rentrée

Déballer la rentrée

Par Hélène Simard, Les libraires, publié le 29/09/2009
Dans les cartons, les livres se chevauchent, les auteurs se côtoient, tout comme les genres et les éditeurs; les essais se partagent l’espace avec les romans, les contes pour les petits avec les albums de photographies; les poèmes fréquentent les recettes de pizza, les bandes dessinées jouent du coude avec les dictionnaires. Avec les saisons, certaines maisons d’édition québécoises se sont lancées à la conquête d’un lectorat plus large. Septentrion, par exemple, a forgé sa réputation sur ses livres d’histoire, mais a lancé une collection de romans et de récits. D’autres, toutefois, ont choisi de conserver leur spécialité d’origine. C’est fréquemment le cas des éditeurs jeunesse et de ceux qui se vouent aux essais ou à l’art poétique. Reste qu’il n’est plus rare que, sous un même logo, une tétralogie fantastique coudoie la biographie de la star de l’heure et un guide de jardinage. C’est donc à l’image des boîtes de nouveautés qu’éventrent les libraires tous les automnes que s’est forgée la présentation de la rentrée 2009. Et puisque l’offre est immense, nous avons décidé, comme nous l’avons déjà fait par le passé, de couper la poire en deux. En septembre, nous déballons la rentrée québécoise, c’est-à-dire la production des maisons d’ici, peu importe la provenance ou la langue des auteurs qu’elles publient, tous genres confondus, valeurs sûres, découvertes et retours attendus. À la mi-octobre, nous ferons honneur aux livres traduits en français par les éditeurs de l’Hexagone, dont nous établirons une liste des incontournables, de nouveau sans distinction de genres. Notez que les arrivages sont prévus en librairie entre la mi-août et le début novembre et que la liste des éditeurs n’est pas exhaustive. Enfin, découvrez pourquoi les libraires aiment la rentrée en lisant leurs commentaires, qui émaillent les pages suivantes. Ne reste plus qu’à vous souhaiter de passer un automne fantastique en compagnie des livres de chez nous!
400 COUPS (LES)
Une image vaut mille mots

Votre collègue est enceinte et vous ne savez pas quoi lui acheter comme cadeau de départ? Votre belle-soeur est cernée jusqu’au menton à cause des coliques de son «p’tit monstre» de 2 mois? Les joies de la maternité >(poil au nez) d’Élise Gravel, un guide sur «la maternité dans tous ses travers et ses aventures extra vagantes», est tout indiqué. Mère de deux marmots, la talentueuse auteure et illustratrice a collaboré avec Caroline Allard, alias Mère Indigne, afin de concevoir cet «anti-guide» dont le but est de dédramatiser le quotidien des mamans, qui perdent la boule à vouloir suivre à la lettre les conseils, fréquemment contradictoires, des guides (sérieux) sur les «joies» de la maternité. De plus, Les 400 coups ont prévu une quinzaine d’albums cette saison. Le libraire en a retenu quatre. Mon abominable bellemère de Catherine Lepage, qui signe texte et illustrations, est une variation rigolote sur le thème de la marâtre: une fillette croit que la nouvelle copine de son père est une sorcière, puis se rend compte qu’elle n’est pas méchante comme dans les contes de fées. Adorable. Autrement plus sérieux, L’étrangère d’Emmanuelle Delafraye, remarquablement illustré par la douée Isabelle Malenfant, qu’on découvre avec cet album, plonge le lecteur dans un univers où les fiancées du Diable remontent à la surface des puits quand on les appelle. Dans L’ange de Catherine Grive, également mis en images par Isabelle Malenfant, il est question des bouleversements qu’entraîne la disparition d’un monument significatif pour des villageois. Original. Enfin, Mon papi de David Bouchard évoque un passage important dans la vie d’une petite-fille et de son grand-papa: le jour où ce dernier déménage dans une résidence pour les aînés. C’est à l’illustratrice Josée Bisaillon qu’on a confié le soin d’interpréter ce récit d’une grande force poétique. Côté BD, Les 400 coups publient le début d’une série pour les 10 ans se déroulant en Égypte, L’enfant à tête de faucon: Horus (t. 1), de Johane Matte (scénario et dessins), et le second volet de «Béatrice», L’affaire est ketchup, par Philippe Girard. Le premier album, publié chez Mécanique générale, en avait séduit plusieurs. Par le truchement de saynètes, Girard décrit la vision du monde, à la fois naïve et lucide, d’une «petite démone» de 3 ans. Un beau personnage de la BD d’ici.

ALTO
Pouvoir d’attraction

Une rentrée en trois temps chez Alto, la petite maison de Québec qui fait les choses en grand. Fin septembre, les lecteurs sont invités à plonger dans une histoire d’amour merveilleuse et inusitée, drôle et d’une rare intelligence, Addition de Toni Jordan. Grace, l’héroïne, est impossible à oublier. Sous des apparences normales, la jeune femme souffre d’un désordre de la personnalité: elle calcule tout, tout le temps, partout. Elle est obsédée par Nicolas Tesla, inventeur et ingénieur dans le domaine de l’électricité (en sciences, l’unité que représente le Tesla sert à calculer l’intensité magnétique), et perdre le fil de ses additions détruit carrément ses repères. Cela l’empêche d’entrer en relation avec les autres, du moins jusqu’à sa rencontre avec Seamus, son «atome crochu», qui saura l’attirer à elle. À la mi-octobre, on retrouve Rawi Hage et son second roman, Le cafard, qui, comme son prédécesseur, Parfum de poussière, a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général et Giller dans sa version originale anglaise, Cockroach. Rappelons que Hage, installé à Montréal depuis 1992, a gagné le IMPAC Dublin Award, cette récompense internationale de prestige remise à une première oeuvre littéraire. Le cafard raconte l’histoire d’un immigrant ayant un mal fou à se faire à l’hiver montréalais ainsi qu’à notre culture. Son isolement, physique et psychologique, le replonge dans son passé, marqué par la guerre. Enfin, l’ensorcelante Martine Desjardins, qu’on n’avait plus lue depuis L’évocation (Leméac, 2005), signe Maleficium, des nouvelles fantastiques gothiques. Les textes mettent en scène le même personnage, un abbé, et sont conçus comme ses confessions. Il émane de cette oeuvre singulière au style élégant une érudition étourdissante et une sensualité à fleur de peau. Desjardins n’a rien à envier à Poe et à Hoffmann.

ALIRE
Traverser le Styx

Porte-étendard des littératures de l’imaginaire, de l’horreur et du polar, la maison d’édition de Lévis propose une rentrée à tout à casser. Notons d’abord le retour d’un écrivain culte resté près de ses fans: Patrick Senécal. L’auteur de Sur le seuil, que vous retrouvez d’ailleurs en page 10 dans le rôle du «Libraire d’un jour», signe deux ans après Le vide une oeuvre très noire qui raconte la descente aux enfers d’un homme d’affaires riche comme Crésus, Hell.com. Pour Senécal, ce livre est une façon d’explorer les failles et les faiblesses de notre société, les coulisses du pouvoir et de l’argent. Ensuite, notre chroniqueuse Élisabeth Vonarburg, l’une des invitées d’honneur de la 67e Convention mondiale de science-fiction, qui s’est tenue du 6 au 10 août derniers à Montréal, voit six de ses nouvelles (dont une inédite) rassemblées sous la couverture de Sang de pierre. Scénariste et rédacteur en chef de la revue Solaris, Joël Champetier, lui, a écrit pour les adultes (La mémoire du lac, La peau blanche) et les jeunes. Au départ publié aux Éditions Paulines en quatre tomes, Le mystère des Sylvaneaux a été complètement réécrit afin de toucher un public plus âgé. Yves Meynard propose deux recueils de nouvelles: L’enfant des Mondes Assoupis et, sous le pseudonyme de Laurent McAllister (avec la collaboration de Jean-Louis Trudel), Les leçons de la cruauté. Pour conclure, une dernière signature, mais non la moindre: Jean-Jacques Pelletier, qui, début novembre, met le point final à sa gigantesque série des «Gestionnaires de l’apocalypse» avec La faim de la Terre, en deux tomes costauds.

ALLUSIFS (LES)
Bienvenue en Serbie

En pariant que la traduction d’oeuvres courtes d’auteurs étrangers chevronnés mais peu connus plairait aux lecteurs francophones, Brigitte Bouchard a étonné le Québec et conquis la France, qui louange régulièrement ses choix éditoriaux. Cette saison, elle publie entre autres Rencontres fortuites, roman inédit de Mavis Gallant, cette grande dame des lettres canadiennes établie à Paris depuis 1950 (paraît aussi en septembre une réédition, Voyageurs en souffrance) et un doublé du Serbe Vladan Matijević: Baisespoir, «sorte de sotie postmoderne», et Les aventures illustrées de Minette Accentiévitch, «roman de chevalerie bouillant et sulfureux» mis en images par Gérard Dubois, un Français émigré au Québec en 1989. Autre sortie à surveiller, celle d’Entre espoir et nostalgie de Tecia Werbowski.

BAGNOLE (DE LA)
Embarquement immédiat

Difficile de ne pas se laisser séduire par les livres des Éditions de la Bagnole, fondées en 2004 par l’auteure Jennifer Tremblay et le comédien Martin Larocque: les textes ne sont pas banals, idem pour l’aspect visuel. (Notez qu’à la suite du franc succès de Papa 24/7, Larocque publie en novembre Papa pure laine, dans lequel il continue de s’interroger sur son rôle de parent.) Deux livres emballants, donc, liés par la thématique de la famille et écrits par des auteures de Québec, sont prévus en septembre. Les enfants de la table ronde de France Ducasse a pour héros trois garnements qui se disputent l’amour et l’attention de leurs parents. Leur discorde prendra la forme d’un dragon qu’ils devront combattre ensemble. Les illustrations de Vinicius Vogel, ce Brésilien vivant à Montréal qui se fait de plus en plus présent dans l’édition jeunesse en marge de ses activités dans le domaine du film d’animation, pimentent une situation commune aux clans nombreux: les guerres de jalousie. Martine Latulippe, quant à elle, propose Ce qui arriva à Chloé et Mélina un jeudi après-midi, qui constitue une charmante parodie d’enquête inspirée par les propres filles de la prolifique romancière. Coiffée d’un titre très accrocheur, l’aventure de ces deux fillettes devant résoudre le mystère de la disparition d’une chose très importante à leurs yeux représente bien les liens de --camaraderie qui doivent lier frères et soeurs. Avec les illustrations d’un duo gagnant: Fil et Julie.

BAYARD CANADA
Superpouvoirs et chien superpuissant

Chez Bayard Canada, qui publie majoritairement des premiers romans, des documentaires et des albums illustrés pour les petits, on s’instruit tout en rigolant. Cet automne, l’éditeur mise énormément sur une nouvelle collection, «Bizarre bazar». Les premiers titres, 100% dégoûtant. Guide de toutes les choses répugnantes de ce monde de Jeff Szpirglas et As-tu des pouvoirs? Guide des phénomènes paranormaux d’Helaine Becker distillent, sous le couvert de l’humour, des informations très sérieuses sur les sciences. L’approche humoristique et les dessins déjantés feront craquer les curieux de 9 ans et plus. Par ailleurs, le libraire attend avec impatience Super toutou contre les savants fous de Paule Brière illustré par Christine Battuz. Dans sa seconde aventure, Pépitou doit sauver des souris victimes de scientifiques peu scrupuleux. Un sujet d’actualité (les expériences, les mauvais traitements sur les animaux,) et un héros canin très sympa: voilà une série vraiment chouette pour les 5 ans et plus.

BOOMERANG JEUNESSE
Quelque part dans le temps

Chez Boomerang Jeunesse, les jeunes de 9 ans et plus voyagent dans le temps. Cet automne, ils marchent de nouveau dans les pas d’Asclé qui, dans La terreur, sa cinquième aventure, retourne en pleine révolution française. Souvenons-nous que l’adolescente se propulse à travers les époques grâce à un miroir magique maya, revivant ainsi ses vies antérieures. La maison d’édition de Blainville publiera aussi de jolis imagiers destinés aux 18 mois et plus et dessinés par Mika: Voyage sur terre avec Zozo le zèbre, Dans la voiture et Les moyens de transport. Beaux comme tout et 100% québécois.

BORÉAL
Courtemanche à la Toussaint

C’est le 3 novembre que paraîtra Le monde, le lézard et moi de Gil Courtemanche qui, en 2000, captait l’attention médiatique avec son premier roman, Un dimanche à la piscine à Kigali (Boréal), qui faisait revivre la guerre du Rwanda. Cette fois, le journaliste s’est inspiré de son expérience comme consultant auprès du procureur de la Cour pénale internationale de La Haye pour écrire ce roman traversé par les conflits armés, des tueurs, des violeurs et des enfants soldats. Les Éditions du Boréal éditent de surcroît plusieurs plumes aguerries. Francine D’Amour avec Pour de vrai, pour de faux, des nouvelles dont le thème récurrent est le deuil, et Monique LaRue (La gloire de Cassiodore, Prix littéraire du Gouverneur général 2002) avec L’oeil de Marquise, un roman à cheval entre les genres «d’une diversité et d’une beauté telles qu’il ne s’en écrit que quelques-uns au cours d’une décennie». Les premiers romans sont rares cette saison: Boréal en publie un, celui de la chanteuse Bïa, Les révolutions de Marina, le récit d’une enfance en Amérique du Sud. Début octobre, la maison d’édition lance la traduction française d’un autre recueil de nouvelles de la Canadienne anglaise Alice Munro, Du côté de Castle Rock. Rappelons que cette styliste mondialement reconnue a gagné une pléiade de prix, dont le Man Booker International, raflé pour Fugitives (Boréal, 2008). Dany Laferrière n’aura pas, lui non plus, fait languir ses lecteurs car il signe, un an après Je suis un écrivain japonais (sortie en poche à la mi-septembre), L’énigme du retour, surprenant mélange de haïkus et de prose. Un livre grave et onirique, selon l’éditeur, qui pose les questions de la recherche du père et de l’opposition Nord-Sud. Porté par des idées semblables, Les pieds sales d’Edem Awumey, un auteur togolais fraîchement établi au Québec, met en scène un chauffeur de taxi exilé à Paris qui espère renouer un jour avec son père, disparu depuis des années. Awumey avait récolté la faveur de ses pairs, dont Tahar Ben Jelloun, avec son premier roman, Port-Mélo (Gallimard, 2006). Finalement, on retrouve avec joie Miriam Toews (Drôle de tendresse, Prix littéraire du Gouverneur général) avec The Flying Troutmans (titre français à venir).

COUPS DE TÊTE
Comme une tonne de briques

Créée en 2007, Coups de tête veut bousculer les normes et procurer des émotions fortes grâce à des histoires percutantes comme une tonne de briques. À preuve, les lecteurs ne frissonneront pas que de froid cet automne, mais aussi d’horreur à cause des romans Le protocole Reston de Mathieu Fortin, dans lequel Trois-Rivières est assiégée par un monstre mutant découvert en Asie, et Maudits! d’Edouard H. Bond, le road trip sanglant d’un tueur en série «à michemin entre la série des Vendredi 13 et Watatatow!» Vous serez prévenus… Avec Luna Park, Laurent Chabin amorce une série dans laquelle on parle exploitations lunaires et vingtième anniversaire de l’indépendance du Québec, et Nelly Arcan quitte Le Seuil pour son quatrième livre, Paradis clef en main. L’auteure de Putain s’aventure dans la fiction totale, bien que ce roman qu’on dit d’anticipation véhicule quelques-uns de ses thèmes de prédilection, dont celui du rapport au corps.

COURTE ÉCHELLE (LA)
Toujours plus haut

Pour l’automne, des publications de choix à La courte échelle. Pour les 4 ans, mentionnons trois nouvelles péripéties de Charlie et de sa frangine Lola: Mais où sommes-nous exactement?, Je ferai extrêmement attention à toi et Ma dent ne doit absolument jamais tomber, dans la série de Lauren Child, traduite en dix-huit langues. Les lectrices de 8 ans, elles, seront ravies de retrouver Indie Kidd, l’héroïne de Karen McCombie, dans Je suis la plus malchanceuse de l’école! et Animaux (de compa gnie)!, puis de rencontrer les soeurs Reel dans Coups de théâtre!, premier tome d’une série acclamée aux États-Unis, «Le club des soeurs» par Megan McDonald. Le lectorat adolescent se reconnaîtra dans Pour toujours et Pour l’instant, deux excellents vendeurs de la Canadienne Gayle Friesen, tandis que les tout-petits auront droit à un doublé de Pascale Beaudet, Comme un poisson et Gratte-Poil est malade, illustrés par Bruce Roberts. En 2007, Émile et Gratte-Poil avait gagné le prix d’illustration jeunesse du Salon du livre de Trois-Rivières. Finalement, les adultes suivront le sergent-détective André Surprenant dans une nouvelle enquête morbide, Le mort du chemin des Arsène de Jean Lemieux. Meurtre et musique traditionnelle au menu!

DOMINIQUE ET COMPAGNIE
Lire en bonne compagnie

Dominique et compagnie ne badine pas avec la rentrée: la maison a concocté un programme épatant. Honoré à plusieurs reprises, Stéphane Jorisch use de son art pour illustrer deux imagiers de Catherine Germain, Dans ma commode et Dans ma maison. Lucie Papineau signe trois livres: la seconde aventure de la mignonne souris Tulipe, Ma coccinelle à moi (illustrations Stéphane Jorisch), Fanny et les doudous, ou comment une fillette qui adore les vêtements voit mystérieusement disparaître l’objet de sa passion (illustrations: Julie Cossette) ainsi qu’un chef-d’oeuvre pour lequel le libraire a craqué, Le journal secret de Lulu Papino, le récit éclaté d’un premier amour. Virginie Egger, passée maître dans la technique du collage, signe le visuel de cet album appelé à devenir un classique. Marie-Louise Gay répond elle aussi «Présente» trois fois plutôt qu’une: Quand Stella était toute petite (texte et illustrations), et les illustrations de La magie de la neige et de Les bonheurs de l’été, dans la série «Melville et Maricha», écrite par James Howe. Au chapitre des miniromans, Dominique et compagnie sort nombre de titres pour les 6 ans et plus, surtout des suites, comme Jomusch et les mains de papier de Christiane Duchesne, Porthos et les tigres à dents de sable de Denis Côté, Papa est un pirate de Bruno St-Aubin, L’arbre à saucisses de Mimi Réglisse de Lili Chartrand ou Lucie Wang et l’énigme de l’autobus d’Agnès Grimaud. Enfin, le libraire est convaincu que Le collier magique de Susin Nielsen-Fernlund (illustrations: Geneviève Côté), le récit d’une mère et de sa fillette qui doivent tout reconstruire après avoir fui le père, fera date.

ÉCOSOCIÉTÉ
David contre Goliath

Heureusement qu’Écosociété est coriace: la petite maison qui se bat depuis des mois contre la multinationale aurifère Barrick Gold, qui lui réclame des millions de dollars, alléguant que des propos diffamatoires ont été émis par Alain Deneault et ses acolytes dans Noir Canada (on sait que les auteurs et l’éditeur sont blancs comme neige, mais la justice n’a pas encore statué), fait fi de l’adversité avec une rentrée d’automne dure comme du roc. Ainsi, le libraire a pu lire en primeur Vers un pacte de l’eau de Maude Barlow et Deux roues, un avenir de Claire Morissette. Comme le soutient l’éditeur spécialisé dans les sciences humaines et l’environnement, vous n’ouvrirez plus jamais un robinet de la même façon après la lecture du livre-choc de Barlow, qui brosse le portrait inquiétant d’une ressource vitale, ni monnayable ni renouvelable, surexploitée, gaspillée par les puissances mondiales que sont les États-Unis et le Canada. Barlow, une sommité dans le domaine de l’eau (L’or bleu, Boréal, 2002), y dénonce la marchandisation insensée de cette ressource aux quatre coins du monde. Assoiffé par le gain, l’homme se révèle plus destructeur que l’effet de serre. Des voix s’élèvent de partout afin que l’élément liquide redevienne un bien commun, qu’un enfant cesse de mourir toutes les huit secondes après avoir bu de l’eau contaminée: les écouterons-nous? Dans la foulée du lancement de son livre, Maude Barlow donnera une conférence à l’UQAM le 23 septembre. Quant aux mémoires de la journaliste, féministe et militante Claire Morissette, qui pendant des décennies fut une figure de proue de la lutte pour la promotion des transports écologiques – en particulier sur l’île de Montréal –, il s’agit d’une histoire du vélo doublée d’un plaidoyer pour le cyclisme comme moyen de transport urbain. Une lecture passionnante, instructive et inspirante comme on en voit rarement, de surcroît fort actuelle avec l’installation récente, dans la métropole, du service de location libre-service de bicyclettes Bixi, cousin du Vélib, à Paris. L’auteure est décédée d’un cancer en juillet 2001. Pour terminer, la maison d’édition lancera en novembre un autre livre majeur, Les nations obscures. Une histoire populaire du Tiers-Monde par Vijay Prashad. L’auteur, un Américain d’origine indienne très présent dans les médias, y dévoile des informations inédites sur les origines, intellectuelles et politiques, de la colonisation des nations du Sud instaurée pendant la Guerre froide.

FIDES
Travailler, c’est trop dur

Histoire et culture sont au programme automnal de Fides. Notons en premier lieu deux beaux livres, Les cent plus belles chansons du Québec, anthologie préparée par le poète, romancier et essayiste Bruno Roy et illustrée par la chanteuse Diane Dufresne, et À chacun son métier d’Hélène-Andrée Bizier qui, après Une histoire des hommes québécois en photos (Fides, 2008), exhume une autre une part de notre histoire à travers les photos des archives nationales et privées. L’éditeur donne aussi sa chance à une inconnue, Christine Picard. La jeune femme de 20 ans signe Ne vous souciez pas de moi, qui relate le difficile passage de l’adolescence à la vie adulte. Trois autres livres marqueront le trimestre: Histoire visuelle des sondes spatiales de Philippe Séguéla, préfacé par Marc Garneau, L’hiver au Québec de Normand Cazelais, et Une brève histoire de l’agriculture au Québec, par David Dupont. D’autre part, Pierre Godin, le biographe de René Lévesque, présente Au pays des masques, un regard romancé sur la politique québécoise alors que Marie-Paule Villeneuve, à qui l’on doit L’enfant cigarier, enquête sur l’univers méconnu des travailleurs forestiers dans Le Tiers-Monde au fond de nos bois. Il faudra également surveiller Une passion littéraire de Pierre Graveline, éditeur qui s’est retrouvé, grâce à Gaston Miron, à la barre des maisons Typo, VLB Éditeur et l’Hexagone, et Les 20 ans du Musée de la civilisation, un projet de livre dirigé par la directrice générale du musée, Claire Simard.

FLAMMARION QUÉBEC
Des montagnes d’Hollywood aux Remparts de Québec

Flammarion Québec nous fait fouler le Walk of Fame et entrer dans les vestiaires du Colisée Pepsi. La maison mère, Flammarion, a réussi un bon coup en arrachant James Frey à Belfond. Rappelons que ce natif de Cleveland en Ohio avait démontré un talent certain (de romancier et de fabulateur) avec Mille morceaux et Mon ami Leonard, deux oeuvres «auto - biographiques». Au milieu de la décennie, Frey avait défrayé la chronique quand on découvrit que des éléments de son premier livre, qui traitait de sa cure de désintoxication, étaient fabriqués de toutes pièces. L’affaire aurait été banale si l’ouvrage n’avait pas été encensé par la puissante Oprah… Bref, arrive chez les libraires le premier «vrai roman» de Frey, L. A. Story, chronique audacieuse de cette ville aux âmes perdues, terre d’accueil parfois cruelle de ceux qui veulent tirer un trait sur leur passé. En cela, Frey n’est pas bien loin des sujets de ses précédents ouvrages… Passionné par notre sport national, Michel-André Roy, lui, est monté à bord de l’autocar des Remparts pour un long circuit de dix jours à travers le Québec et les provinces de l’Atlantique, de Shawinigan à Charlottetown, d’Acadie-Bathurst à Chicoutimi. La ligue de hockey junior majeur du Québec fait office de reportage, de carnet de route et de guide touristique. Grâce à son étonnante documentation des plus complètes, cet ouvrage unique en son genre comblera les amateurs. Autre sortie importante: Sexy. Cuisiner pour deux de Louis-François Marcotte. Galvanisé par le succès de son premier livre de recettes, la populaire toque de Verdun lance une collection («Simple et chic» qui s’adresse aux couples et aux amants. Pour séduire, une fourchette à la main. L’automne de Flammarion se terminera avec la parution d’un beau livre, Vertiges de la liste d’Umberto Eco. Grand invité du Louvre en novembre 2009, l’auteur du Nom de la rose a assumé la direction artistique de soirées musicales qui se tiendront dans l’auditorium du fameux musée français. Publié par Flammarion, l’album de 400 pages comprendra une imposante iconographie, un peu à la manière de Histoire de la beauté et de Histoire de la laideur, d’Eco également.

FOU LIRE
Plus on est de fous, plus on lit

L’éditeur de Charlesbourg a fait du rire son fer de lance puisque toute sa production est marquée du sceau de la rigolade. Cet automne, il continue sur sa belle lancée, publiant entre autres le dixième titre de la série «Mes parents sont gentils mais…», Mes parents sont gentils mais tellement bornés! de Josée Pelletier, la neuvième aventure du chien Galoche, Galoche, haut les pattes! d’Yvon Brochu ainsi que les troisième et quatrième volets des folles aventures de la petite détective imaginée par Martine Latulippe, Au voleur, Marie-P! et Au secours, Marie-P!. Trois titres s’ajoutent à «La joyeuse maison hantée», une série très appréciée: Pas de vacances à l’urgence! de Marie-Christine Morin, Hercule. La grosse pilule d’Yvon Brochu et Piston. Un amour de dragon de Reynald Cantin, dans lesquels les patients de l’urgence s’immiscent le temps d’un roman dans le monde de Mouk le monstre et de Frissella la fantôme.

GUY SAINT-JEAN ÉDITEUR
Les femmes d’abord

C’est une programmation équilibrée que propose à ses lecteurs Guy Saint-Jean Éditeur; des valeurs sûres du côté des romans côtoient les livres pratiques (santé, décoration, cuisine), et la collection jeunesse «Comprendre», qui aborde avec sensibilité des thèmes délicats tels l’intimidation, l’adoption ou le divorce pour favoriser la discussion entre l’enfant et l’adulte, voit le jour. On retrouve donc une auteure réputée pour ses sagas familiales, Louise Tremblay-D’Essiambre et sa Bernadette, le quatrième tome de la série «Mémoires d’un quartier», et Marie Gray, cette grande amoureuse, avec Le coeur perdu d’Élysabeth, second volet d’«Oseras-tu?», une série abordant sans détour et avec justesse les questionnements amoureux et sexuels des adolescentes. Enfin, une nouvelle plume, Christine Benoît, propose Ma vie décharnée, «un roman bouleversant [qui] dépeint avec subtilité la honte des victimes d’abus sexuels et le processus destructeur de l’anorexie».

LES HEURES BLEUES
Au royaume des animaux(mots)

Les Heures bleues publient une splendide série d’abécédaires ludiques illustrés très artistiquement, notamment avec des figurines en papier mâché ou en plâtre. Cet automne, Robert Soulières y signe L’abécédaire des anibêtes, dans lequel il donne une preuve supplémentaire de son talent inimitable. Comme pour L’abécédaire des animots, l’auteur et éditeur a pu compter sur la complicité de la sculptrice Marjolaine Bonenfant pour «incarner» un bestiaire pas piqué des vers qui se veut la rencontre d’un animal et d’une bête. La nuance est infime, certes, mais dans l’esprit de ces deux créateurs, il est évident qu’une «gazelléphant» à son caractère bien à elle! A surveiller également: la sortie de Carnets de la Beauce de Michel Jacques, bel album regroupant des toiles célébrant les dix-sept villes et villages de beaux coins de chez nous.

HOMME (ÉDITIONS DE L’)
Cher papa

Les Éditions de l’Homme ont placé l’automne 2009 sous la protection de la figure paternelle, qui se fait omniprésente dans trois livres. En 2007, souvenons-nous que Christian Tétreault racontait, dans Je m’appelle Marie, la maladie foudroyante ayant coûté la vie à sa fillette de 2 ans en septembre 1985. Ce témoignage poignant s’est vendu à plus de 60 000 exemplaires. C’est avec bonheur que le libraire et les lecteurs retrouvent donc l’animateur, chroniqueur sportif et éditorialiste. Tétreault a rencontré des hommes, pères et fils, pour discuter de leur relation. Trois fils et un ange raconte entre autres le lien qui unit Michel Courtemanche et son père. Dans la foulée, Richard Cummings expose, dans Michaël, mon fils, les leçons apprises auprès de son enfant, mort à 12 ans d’une maladie neuromusculaire dégénérative, et on attend avec impatience Enquête de paternité, un album de rencontres intimes traitant des différents types de papas: engagés, séparés, de fins de semaine, etc. Guillaume Lemay-Thivierge, entre autres, s’est prêté au jeu des questions. Par Geneviève Landry, directrice générale de l’Entraide pour Hommes, avec les admirables clichés de Sébastien Raymond. En parlant d’art de la photographie, mentionnons que les amateurs des splendeurs de la Belle Province renoueront, dans Lieux de légendes et de mystères du Québec, avec le duo derrière Québec vu du ciel, Pierre Lahoud et Henri Dorion. Natalie McLennan, alias Natalia, l’escorte new-yorkaise numéro 1, la star de la chambre à coucher à 2 000 dollars de l’heure, celle dont la gloire s’est érigée sur son image, dit tout, elle, de son ascension et de sa chute, de ses clients et de la drogue, dans Le prix à payer. Cela dit, Gangs de rue inc. Leurs réseaux au Canada et dans les Amériques, de la députée bloquiste Maria Mourani (La face cachée des gangs de rue, De l’Homme, 2000), jette quant à lui un éclairage différent sur un phénomène qui n’est ni un problème d’immigration ou un manque d’intégration des immigrants. Enfin, un triplé «sportif»: Les légendes des Canadiens, un livre de collection «épique qui fait revivre les grands moments de gloire» du club de hockey de Montréal, par Léandre Normand et Pierre Bruneau, Jacques Plante. L’homme qui a changé la face du hockey, une biographie signée Todd Denault, et Le Québec mis en échecpar Bob Sirois, qui se veut le dossier le plus étoffé jamais rassemblé sur le sort des joueurs québécois dans la LNH. À vos rondelles!

HURTUBISE
De la campagne québécoise aux Tuileries

La littérature occupe une large place dans le programme automnal des Éditions Hurtubise. De fait, à côté d’ouvrages tels Parents au jour le jour de Miriam Stoppard, Découvrir l’Amérique. Une brève histoire du nouvel ordre mondial de Ronald Wright, Le grand livre de l’art contemporainde Charlotte Bonham-Carter et David Hodge ou Venus d’ailleurs d’Angèle Delaunois, qui «montre le regard des enfants, ce qui retient l’attention est l’abondance de romans et de tétralogies, tous annoncés pour octobre, voire début novembre. Signalons d’abord la présence d’un auteur de sagas historiques apprécié, Michel David («La poussière du temps», «À l’ombre du clocher», «Chère Laurette»), qui récidive avec le début d’«Un bonheur si fragile», L’engagement. Dans la campagne québécoise, en 1900, Corinne, 18 ans, est mariée à un bellâtre qui lui en fait voir de toutes les couleurs et doit supporter l’avarice de son beau-père. Ça promet! Inconnu jusqu’ici, Michel Langlois entreprend, avec Edmond, le début d’une série intitulée «La force de vivre», qui se déroule à Baie-Saint-Paul au début du XIXe siècle. Journaliste prolifique et auteure de dix romans, Monique de Gramont signe, elle, une comédie intrigante, Méchants voisins, dans lequel un bon bougre subit la présence d’une famille brésilo-italo-espagnole. On retrouve aussi Anne-Michèle Lévesque, nouvelliste et poétesse, fondatrice du Prix littéraire jeunesse Télé-Québec, dans Ceux du fleuve, volet inaugural des «Enfants de Roches-Noires», dont les principaux protagonistes sont deux féroces rivaux d’un village près de Rimouski. Jean-Pierre Charland, lui, après la réussite de sa saga «Les portes de Québec», signe Haute-Ville, Basse-Ville, l’histoire d’une fille de charpentier repêchée dans les eaux de la Saint-Charles, à Québec. En terminant, l’éditeur a pensé aux fans d’histoire de France et à son plus glorieux monarque: La maîtresse du Soleil de Sandra Gulland narre la passion unissant une cavalière exceptionnelle et Louis XIV.

IMAGINE
Petit chaperon et chien fripon

Chez Imagine, dont le catalogue compte plusieurs titres pour les lecteurs en herbe, le libraire attend impatiemment la relecture du Petit chaperon rouge par Mireille Levert, dans la chouette collection d’albums cartonnés «Les contes classiques». L’auteure, qui a réécrit et illustré ce conte de Perrault il y a quelques années pour le Canada anglais, a retouché le texte pour la version française. Signalons aussi Zargouille fait le beau d’Agnès Grimaud, premier album d’une série qui traitera de l’amitié et de l’estime de soi, ainsi que les deux premiers volets de la série «Zoée» d’Annie Langlois, Zoée et Zoée l’indestructible. L’ex-libraire devenue auteure à plein temps a oeuvré avec le populaire Rémy Simard pour mettre en images les péripéties de Zoée, une petite chienne, et de Sylvie, sa jeune et pétillante maîtresse. Mignon comme tout.

INSTANT MÊME (L’)
Chute de bonnes nouvelles

Outre Vie d’Anne-Sophie Bonenfant, cinquième opus de François Blais à qui nous avons consacré une entrevue (voir page 16), la maison spécialisée dans les fictions brèves. Nouvelles du Chili, anthologie traduite et présentée par Louis Jolicoeur, L’ammonite, récit de l’essayiste romancier et nouvelliste Roland Bourneuf, ancien professeur de littérature à l’Université Laval, et Les rouleaux de l’hypogée, roman historique de 500 pages par Armando Santiago, Portugais d’origine demeurant dans la région de Québec, dont la conjointe fut longtemps libraire au Musée de la civilisation. Et à l’instar de Fides et de Septentrion, qui font paraître des ouvrages sur la musique et la chanson au Québec, L’instant même lance La poésie vocale et la chanson québécoise du Bruxellois Jean-Nicolas de Surmont.

INTOUCHABLES (LES)
Zachary et les mamans fantastiques

Les jeunes ne s’ennuieront pas grâce aux Intouchables, qui poursuivent la publication de maintes séries («Celtina», «Darhan», «Aréna», Wariwulf», «Arielle Queen») en plus d’en lancer d’autres. Parmi celles-ci, justement, «Les loups du tsar» de Sylvie-Catherine De Vailly s’annonce prometteuse. Trois volets paraissent simultanément: La naissance et la force, Le courage et l’humilité et La loyauté et la foi. L’action se déroule sur fond de guerre dans la Russie du début du XXe siècle. Michel J. Lévesque, lui, signe une série fantastique intitulée «Soixante-six». Le créateur d’Arielle Queen présente, dans les tomes 1 et 2, Les tours du château et Le cercueil de cristal, sa nouvelle héroïne: Tea Walls, une meneuse de claques qui vit dans une ville des États-Unis franchement étrange où se déroulent des événements qui la font douter de ses origines. Zarya, quant à elle, a du sang de sorcière dans les veines. Dans Zarya et le crâne maudit et Zarya et la malédiction de la dague d’Azazel, par JP Goyette, la jeune fille découvre ses pouvoirs paranormaux. On sera également heureux de lire «autrement» le chanteur Zachary Richard, qui s’adresse aux petits par l’entremise d’un conte cajun, Télesphore et Tit Edvard en France. Enfin, pendant que les enfants auront le nez plongé dans les livres, les mamans pourront s’occuper avec la lecture du Guide de survie des (Z)imparfaites, qui regroupe les chroniques Web de Nancy Coulombe et de Nadine Descheneaux. Les auteures y exposent leurs trucs pour «survivre avec son enfant… et ceux des autres». Après Élise Gravel et Caroline Allard, c’est le deuxième livre sur le sujet cette saison. Comme quoi le mini baby-boom que vit actuellement la province ne va pas sans toutes sortes de conséquences…

LIBRE EXPRESSION
L’arc-en-ciel après la pluie

L’automne est multicolore pour Libre Expression: grands romans, biographies de personnalités et beau livre sur notre Céline nationale sont prévus d’ici la fin octobre. En premier lieu, on retrouvera Janette Bertrand (Le cocon), Francine Ruel (Coeur trouvé aux objets perdus), Paul Ohl (Le géant sur le pont. Montferrand, t. 2) et Michel Jean, de l’émission J.E., qui délaisse le récit de ses expériences de reporter à l’étranger pour tâter de la fiction (Un monde comme la lune). Ensuite, ceux qui s’intéressent à nos vedettes liront avec intérêt la biographie de Bruny Surin, Le lion tranquille, rédigée par le journaliste sportif Saïd Khalil, qui est l’ami du médaillé olympique depuis 2001, ou Céline autour du monde, du photographe officiel des tournées mondiales de la «petite fille de Charlemagne». Dans une veine plus sombre, on surveillera Je compte les morts, l’incursion dans le domaine du roman policier de Geneviève Lefebvre, auteure de maintes séries télévisées populaires. La mort est elle aussi présente dans Ru, de Kim Thúy, mais d’une tout autre façon. En effet, la dynamique chef vietnamienne, qu’on a vue à l’émission Curieux Bégin, y raconte la guerre et l’exil, les promesses d’un avenir et sa vie d’enfant, de femme et de mère d’un garçon autiste. D’une tendresse inouïe, ce récit intense présenté sous la forme de courts chapitres manifeste un grand respect pour la vie.

LOGIQUES
Économie 101

En 1987, lors de sa création, Logiques se définissait comme «l’éditeur de la technologie»; l’informatique commençait à faire sa niche et Internet se profilait. En 2005, un virage avisé vers les livres d’affaires, d’économie et de santé vulgarisés a été pris. Pour saisir les rouages subtils de l’économie, on lira Sale argent de Joseph Heath, traduction de Filthy Lucre. Economics for people who hate capitalism — le sous-titre anglais est éloquent. Professeur de philosophie à l’Université de Toronto, Heath articule son discours autour du constat personnel que «presque toutes les cro - yances en économie (qu’elles émanent de politiciens, de journalistes, d’activistes, de groupes sociaux ou de payeurs de taxes) sont erronées et ne reposent sur aucun fondement». Une lecture formatrice accessible à tous.

LUX ÉDITEUR
Des hommes d’influence

Auteur de la première biographie de Pierre Bourgault, l’essai marquant de 2007, l’éditeur, politicologue et directeur des pages culturelles du Devoir, Jean-François Nadeau, souligne le 50e anniversaire de la mort de Maurice Duplessis en publiant Robert Rumilly. L’homme de Duplessis. Rumilly a publié quatre-vingt onze livres. Habile rassembleur, il est considéré comme l’intellectuel du règne de Duplessis. Par cette biographie, Nadeau démontre aussi la place qu’occupe l’extrême droite dans la fondation du Québec moderne. Lux marque par ailleurs la première année de règne de Barack Obama avec les réflexions de Howard Zinn sur la signification d’une telle élection: La mentalité américaine. Au-delà de Barack Obama, et sort en octobre un essai politique incisif, Moments politiques du philosophe français Jacques Rancière. La saison se clôturera avec une étude de Paul Beaucage sur l’oeuvre d’une des figures importantes du cinéma québécois, Gilles Groulx. Le cinéaste résistant.

MARCHAND DE FEUILLES
Graines de génie

Fondatrice du Marchand de feuilles, Mélanie Vincelette (Qui a tué Magellan? et autres nouvelles, Crimes horticoles) marque l’approche de l’équinoxe automnale avec des auteures de la relève, notamment le coup d’essai prometteur d’Emma Toussaint-Léveillé, L’après-pluie, un «portrait de l’Amérique des banlieues» traversé par des personnages hors de l’ordinaire. Le libraire retient aussi Rhadamanthe, premier roman de Maya Ombasic (Chroniques du lézard, Marchand de feuilles, 2007). Dans cette quête existentielle placée sous le signe du voyage, du commerce du café et de la révolution, l’auteure née en Bosnie-Herzégovine promène le lecteur entre le Vieux-Montréal et les plages de Cuba. De surcroît, l’éditrice a créé une collection d’albums pour les 4-10 ans qui «n’aiment pas se faire parler en bébé», «Bourgeon». Elle propose trois albums fantaisistes exigeant une attention soutenue de nos petits génies: Le géranium de l’illustratrice ontarienne Melinda Josie, Manger le zoo de la Montréalaise Julie Massy ainsi que Et toque! par Clémentine Derodit, dans lequel les enfants apprennent comment cuisiner la «soupe de pirates» ou préparer le «jus de chaussette de princesse».

MICHEL BRÛLÉ (ÉDITIONS)
Du hockey et de Fanfan Dédé

Que peuvent bien avoir en commun la Sainte Flanelle, Fanfan Dédé et Jacques Parizeau? La réponse est simple: on les retrouve, ce trimestre, sous les couvertures des Éditions Michel Brûlé. Tout d’abord, Molson et le Québec de l’historien Gilles Laporte retrace «deux siècles de relation amour-haine entre le peuple du Québec et sa plus célèbre dynastie financière», dont la récente acquisition des Canadiens a été accueillie par des éloges. Puis, André Richard, alias Fanfan Dédé, ce personnage de notre télévision qui a rassuré toute la génération des 35-40 ans en «prenant leurs soucis sur ses épaules», publie un conte qu’il présente aux écoliers du primaire depuis belle lurette, Piquette le chat boiteux. Enfin, l’ancien premier ministre du Québec signe L’indépendance du Québec, un incontournable pour comprendre les enjeux passés et entrevoir adéquatement ceux du futur.

MICHEL QUINTIN (ÉDITIONS)
Succès en série

Les Éditions Michel Quintin ont ouvert leurs portes toutes grandes aux romans pour la jeunesse depuis quelques saisons, privilégiant les sagas fantastiques et historiques pour les 8 ans et plus. Cet automne, La dernière dragonne et Le livre des secrets, quatrièmes volets respectifs des séries «Luna» par Élodie Tirel et «Kimo» par Lise Baucher-Morency, sont annoncés, de même que le début des «Maîtres du pentacle» par Mario Fecteau. Mettant en scène des centaures et des cyclopes, Nord et Ouest paraîtront en août et en octobre. Imaginé par Louis Lymburner, Will Ghündee rempile pour une cinquième fois dans La chute de l’empereur, tandis que Dynah Psyché en est déjà au septième titre de sa série «Gaïg», La vague d’argent. Mais la maison située dans les Cantons-de-l’Est pense aussi aux adultes. Ainsi, Les brumes de Shandarée, quatrième titre de la série «Les messagers de Gaïa» par Fredrick D’Anterny, est prévu pour septembre, et en octobre, un coffret comprenant les quatre livres de la série sera mis en marché. Enfin, avec Monstres des lacs, Maisons hantées, Fantômes et lieux étranges et Sorcières et wiccans, la collection «Québec insolite» voit le jour. À raison de quatre titres supplémentaires par année rédigés par Danielle Goyette, les amateurs de paranormal et les sceptiques seront entraînés «dans les coulisses d’un univers mystérieux et étrange, théâtre de phénomènes souvent inexpliqués». L’éditeur est fier de ce projet éditorial unique.

MODUS VIVENDI
La table est mise

Modus Vivendi publie de bien beaux livres de cuisine à prix abordable. Cet automne ne fait pas exception à la règle avec la parution de Prêt à servir de Louise Rivard, qui rassemble 140 recettes à mettre au congélateur (la solution pour gens pressés), Macaron des chefs pâtissiers Gaëlle et Johan Crop, propriétaires de la seule boutique spécialisée dans la confection de cette sublime sucrerie, et Panini de Tiffany Collins, pour ceux qui ne se plaindraient jamais de manger des sandwichs du matin jusqu’au soir, dessert inclus! De plus, l’éditeur réédite un bon vendeur de Marie-Claude Morin, L’express végétarien.

MORTAGNE (DE)
À l’écoute des besoins du lecteur

Bien connues pour Le rêve et ses symboles de Marie Coupal et la tétralogie de fantasy «Les chevaliers d’Émeraude», les Éditions de Mortagne touchent aussi à maints genres (roman, récit, psychologie, éducation, jeunesse, sexualité, ésotérisme, spiritualité, etc.). Du côté des guides pratiques, notre attention a été retenue par Comment aider mon enfant à mieux dormir de Brigitte Langevin, formatrice et conférencière reconnue. Dans la foulée de Mieux dormir… j’en rêve! paru en au mars dernier, celle que plusieurs parents surnomment la «Super Nanny du sommeil» entend résoudre les principaux problèmes de dodo, si fréquents de la naissance à… l’adolescence. On annonce aussi deux recueils de chroniques, un genre en vogue ces temps-ci. La vie comme je l’aime (t. 1). Chroniques d’hiver de Marcia Pilote (les trentenaires se souviendront de sa performance dans le téléroman Chambres en ville!), femme, épouse, mère, amante et amie, traite des petits bonheurs du quotidien en toute franchise. Quant aux Chroniques de Miss Ritchie, l’ouvrage reproduit soixante blogues de la très glamour Judith Ritchie, une Montréalaise ultra-branchée mode qui, depuis un an, distille sur la Toile ses théories sur les relations homme-femme. Côté fictions, on retrouve notamment Anne Robillard avec Capitaine Wilder, la suite de Qui est Terra Wilder?, le troisième volet des «Filles de lune», Le talisman de Maxandre d’Élisabeth Tremblay, et le début du «Schisme des mages», Frères de sang de Louise Gauthier, qui, auparavant, nous a donné la trilogie «Le pacte des elfes-sphinx».

NOROÎT (DU)
Le souffle créateur

Florilège impressionnant de poètes cet automne aux Éditions du Noroît, qui se dédient à la poésie depuis leur création en 1971. On lira donc plusieurs auteurs aguerris dont la réputation franchit nos frontières, quelques traductions majeures, notamment Arbres de Marco Antonio Campos et L’armée de terre-cuite de Gary Geddes, et les rééditions du Prix Jovette-Bernier 1999, Les yeux sur moi de Martin Thibault, et de Peinture aveugle de Robert Melançon, dont la première mouture était parue en 1979. Septembre est ainsi particulièrement riche pour la maison d’édition, qui lance les recueils de Pierre Nepveu, Les verbes majeurs, de Larry Tremblay, L’arbre chorégraphe, de Michael Delisle, Prière à blanc, de Pierre Ouellet, Trombes, et de Paul Chamberland, Comme une seule chair. Puis, en octobre, les amateurs de poésie retrouveront Fulvio Caccia avec Voyage en Italie.

NOTA BENE
Les belles lettres

En effet, la maison d’édition Nota bene publie tout un éventail de titres consacrés à la littérature. Tout d’abord, dans Brèves implosions narratives. La nouvelle québécoise (1940-2000), Michel Lord brosse l’histoire de ce genre à travers les oeuvres les plus signifiantes publiées dans la Belle Province à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Lord est un chroniqueur régulier de la revue Lettres québécoises. Plus tard dans la saison, on annonce la sortie d’un livre sur Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ainsi que celle de deux ouvrages portant sur Réjean Ducharme (titres à venir). À surveiller. L’art théâtral ne sera pas en reste, comme l’art de la critique, car on publie aussi, à titre posthume, une édition regroupant les textes que Pierre L’Hérault, un grand critique et commentateur de la vie théâtrale d’ici, a signés au cours de sa carrière pour la revue Spirale: L’assemblée pensante. Chroniques théâtrales 1994-2007 est, selon l’éditeur, un événement rare. Dans le registre des sciences sociales, Nota bene s’est également intéressé à une inquiétante problématique: le vieillissement de la société québécoise. Que sont les baby-boomers devenus? Aspects sociaux d’une génération vieillissante, dirigé par Ignace Olazabal, expose les dernières données sur les aidants naturels et la «granparentalité», entre autres sujets vulgarisés à l’intention des lecteurs néophytes.

LA PASTÈQUE
Bulles créatives

Figure de proue du 9e art au Québec, La Pastèque publie cet automne une sélection de bandes dessinées haute en couleur. La saison commence en grand avec Miam miam fléau, de Marsi (acronyme de Marc Simard). Cet illustrateur issu du dessin animé ne restera pas longtemps inconnu des amateurs de 9e art car son premier album, qui met en scène une cour très particulière, celle de Taraboum 1er, roi des Gôls, montre un sens narratif hors du commun. Et dire que l’éditeur croyait que le manuscrit ne lui était pas destiné… Originaire de Jonquière, Pascal Girard (l’homme derrière l’illustration de couverture du librairede l’été 2008), s’est quant à lui inspiré du phénomène YouTube pour Jimmy et le Bigfoot, dans lequel un adolescent devenu une star malgré lui se frotte à la légendaire créature, qui a élu domicile dans les Monts-Valin, au Saguenay! Au cours des prochains mois, on renouera aussi avec la mythologie (grecque et japonaise) dans La maison du Faüne de Paul Bordeleau, — le premier tome avait été chaudement accueilli — et La célébration de Rui Tenreiro. Enfin, La Pastèque a acquis les droits français d’un phénomène de la BD néerlandaise, Erik de Graaf et ses Souvenirs perdus, et publiera Macanudo 2, du bédéiste brésilien vedette Liniers.

PLANÈTE REBELLE
Lire n’est pas péché

L’éditeur qui garde trace de l’oralité en littérature au Québec publie, comme à l’accoutumée, un bel éventail d’albums-CD de contes et de poèmes pour adultes (Baie Déception, Julie Hétu; Feu blanc, Éric Gauthier; L’inventaire des miracles, Christian Vézina) et enfants (La naissance de Petite-Petite Souris, Jacinthe Lavoie; Je t’aime comme toi, Jennifer Coüelle), mais innove surtout avec un projet réalisé avec la collaboration du Musée de la civilisation, 7 péchés. Quand le Musée parle au Diable!, un album souple comprenant un DVD montrant des conteurs en pleine action. Né d’une exposition de l’institution de Québec, le livre explore «la thématique des sept péchés capitaux dans le contexte culturel d’hier et d’aujourd’hui». Ainsi, sept conteurs se sont inspirés d’un objet appartenant au Musée pour évoquer l’avarice (Anne- Marie Olivier), la gourmandise (Renée Robitaille), la luxure (Michel Faubert) ou l’orgueil (Jocelyn Bérubé). Comptant quant à elle quelque 200 objets sortis de la collection permanente du Musée, l’exposition en lien avec le livre se tiendra du 14 octobre 2009 au 17 octobre 2010.

QUÉBEC AMÉRIQUE
Lire le monde

Outre l’événement que représente la 5e édition du Multidictionnaire de la langue française de Marie-Éva de Villers, l’éditeur situé à un jet de pierre du port de Montréal lance Le Dictionnaire Visuel Définitions. Bilingues français-anglais, Arts et Architecture, Alimentation et cuisine, Règne animal et Être humain approfondissent des sujets abordés dans les Visuels. De chouettes ouvrages de référence pour la famille. Côté romans, le librairea hâte de lire L’âme du fusil de l’auteure jeunesse Marie-Francine Hébert, qui s’adresse pour la première fois aux adultes, ainsi que Terres amères d’Alain Beaulieu qui, lui, s’immisce dans le domaine de la dramaturgie. La collection «Première impression» ouvre ses portes à Danielle Dumais avec La femme fragment, François Gravel signe Voyeurs, s’abstenir, Diane-Monique Daviau, Là (petite détresse géographique), et on connaîtra la conclusion de la vie exceptionnelle d’Irma Levasseur, première pédiatre canadienne-française, dans La soliste. Québec Amérique publiera aussi la trilogie de Pauline Gill sous coffret. À la fin octobre, on surveillera Zoe Whitthall et ses Coeurs Molotov. Considérée comme une des jeunes étoiles montantes de la littérature canadienne-anglaise, Whitthall signe une allégorie explosive sur les deux solitudes; vous pourrez lire une entrevue avec elle dans le libraire d’octobre-novembre. Force est de constater que les papas ont la cote: à l’instar des Éditions de l’Homme, QA publie un hommage aux pères, Des portes ouvertes sur l’espoir. Préfacé par André Melançon, le livre regroupe les témoignages de dix hommes, pères en difficulté. Les jeunes, eux, auront nombre de valeurs sûres à se mettre sous la dent. À commencer par le troisième «Capitaine Static», L’étrange Miss Flissy, d’Alain M. Bergeron et Sampar, qui ont remporté, pour la précédente aventure du héros contrôlant l’électricité statique, une distinction canadienne d’importance: le prix Hackmatack, remis au meilleur roman en français pour les jeunes. Après la pétillante Louna (Je suis Louna et je suis une artiste, … une étoile du cirque, … une athlète, etc.), Bertrand Gauthier s’adresse de nouveau aux 3 ans et plus, mais cette fois à travers un garçonnet à l’imagination intarissable. L’écriture est toujours aussi musicale, et le texte, un peu plus étoffé. Max Malo au grand galop est illustré par Pascale Constantin. De plus, QA poursuit ou termine la publication de quelques-unes de ses excellentes séries jeunesse: Julie et la messe du revenant de Martine Latulippe, Les soleils bleus de Centralie d’Alain Beaulieu (série «Jade et Jonas), et, enfin, un doublé de Dominique Demers, Macaroni en folie(série «Alexis») et Les trois voeux (série «La grande quête de Jacob Jobin»).

SEPTENTRION
Cap sur l’histoire, d’hier et d’aujourd’hui

Un automne riche en belles surprises pour l’éditeur de Québec! Ainsi, parmi près de vingt nouveautés prévues au calendrier, le libraire retient entre autres La télévision déclinée au JE, un essai sur la télévision actuelle par Jean-Paul Lafrance, le parcours passionnant d’un pionnier de la pédagogie, André Lefebvre, didacticien de l’histoire de Michel Allard et Félix Bouvier, de même que le premier tome d’une Histoire de jardins du Québec par Daniel Fortin, qui montre l’héritage des colons et des explorateurs de la Nouvelle-France. Signalons de plus Chronologie de la musique de Marie-Thérèse Lefebvre et Jean-Pierre Pinson, «un outil dont le rôle est de mettre en place sur l’axe du temps un canevas qui forme comme le soubassement d’une histoire générale de la musique au Québec». Du jamais vu. Autrement, on annonce la sortie d’une étude extrêmement intéressante sur la pratique quotidienne de l’écriture chez nos ancêtres, Lettres de femmes au XIXe siècle, par Georges Aubin et Renée Blanchet, et un livre ancré dans l’actualité, Quand le vent faisait tourner les moulins. Trois siècles de meunerie banale et marchande au Québec de Gilles Deschênes, un portrait du rôle joué par le vent dans notre passé à l’heure où les éoliennes alimentent les débats. Par ailleurs, Septentrion relance deux livres majeurs: le premier volume du Journal Boréal Express, un des grands succès de l’édition québécoise par les historiens Jacques Lacoursière et Denis Vaugeois, de même que Québec ville cible (1629-1775), de Gérard Filteau, Hélène Quimper et le même Denis Vaugeois, une édition revue et augmentée de Par la bouche de mes canons. La ville de Québec face à l’ennemi. Consacré à l’histoire militaire de la Vieille Capitale, cet ouvrage est bien sûr remis en marché à l’occasion du 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham.

SOULIÈRES ÉDITEUR
Lire, c’est du bonbon

L’écrivain et éditeur Robert Soulières gâte ses lecteurs avec une douzaine de livres. Le libraire croit d’ailleurs fermement au succès de deux recueils de poésie pour les lecteurs à partir de 8 ans. En premier lieu, Poèmes des villes/Poèmes des champs d’Édith Bourget, illustré par Geneviève Côté, se veut «une incursion dans l’espace de l’enfance heureuse» emplie de «sentiments qui se croisent et se rencontrent dans l’amitié et la fête». Native du Nouveau-Brunswick, l’auteure a vu ses deux premiers livres mis en lice pour des récompenses canadiennes de premier plan en littérature jeunesse. Jamais deux sans trois? En second lieu, Rêver à l’envers du libraire Guy Marchamps, dont vous lisez régulièrement les commentaires de lecture dans le présent magazine, qui propose un troisième opus à la musicalité tout à fait maîtrisée. L’éditeur présente le recueil comme «une mosaïque de poèmes légers, divertissants et empreints d’amour pour les petits plaisirs de la langue et de la vie». Marie-Andrée Boucher, elle, signe Les bonbons venus du ciel. Inspirée par les souvenirs de gens qu’elle a connus, celle qui a près d’une cinquantaine de romans à son actif raconte le ravitaillement quotidien dont firent l’objet des milliers d’enfants et d’adultes de Berlin-Ouest pendant une dizaine de mois après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Une page d’histoire triste mais essentielle à connaître où «percent tout de même quelques rayons de soleil réjouissants». Pour les adolescents, l’éditeur de Saint- Lambert a aussi préparé quatre oeuvres plus exigeantes, soit La lettre f de Jean-François Somain, Le cirque Copernicus de Geneviève Lemieux, deux romans d’anticipation écrits par des auteurs à la feuille de route bien garnie, R.I.P. de Jacques Lazure, des nouvelles d’horreur, et Le dernier été, une histoire aux frontières du fantastique qui traite du deuil par Alain-Ulysse Tremblay.

STANKÉ
Une histoire de survie

Best-seller aux Pays-Bas, La fille aux neuf perruques raconte le combat de Sophie Van der Stap qui, à peine entrée dans l’âge adulte, souffre d’un cancer. Pendant des mois, elle se soumet à des traitements de chimiothérapie qui lui font perdre ses cheveux mais pas son appétit de vivre, son envie d’aimer et d’être aimée en retour. Pour oublier sa tête chauve et regagner sa féminité, Sophie s’achète neuf postiches qui lui permettent de se créer autant de personnalités. Elle entre un jour dans la peau de Stella, l’autre, elle incarne Daisy, puis Sue, Lydia ou Blondie. Un vrai pied de nez à la maladie. Nul besoin d’être devin pour comprendre le succès de ce journal intime: Sophie Van der Stap, jeune, belle, pétillante et courageuse, sert de modèle aux jeunes filles, d’ici comme d’ailleurs. Surveillez son passage au Québec au cours des prochaines semaines.

TRÉCARRÉ et TRÉCARRÉ JEUNESSE
Comme un souper «Meurtre et mystère»

Stefano Faita a écoulé 30 000 exemplaires d’Entre cuisine et quincaillerie (Trécarré, 2007). En octobre, le cuisinier-vedette de la Petite-Italie, à Montréal, papa depuis peu, dévoile chez le même éditeur quelques secrets supplémentaires dans Entre cuisine et bambini, axé sur les plaisirs de la table et de la famille. Le bel ouvrage récoltera la faveur des parents car Faita se fait encore généreux, livrant notamment ses meilleurs plats de tous les jours adaptés aux papilles souvent capricieuses des tout-petits, ses trucs pour transformer un lunch en boîte à surprises et des idées-repas faciles pour la gardienne. Au Trécarré Jeunesse, on lance fin septembre les premier et deuxième tomes du «Cratère», une série de huit romans pour les 10-15 ans entremêlant science-fiction, paranormal et humour irrévérencieux. Le cristal qui pousse et Les photos impossibles de Steve Proulx, auteur, chroniqueur dans les médias écrits et blogueur, met en scène Lili Piccione, journaliste, et Simon Pritt, photographe, qui doivent enquêter sur une suite de phénomènes bizarres. Or, tout le monde sait bien que le hasard n’existe pas…

TRIPTYQUE
Au bonheur d’écrire, de lire

Plus de quinze nouveautés (poésie, roman, nouvelles, essai) paraîtront sous les couleurs de Triptyque au cours du trimestre. Lauréat du Prix international Saint-Denys-Garneau, Michaël Lachance signe des poèmes, [mytism] Terre ne se meurt pas, François Nault et Martin Cloutier proposent l’étude Georges Bataille interdisciplinaire. Autour de la somme athéologique, et Diane-Ischa Ross signe un livre sur son rapport avec l’écrit, Noir blanc nabis. Du côté des fictions, Patrick Boulanger publie son second roman, Selon Mathieu, Jean-Marc Beausoleil, des nouvelles mordantes intitulées Le souffle du dragon, et Diane Vincent redonne vie au duo d’enquêteurs Marchand-Bastianello dans Peaux de chagrins. Triptyque accueille deux plumes inconnues: Marie-Noëlle Gagnon avec L’hiver retrouvé, «cousin de la fable ou du conte», et François Leblanc avec Quinze secondes de célébrité, «roman policier sans meurtres et sans pièces à conviction».

VENTS D’OUEST
Loin devant soi

La maison d’édition située à Hull publie des romans jeunesse dans trois collections et des fictions aux genres variés pour les adultes. Cet automne, retenons quelques titres, dont celui du prolifique Michel Lavoie, qui n’a jamais hésité à parler de sujets chauds aux jeunes. Son dernier livre, L’amour bleu, traite de la violence dans les écoles. On lui doit la trilogie d’«Anca». Présidente de l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse, Sonia K. Laflamme a imaginé pour les 6 ans et plus La poupée de Florence, un roman sur l’amitié, et Ann Lamontagne s’adresse aux ados avec le quatrième tome de sa «Chronique des enfants de la nébuleuse», La traversée des ténèbres. Les adultes, qui plus est amateurs de musique québécoise, seront heureux de retrouver Claude Vallières, de La bande magnétik, avec son second recueil de nouvelles, J’attendais que tu oses un geste.

VLB ÉDITEUR
L’échappée belle

Chez VLB Éditeur, sagas romanesques et histoire du Québec font bon ménage. Cet automne, deux romans grand public: la conclusion attendue de la trilogie «Lili Klondike» par Mylène Gilbert-Dumas (un coffret réunissant les trois tomes sera aussi vendu dès octobre) et Ce sera formidable! de Mario Bergeron. Cette chronique familiale pleine d’humour campée entre 1874 et 1899 à Trois-Rivières tombe à point puisque la ville fête son 375e nniversaire. En outre, l’éditeur promet la sortie d’un livre annoncé l’an dernier, Histoire politique du comique au Québec de Robert Aird. Simultanément paraîtront Histoire de la caricature au Québec de Mira Falardeau, figure bien connue du milieu culturel, spécialiste de la représentation visuelle de l’humour et auteure de La bande dessinée au Québec (Boréal) et d’Une histoire du cinéma d’animation au Québec (Typo). Coup fumant: VLB Éditeur publiera la biographie qui sera probablement la plus courue au cours des prochaines semaines: Beau Dommage. Tellement on s’aimait. Robert Thérien a obtenu l’autorisation des membres du groupe mythique, qui fête ses 35 ans, pour retracer son histoire et mettre en contexte son apport majeur sur les plans musical, culturel et politique de l’époque. L’ouvrage de quelque 300 pages est enrichi de plusieurs photos dont certaines inédites. De plus, à la faveur du centième anniversaire de l’interprète de Ti-Coq et Fridolin paraît en format poche sa biographie publiée il y a une douzaine d’années, Gratien Gélinas. La ferveur et le doute d’Anne-Marie Sicotte, auteure de la série «Les accoucheuses» et petite-fille de Gélinas. Cette dernière rend également hommage au père du théâtre québécois et canadien dans Gratien Gélinas en images. Un p’tit comique à la stature de géant, un bel album regroupant des documents visuels hautement significatifs (correspondances, croquis, photos, etc.) illustrant une vie consacrée aux arts de la scène.

XYZ ÉDITEUR
Voyage au bout du monde

L’automne d’XYZ Éditeur s’amorce avec la conclusion de la trilogie de «L’île des Pas perdus» de Bertrand Gervais, La mort de J. R. Berger, un conte philosophique contemporain, ainsi qu’avec un roman d’amour sous-tendu par un «réseau complexe de correspondances et de jeux de miroir», Les fiancées du 29 février de Jean Perron. Finaliste au prix Anne-Hébert pour Ultimes battements d’eau (XYZ éditeur, 2005), Martyne Rondeau signe Game over, ou comment un frère et une soeur s’autodétruisent, et Hélène Rioux, quant à elle quatre fois finaliste aux Prix littéraire du Gouverneur général du Canada, revient avec Âmes en peine au paradis perdu, la suite de Mercredi soir au Bout du monde, prix France-Québec 2008. Il s’agit du roman d’une artiste au sommet de son art que vous pourrez d’ailleurs découvrir en entrevue dans le libraire d’octobre prochain. Le même mois, sortie réjouissante que celle de Mais que lit Stephen Harper? de Yann Martel, silencieux, du moins sur le plan de l’écriture de fictions, depuis le succès international d’Histoire de Pi. L’ouvrage relate l’expérience de l’auteur, qui envoie un livre au premier ministre du Canada toutes les quinzaines. Après l’avoir annoncé la saison dernière, XYZ Éditeur publie finalement Place d’Armes du Canadien Scott Symons. Édité pour la première fois en 1967, jamais traduit dans la langue de Molière, ce «journal d’un roman à venir» a pourtant été sélectionné parmi les 100 meilleurs romans canadiens du XXe siècle. À lire. En conclusion, Jean Désy signe de nouveaux poèmes, Toundra, lui dont l’oeuvre puise sa source dans son travail de médecin dans le Grand Nord, et Pierre Gariépy fait revivre l’univers et les héros étranges de Lomer Odyssée, sorti début 2008, dans Bianca en sainte. La belle hante désormais le port, grosse du fils de son amour trépassé. La peste sévit, la mort rôde. Un univers vraiment particulier et une prose étonnante: à surveiller.

Bonne lecture!
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