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Les libraires - Numéro 105
Dans la poche - numéro 105

Dans la poche - numéro 105

Par Alexandra Mignault et Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 05/02/2018

À chaque édition de la revue Les libraires, nous vous proposons une sélection de livres qui se glissent facilement dans votre poche. Petit prix et petit format, certes, mais de grandes découvertes et de belles plumes!

Hipsters
Norman Mailer (trad. Bruno Blum), Le Castor Astral, 160 p., 19,95$
Cet essai, devenu partie intégrante du mouvement littéraire de la Beat Generation, est signé par un essayiste qui a reçu deux fois le Pulitzer ainsi que le National Book Award, et qui, toute sa vie durant, a été autant fasciné que dégoûté par l’« american way of life ».Tiré du livre The White Negro : Superficial Reflections on the Hipster, paru en 1957 aux États-Unis (soit quelques semaines avant Sur la route, de Jack Kerouac), Hipsters en est un extrait choisi, traduit en français pour la première fois. Il dresse ainsi le portrait sociologique des rebelles d’une génération, de ceux qui s’approprient les codes culturels (le jazz, la contre-culture, etc.) ainsi que les réflexions existentialistes de la condition noire, dans un refus du conformisme instauré à la suite de la Seconde Guerre mondiale. « Le hipster, y lit-on, est un enfant terrible mis sens dessus dessous. »

 

L’Indien malcommode
Thomas King (trad. Daniel Poliquin), Boréal, 302 p., 15,95$
C’est parce qu’il est drôle, que sa réflexion est à la fois personnelle et intelligente et qu’il possède un don de conteur que ses essais sont reconnus partout au Canada. En effet, si Thomas King s’attaque à des sujets aussi grands que complexes, il le fait toujours avec ce regard lucide et actuel, critique et personnel. Dans L’Indien malcommode, il défend l’idée que l’Indien d’aujourd’hui est bien différent de celui des légendes et il revisite plusieurs mythes – dont certains pris pour vérités – et replace bien des choses dans leur contexte. King y analyse notamment les liens qu’entretiennent les Blancs avec les Autochtones d’Amérique du Nord. Ce « portrait inattendu », cette version de l’histoire canadienne, mérite certes d’être lu. Notez que Daniel Poliquin a reçu le Prix du Gouverneur général pour la traduction de cet essai.

 

Le fils
Jo Nesbø (trad. Hélène Hervieu), Folio, 624 p., 16,95$
En prison pour des crimes qu’il n’a pas commis, Sonny, héroïnomane, se sent responsable du suicide de son père. Il purge sa peine sans faire d’éclat, en prisonnier modèle, étant même le confident des autres détenus. Un jour, un nouveau détenu lui révèle que son père, un policier corrompu, ne s’est pas suicidé comme il le croyait. Il s’évade alors de prison afin de traquer les coupables de la mort de son père et se venger. Le libraire Christian Vachon, de la librairie Pantoute, a craqué pour ce thriller, « un récit obnubilant, truffé de surprises, de la première à la dernière ligne » : « Nesbø manie la plume en champion d’escrime, marquant à chaque coup, alliant la dextérité d’un Michael Connelly à la profondeur et l’intelligence d’un Henning Mankell, le meilleur de deux mondes. »

 

Le mystère Henri Pick
David Foenkinos, Folio, 336 p., 14,95$
En Bretagne, dans une bibliothèque qui recèle de livres refusés par les éditeurs, une jeune éditrice découvre une perle, voire un chef-d’œuvre, un ouvrage écrit par un inconnu, Henri Pick. En cherchant cet homme, elle apprend qu’il est mort et que rien ne laissait croire dans sa vie qu’il ait pu être un auteur… Le mystère autour de ce manuscrit contribuera au succès du livre. Un journaliste, doutant de l’histoire particulière de ce manuscrit, enquêtera. L’auteur de La délicatesse et de Charlotte nous charme encore une fois avec son univers romanesque original et signe un roman drôle et brillant sur le milieu du livre et le pouvoir de la littérature.

 

Les égarés
Lori Lansens (trad. Paul Gagné et Lori Saint-Martin), Alto, 496 p., 18,95$
« Cinq jours, quatre randonneurs, trois survivants… » : voilà les prémices intrigantes du roman Les égarés. Wolf raconte à son fils son aventure en montagne le jour de son dix-huitième anniversaire. Une fois le sommet atteint, il prévoyait se lancer dans le vide, mais sa rencontre avec trois femmes changera son destin et lui sauvera la vie. Ces quatre randonneurs se perdront dans les bois et devront affronter la peur, la faim, le froid et les bêtes sauvages. Tout en tentant de survivre, ces personnages se dévoilent sous leur vraie nature et on découvre notamment la vie éprouvante de Wolf. Personne ne ressortira indemne de cette excursion de survie. Ce roman inoubliable et émouvant dépeint l’humanité des êtres avec finesse.

 

Les vies de papier 
Rabih Alameddine (trad. Nicolas Richard), 10-18, 360 p., 14,95$
Une femme excentrique aux cheveux bleus, une passionnée de littérature – Aaliya Saleh, âgée de 72 ans – qui n’a jamais accepté d’être confinée dans un rôle imposé par la société libanaise. Seule avec ses œuvres préférées, entre autres celles de Kafka, de Pessoa et de Nabokov, auteurs dont elle fait la traduction pour le plaisir, elle se remémore sa librairie, ses lectures, son amie Hannah, l’imprévisible et complexe ville de Beyrouth. Ce vibrant hommage à la littérature a remporté le prix Femina étranger, en plus d’être finaliste au National Book Award et au National Book Critics Circle Award. Des honneurs mérités!

 

L’étreinte des vents
Hélène Dorion, Druide, 14,95$
Avec L’étreinte des vents, une œuvre lauréate du Prix de la revue Études françaises, la poète, essayiste et auteure Hélène Dorion poursuit sa quête de sens, sondant l’âme humaine et l’essence des êtres. Comme dans Recommencements, elle écrit sur une île, méditant sur ce qui lie les êtres, sur ce qui les fait tanguer : « Nous sommes des êtres de liens. Plus que tout, nous tendons vers ce qui nous relie – à nous-mêmes, à l’autre, au monde et à ce qui nous transcende. Nous avons besoin de nous sentir ainsi liés, et ce sentiment précède celui d’être unis, de participer à cette formidable et vertigineuse aventure qu’est la vie. » Un récit poétique, intime, profond et, surtout, empreint d’une grande beauté.

 

Pukhtu : Primo
DOA, Folio, 798 p., 17,95$
DOA est un auteur émérite, talentueux et énigmatique. Sous ce pseudonyme – choisi pour « Dead on Arrival », le romancier, qui est également scénariste, se tient loin des feux médiatiques. Pukhtu (Prix mystère de la critique et Prix du polar Libr’à nous), c’est un gros bouquin, qualifié de « chef-d’œuvre » à La grande librairie,de « roman qu’on ne peut lâcher » par L’Obs. L’histoire, foisonnant de personnages, d’intrigues et de lieux, se déroule principalement dans les montagnes pakistanaises et afghanes, en 2008, soit dans le contexte post-11-Septembre. On y croise combattants, trafiquants, terroristes; plus précisément un père de famille, un ancien militaire maintenant sous la CIA et des journalistes. Un petit cours de géopolitique en accéléré, avec, en prime, un bonheur de lecture assuré.

 
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