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Les libraires - Numéro 115
Comment être un lecteur écoresponsable?

Comment être un lecteur écoresponsable?

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 21/10/2019

Lire n’est pas une activité sans conséquence. Effectivement, la production d’un livre et son transport jusqu’à son propriétaire génèrent plusieurs kilogrammes de CO2. Voilà donc une bonne raison d’interroger nos habitudes de consommation. En plus de visiter vos bibliothèques, d’utiliser les « croque-livres », de transformer un objet mince et plat en signet, voici cinq autres suggestions pour faire de vous un lecteur plus « vert ».

1. Choisir des ouvrages imprimés avec du papier recyclé
La coupe des forêts est dévastatrice pour la santé de la planète, nous le savons tous. Ainsi, afin de préserver ces végétaux, mieux vaut choisir des livres dont le processus de fabrication a protégé une quantité non négligeable d’arbres, d’eau et d’énergie. Ouvrez l’œil : les ouvrages qui sont imprimés sur du papier recyclé en font souvent fièrement mention (c’est le cas des éditions Alto, Héliotrope, Mémoire d’encrier et Annika Parance, notamment), quelques-uns allant même jusqu’à préciser le nombre exact d’arbres sauvés grâce à une utilisation postconsommation du papier.

2. Choisir des ouvrages imprimés avec du papier provenant d’arbres issus de forêts contrôlées
La meilleure option après celle du papier recyclé est celle-ci. L’apposition du logo FSC (en début ou en fin de livre) est une étiquette qui assure que le produit est fabriqué à 100% de fibres vierges provenant de forêts dont la gestion est écoresponsable. Il s’agit d’un système de certification qui protège les écosystèmes forestiers tout autant que les espèces fauniques rares ou menacées qui l’habitent. Le tout est géré par un organisme mondial à but non lucratif, qui travaille de pair avec de grands groupes environnementaux du monde tels WWF, Greenpeace et L’Association nationale de foresterie autochtone. Un bon coup à souligner? En plus de choisir ce papier, les éditions Édiligne, comme plusieurs autres éditeurs, gèrent les pertes liées aux découpes de leurs ouvrages : « Nous choisissons des formats avec le moins de perte possible et, s’il y en a, nous nous assurons qu’elle sera totalement réutilisée : en signets, en cartes professionnelles, en cahiers de dessins, etc. », nous explique Annie-Claude Larocque, présidente de cette maison.

3. Choisir des livres imprimés au Québec
Imprimer un livre de qualité, avec une couverture rigide, des images et en couleurs, coûte cher. C’est pourquoi il faut absolument saluer les éditeurs, principalement jeunesse et de beaux livres, qui choisissent d’imprimer localement (plutôt qu’en Asie, par exemple, et ce, malgré les coûts qui sont de près de 30% plus élevés ici) et qui limitent ainsi les émissions de gaz à effet de serre liés au transport. Fonfon, L’Isatis, Septentrion et De l’Homme sont notamment des entreprises qui font ce choix. Chez Septentrion, on nous mentionne d’ailleurs qu’il est pour eux « important d’imprimer les livres chez un imprimeur québécois par souci d’écologie, mais aussi par désir d’encourager les entreprises d’ici ».

4. Choisir votre format de livre en fonction du type de lecteur que vous êtes
Le débat a longtemps duré, mais des études ont finalement tranché. Si l’on se fie au « détecteur de rumeur » de l’Agence Science-Presse qui s’est penché sur la question, se basant notamment sur une étude provenant d’une équipe de l’Université du Québec à Chicoutimi, un livre de poche fabriqué au Canada génère 2,71 kg de CO2 alors que la liseuse d’Amazon en produirait 170, d’après Cleantech, une firme américaine de consultants. Ces deux études prennent en compte tout le cycle de vie de l’objet étudié, de sa fabrication à sa fin de vie utile au dépotoir ou au bac de recyclage. Mais attention, le calcul n’est pas si simple : il faut prendre en considération le nombre d’utilisations. Pour rejoindre l’empreinte carbone d’un livre, il faut lire entre 45 et 65 livres neufs : « Autrement dit, pour que la liseuse démontre un bilan similaire à celui des livres en papier, il faudrait que son propriétaire achète au minimum un livre par mois pendant quatre ans », confirme l’Agence Science-Presse. Ainsi, entre le numérique et le papier, le gagnant sera élu en fonction de votre appétit littéraire et de sa constance!

5. Apporter son sac réutilisable en librairie (et y aller à pied)
En 2019, cette pratique va de soi et ne nécessite plus d’explication! Et si, en plus, vous vous rendez à pied ou à vélo à votre librairie de quartier, vous marquez des points côté déplacement écoresponsable!

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