Articles

Littérature québécoise

Les libraires - Numéro 108
Zoom sur des premiers romans

Zoom sur des premiers romans

Par Alexandra Mignault et Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 31/08/2018

Asymétrie
Lisa Halliday (Gallimard)
Lisa Halliday fait le pont entre les relations humaines et l’écriture romanesque dans Asymétrie, un roman ambitieux dont la structure complexe explore la mémoire, la puissance des hommes envers leurs semblables ainsi que les clés de la créativité. La jeune Alice – le personnage dont le nom n’est pas choisi au hasard vu les nombreuses références à l’héroïne de Lewis Carroll – travaille dans le milieu de l’édition et entame une relation avec un célèbre écrivain de 70 ans. Dans la seconde partie du roman, qui vient volontairement brouiller les pistes, Halliday donne la parole à Amar, un Irakien demeurant aux États-Unis, alors retenu à l’aéroport de Londres. Bien entendu, les deux histoires n’en feront à la fin qu’une seule… et surprenante.

 

Birdie
Tracey Lindberg (Boréal)
Nouvelle voix de la littérature canadienne, Tracey Lindberg, professeure de droit d’origine crie, laisse sa marque avec ce roman qui retrace avec force et bienveillance l’histoire d’une femme crie, qui subit une transe de renaissance, reliant malgré elle les souvenirs, la réalité et les rêves. Avec un soupçon de mythologie et de poésie crie, ce roman est une incursion intime dans les communautés amérindiennes – leurs beautés comme leurs difficultés –, qui place surtout de l’avant la force des femmes qui se tiennent maintenant debout.

 

Maman est partie chercher du lait
Maude Goyer (L’Homme)
Dans son premier roman, Maude Goyer, la journaliste, chroniqueuse et auteure du blogue Maman 24/7, aborde la maternité, la conciliation travail-famille, les déchirements et la fatigue qu’elle entraîne. Isabelle est une mère à l’écoute et dévouée, mais surtout, débordée et dépassée. Un jour, elle n’en peut plus. Elle part, prend la route sans savoir où elle va. Cette fuite sera le moment de comprendre comment l’équilibre s’est rompu, comment la famille est devenue trop pour elle.

 

Une affection rare
Catherine Lemieux (Triptyque)
Anna et Sarah, deux adolescentes, se rencontrent et se lient d’amitié. Ensemble, elles vivront l’intensité de l’adolescence, les apprentissages, les découvertes propres à cet âge. Cette relation deviendra fusionnelle, une amitié amoureuse, voire une dépendance. Un premier roman puissant qui se situe « entre le symbolisme magique d’un Boris Vian et la langueur émotive d’une Marguerite Duras », révèle son éditeur. Oui, ça promet.

 

Océans
James Hyndman (XYZ)
Le comédien se lance dans l’écriture avec un premier roman étonnant. En douze soliloques, il s’intéresse à la portée des mots, à ce torrent de mots qu’on déverse, qu’on se dit parfois à soi-même, qu’on récite parfois à quelqu’un. Ces mots qui révèlent beaucoup de nos désirs, nos craintes, nos déceptions et nos espoirs. La lecture de ce roman, justement très théâtral de par sa forme, ouvrira le prochain Festival international de la littérature à Montréal.

 

Jelly Bean
Virginie Francoeur (Druide)
Après avoir publié de la poésie et un essai, l’auteure propose un premier roman d’une grande puissance, au souffle implacable et à la langue crue. Ophélie voit sa vie bouleversée par sa rencontre avec Sandra, une danseuse nue qui l’entraînera dans son sillage. Elles se lieront également à Djamila, qui semble avoir une vie de rêve en sortant avec des hommes fortunés. Ensemble, elles vivront intensément, plongeront dans la démesure, perdront leurs repères et leur innocence.

 

La jeune fille du rang
Anne-Marie Desbiens (Guy Saint-Jean Éditeur)
En 1948 à Saint-Ignace, la jeune Françoise, élevée dans un rang sur une ferme, aspire à mieux et aimerait étudier, mais ses parents envisagent un autre avenir pour elle, lui coupant les ailes. Mais cette jeune femme fougueuse et déterminée, éprise de liberté, n’a pas dit son dernier mot et s’efforce de tracer son propre chemin. Ce premier roman maîtrisé dresse un captivant portrait d’époque.

 

Plomb
Félix Villeneuve (Stanké)
Carl voue un culte à une vedette; il idéalise cette actrice, Myriam, sans la connaître. Malgré qu’il soit en couple et qu’il prenne ses fantasmes pour la réalité, il entreprend de la séduire à tout prix en lui écrivant des lettres pour lui révéler son admiration. Amèrement déçu lorsqu’il ne reçoit qu’une courte réponse formatée, il essaie de l’oublier, mais sans succès. Jusqu’où ira son obsession?

 
Partager cet article
Commenter sur facebook
  1. Accueil
  2. Articles
  3. Littérature québécoise
  4. Zoom sur des premiers romans