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Le techno-libraire

Le techno-libraire

Par Dominique Lemieux, Les libraires, publié le 15/06/2011
Ces dernières semaines, une libraire m’aura guidé dans les ténèbres de Sukkwan Island (David Vann, Gallmeister), un autre vers le premier volet de la série de Jacques Côté (Dans le quartier des agités, Alire). Un libraire sait convaincre. Parfois, il cafouille un peu ou s’emberlificote. Toujours, il s’exprime avec une sincérité désarmante mordante et un enthousiasme palpable. C’est un don, diront certains. Une vocation, leur rétorquerai-je. Être libraire est un métier; un métier sans frontières, qui plus est.
Car, oui, les frontières s’étiolent. En cette ère de changement, le libraire doit ouvrir la porte de son commerce au monde extérieur, multiplier ses vitrines. Le métier évolue, tout comme le livre, qui revêt dorénavant un visage numérique. Finie l’époque où le libraire se terrait dans son commerce, entre trois boîtes de livres. Certes, aujourd’hui encore, on le retrouve d’abord et avant tout entre les rayons de sa librairie. Cependant, le nouveau libraire pianote sur son clavier, tweete, conseille virtuellement, informe sa clientèle par courriel, rigole à distance avec ses pairs.

Ces jours derniers, j’ai côtoyé Sukkwan Island grâce aux conseils glanés sur le blog de la librairie Vaugeois (LibrairieVaugeois.blogspot.com), un lieu vivant et attrayant mené par Marie-Hélène Vaugeois et ses comparses. Quant à Jacques Côté, c’est l’exhortation de Christian Vachon, pigée sur le tout aussi intéressant site de la librairie Pantoute (LibrairiePantoute.com), qui m’aura persuadé. Comme quoi, même sur le Web, les libraires indépendants savent titiller nos esprits.

Rencontre d’un deuxième type
Des lieux de rencontre de ce type sont nombreux sur la Toile. Des libraires pilotent des sites de vente, des blogs, des pages Facebook. Partout, ils mettent à profit leur expertise. Je vous invite d’ailleurs à partir à l’aventure : plutôt que d’aller surfer du côté des chaînes ou des géants américains, aventurez-vous dans les coulisses de la librairie de votre coin. Visitez-la sur la Toile. Achetez par son intermédiaire ou par le biais de projets collectifs auxquels elle est liée (LivresQuebecois.com, par exemple).

Bientôt, il y aura cette RueDesLibraires.com où vous pourrez butiner à la recherche des coups de cœur de vos libraires... et où vous pourrez effectuer vos achats de livres papier ou numériques.

Redéfinir un métier
Je persiste à croire que, plus que jamais avec le numérique, le libraire aura à jouer un rôle de médiateur auprès des lecteurs. Beaucoup apprécieront l’aide de leur libraire pour les orienter dans la masse exponentielle de livres publiés.

Sur la Toile, les libraires indépendants trouveront un prolongement naturel à leur vocation initiale. Peu importe le format de l’ouvrage, le métier du libraire reste le même : lire, parler des livres, découvrir le nouveau Nicolas Dickner ou la prochaine Perrine Leblanc, conseiller.

Pour s’adapter - car il faudra le faire -, il faudra seulement que les animations deviennent virtuelles, que les conseils se transmettent en ligne, que les échanges avec la communauté se transfèrent en partie sur la Toile.

Nous, les Librairies indépendantes du Québec, on fait le pari, notamment grâce à RueDesLibraires.com, qu’il y a de la place pour un site Web transactionnel qui donne la voix aux vrais libraires et qui devienne une continuité des librairies traditionnelles, ces lieux incontournables pour la promotion du livre.

Parce qu’au final, tout ce qu’on veut, c’est s’asseoir dans le confort de notre salon avec un bon livre entre les mains. Tout ce qu’on veut, c’est lire ce troublant Sukkwan Island ou ce fascinant Jacques Côté.
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