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Élizabeth Filion : La femme de la fontaine

Élizabeth Filion : La femme de la fontaine

Par Hélène Simard, Les libraires, publié le 17/09/2004
Après La Femme de la fontaine, Élizabeth Filion poursuit sa saga avec Le Fils de la légende, qui nous entraîne aux quatre coins du monde et où le lecteur assiste aux grands faits de l’histoire ayant marqué les années 1940 à 1989.
Aux dires de l’auteure, sans être, à proprement parler, la suite du premier volet, ce second titre : « La Femme de la fontaine et Le Fils de la légende sont un seul roman, mais aussi deux entités distinctes. Ils peuvent donc être lus (…) indépendamment l’un de l’autre. La Femme de la fontaine finit au moment où [surviennent] les terribles bouleversements de la Deuxième Guerre mondiale, et Le Fils de la légende reprend à cet instant précis, refermant doucement chacune des parenthèses. » Dans ce deuxième roman, les lecteurs trouveront réponse à certaines questions soulevées dans la première partie de l’histoire. Notamment la relation entre Robert et Katia, qui semblait titiller la curiosité de certains lecteurs, trouvera finalement son dénouement. Élizabeth Filion compare la structure du Fils de la légende à un losange : « [en] étant un perpétuel chassé-croisé, l’histoire prend de plus en plus de sens au fur et à mesure qu’elle avance. »

Derrière chacun de ses romans, Filion dissimule une quête : « Dans mon cas, le questionnement portait sur les grandeurs et les bassesses de l’âme humaine [et] prenait source dans mon désir de comprendre le monde dans lequel je vivais. » Depuis le moment où ce récit s’est imposé à elle, à 17 ans, l’histoire s’est raffinée : « Pour mettre en lumière l’âme humaine, il faut des événements-chocs, et ma culture et mes intérêts de l’époque n’allaient pas beaucoup plus loin que la Deuxième Guerre. J’avais trois familles à mettre en scène pendant quatre générations, le nœud étant le dernier conflit mondial. J’ai donc dû apprendre ce qu’il y avait eu avant et ce qui s’était passé après. » C’est donc en traçant le destin de chacune de ces familles que Filion a redécouvert l’histoire de l’humanité : « Avec une famille russe, j’ai découvert la révolution, la guerre civile, Staline, la dissidence, la course à la bombe atomique, la conquête de l’espace et l’effondrement du Bloc de l’Est. Puis, j’ai changé de lunettes. C’était l’Allemagne. La Première Guerre, l’humiliation, la République de Weimar, Rosa Luxembourg, Hitler… Et ainsi de suite pour chacune des familles et chacune des générations. » L’auteure a consulté une quantité phénoménale de documents pour alimenter son livre, un travail caractérisé par une certaine démesure : « Cinq cents pages pour écrire trois paragraphes », résume-t-elle. Malgré toutes ces lectures, les événements historiques s’imbriquent discrètement dans le texte. Et bien que Le Fils de la légende retrace les événements ayant ponctué l’actualité, Élizabeth Filion n’a pas pour autant négligé les coutumes et les milieux de vie, auxquels elle apporte une attention toute particulière.
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