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Littérature jeunesse

Les libraires - Numéro 108
Votre rentrée littéraire 2018 : Littérature jeunesse

Votre rentrée littéraire 2018 : Littérature jeunesse

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 31/08/2018

À surveiller

La fontaine d’Ambre
Camille Bouchard (Soulières éditeur)
Camille Bouchard ne fera pas l’unanimité avec le thème de ce roman, un Lolita moderne dont les rôles sont inversés. Il le dit lui-même : il « souhaitai[t] écrire un beau roman sur un sujet qui ne l’est pas ». Ainsi, il prouve une fois de plus qu’il maîtrise parfaitement l’art du récit ainsi que celui de l’évocation des sentiments puissants et complexes de ses personnages. Ici, Clovis a 16 ans. Ambre, sa professeure d’histoire, en a 30. C’est plus fort qu’eux : ils sont attirés l’un vers l’autre et leur amour s’érige telle une cathédrale aux yeux de tous. Mais les cathédrales, elles brûlent aussi parfois… Dès 15 ans

 

Bonjour Girl
Isabelle Laflèche (Hurtubise)
Si on a découvert Isabelle Laflèche avec sa série pour adultes amorcée avec J’adore New York, on se réjouira de la retrouver pour la jeunesse avec Bonjour Girl (t. 1) : Mode à Manhattan, où on parle de voyage (Clémentine part étudier la mode à New York!), de cyberintimidation (elle reçoit des critiques en lien avec le populaire blogue qu’elle met en ligne), de diversité corporelle et d’amour (un certain photographe de mode est tombé dans l’œil de Clémentine et lui fait découvrir Manhattan). Dès 15 ans

 

Le journal d’Aurélie Laflamme (t. 9) : Voler de ses propres ailes
India Desjardins (L’Homme)
Eh oui, elle est de retour! Deux millions d’exemplaires vendus plus tard, on retrouve notre héroïne, rendue à 22 ans, qui cherche pourtant toujours sa place dans l’univers. On replonge avec Aurélie et ses questionnements alors que, comme le titre l’indique, elle tente de voler de ses propres ailes. Ses études universitaires derrière elle, elle entame une carrière de journaliste et emménage dans son tout premier appartement. Oui, ça fait chaud au cœur de la retrouver! Dès 14 ans

 

Coup de théâtre
Yvon Brochu (FouLire)
Il y a deux choses qui occupent la distraite Anaïs à la situation familiale peu commune : le baiser qu’elle doit donner, en tant que comédienne, à Marc-Antoine et les 350$ qu’elle doit amasser pour compléter la somme qui lui permettra de participer au voyage organisé de son école pour New York. Avec l’écriture toujours aussi directe, franche et humoristique d’Yvon Brochu, les jeunes sont assurés d’être surpris et pris par l’aventure décrite dans ce roman! Dès 12 ans

 
 

Cher monsieur Donald Trump
Sophie Siers et Anne Villeneuve (Les 400 coups)
Un garçon écrit au président Trump pour l’entretenir de son plan d’ériger un mur : c’est que lui aussi souhaiterait voir une telle division apparaître au centre de la chambre qu’il partage avec son frère. Au fil de l’album dessiné avec le soin et la vivacité des illustrations d’Anne Villeneuve, on voit l’évolution de la pensée du garçon et on sent, bien entendu, tous les non-dits et la critique lancée à l’endroit d’un président qui, plutôt que de choisir le dialogue et l’harmonie, se tourne vers les barrières physiques… Un album aussi beau qu’intelligent, qui, de surcroît, fait œuvre utile pour un monde meilleur. Dès 7 ans    

 

Calamity Janes
François Roca (Albin Michel)
Chaque album de François Roca est un événement : de un, parce que le traitement graphique de ses tableaux à l’huile y est toujours épatant, et de deux, parce que les histoires mises en scène sont toujours d’une grande profondeur et d’une belle portée. Cette fois, il s’attaque à la star du Far West, Calamity Jane, qui était aussi maman. En se basant sur les nombreuses lettres qu’elle a écrites à sa fille – confiée à un couple de voyageurs –, Roca retrace à la fois une histoire de grands espaces et une d’intimité filiale. Dès 7 ans

 

On a un problème avec Lilou la loutre
Orbie (Fonfon)
Intenable, invivable, insupportable… c’est qu’elle a beaucoup d’énergie, notre petite loutre! Son problème? Elle a une véritable obsession pour la glisse! En fait, il ne s’agit pas de son problème à elle, mais bien de celui de tous les animaux de la forêt qui doivent supporter qu’elle glisse sur le dos, sur leur repas, dans leurs lunettes…! Un album bouillant d’énergie qui fera, on en est sûr, rigoler les petits! Dès 3 ans

 

Malou
Geneviève Godbout (La Pastèque)
Pour la première fois, on retrouve Geneviève Godbout à l’écriture comme aux illustrations. Avec le petit Malou, la talentueuse et émérite illustratrice nous raconte l’histoire d’un kangourou qui vit une période difficile : il cesse de sauter, alors qu’un nuage gris – métaphore de la dépression présentée aux jeunes lecteurs – s’est installé au-dessus de lui. Grâce à ses amis, il se remettra sous peu à bondir joyeusement. Toujours avec ce crayonné vintage et cette douceur qui caractérise ses personnages, Godbout excelle. Dès 4 ans

 

Anna Swan : La vraie histoire d’une géante
Anne Renaud et Marie Lafrance (Scholastic)
À 4 ans, elle était plus grande que les moutons, à 6 ans, elle dépassait en grandeur son père. Qui? Anna Swan, née en 1846. En raison de son gigantisme, sa vie fut fascinante. De sa Nouvelle-Écosse natale au musée de P. T. Barnum à New York, elle vivra une grande aventure, se mariera avec un autre « géant », aura des amis tout petits, et, finalement, une maison bien à elle. Ce récit, inspiré d’une histoire vraie et ô combien incroyable, est porté par deux Montréalaises. Dès 4 ans

 

Notre-dame-des-anges
Émilie Rivard (Espoir en canne)
Après avoir conquis ses lecteurs et remporté le Prix des libraires avec 1re avenue, Émilie met à profit son humour et sa vivacité d’écriture avec Notre-Dame-des-Anges. Délaissant le quartier Limoilou pour plonger dans Saint-Roch avec un nouveau personnage — Olivier, un lutteur amateur qui vient d’hériter d’un immeuble à logement —, elle nous fait découvrir que ce quartier peut être à la fois plus humain, mais aussi plus absurde qu’on le croirait… Dès 14 ans.

 

Romans : les retours attendus 
Chez Leméac, la programmation jeunesse a de quoi faire saliver. Effectivement, on a droit à des retours attendus, dont celui de François Gilbert avec Hare Rama, où Mikaël réintègre finalement le milieu scolaire, ce qui ne se fera pas sans heurt alors qu’il crée une cellule de méditation clandestine. Du côté de Jean-François Sénéchal, on retrouve Chris, son personnage déficient intellectuel, qui est dorénavant en appartement dans Au carrefour et pour qui les changements ne sont pas toujours bien accueillis. Encore une fois, Simon Boulerice nous entraîne dans le monde de l’enfance, avec le côté tragimagique qu’on lui connaît. Inspiré d’un fait réel, Je t’aime beaucoup cependant (Léméac) transporte le lecteur dans le flot émotif de sa protagoniste et traite d’une disparition non élucidée d’une fillette de 9 ans, d’après le regard de la meilleure amie de la disparue. Que reste-t-il des souvenirs de cette enfance brisée, des années plus tard, alors que les os de la victime sont enfin retrouvés? Patrick Isabelle revient quant à lui avec Les légendes de géranium (t. 1) : La petite reine, chez FouLire, soit un récit fantastique peuplé de fées, de magiciens, de sorcières et de licornes qui met en scène une nouvelle reine, petite comme tout, et un grand royaume qu’elle doit défendre.

À lire aussi 
Le roi qui avait peur des livres, Lyne Vanier (Pierre Tisseyre)
C'est Flavie, Biz et Alice Fréchette (Duchesne et du Rêve)
Disparitions à l’école des gars, Maryse Peyskens (Dominique et compagnie) 
La boucle infernale, Jocelyn Boisvert (FouLire)
Billy Stuart et compagnie : La malédiction des momies, Alain M. Bergeron et Sampar (Michel Quintin)
Les nouvelles vies de Flora et Max, Martin Page et Coline Pierré (L'école des loisirs)

Albums : les retours attendus
Du côté des albums, on retrouve avec joie Marie-Aude Murail dans un premier album, Le visiteur de minuit, que l’éditeur décrit comme étant « dickensien et haletant en diable ». On visite ainsi Londres, au tournant de l’année 1854, alors qu’un père pactise avec le diable pour sauver sa petite-fille malade. Le tout est illustré par Christel Espié, chez Albin Michel. Elise Gravel est quant à elle de retour sur plusieurs fronts à La courte échelle, notamment avec Tu peux où elle brise les stéréotypes de genres pour prouver que filles et garçons n’ont pas à se cantonner dans un genre. Les enseignants et les parents seront heureux d’apprendre qu’ils pourront encadrer – oui, oui! – les illustrations de Gravel en se procurant La classe des petits monstres (Les 400 coups), soit douze affiches de ses plus belles créatures monstrueuses! Julien Béziat, lauréat du Prix des libraires l’an dernier, revient avec son personnage attachant dans La nuit de Berk (L'école des loisirs). Cette fois, Berk le toutou passe la nuit à l’école. Il se fera ami avec un sac à dos en crocodile avec qui il vivra toute une aventure! Impossible de résister aux histoires de cet auteur! Hymne à la lecture avec deux grandes du milieu, Angèle Delaunois et Caroline Merola, l’album Les livres de Madame Sacoche (L’Isatis) nous invite à découvrir une dame qui a à la fois un don et une passion pour partager son amour des livres.

À lire aussi 
Nous sommes là, Oliver Jeffers (Kaléidoscope)
Maman ours déménage, Ryan T. Higgins (Albin Michel)
En fait, je n’aime plus les livres, Daisy Hirst (Albin Michel)
Carré, Mac Barnett et Jon Klassen (Scholastic)
Si tu trouves un nuage, Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo (Kaléidoscope)

À bas les différences
Jamais sans mon sac à main! (Scholastic) de Belle DeMont et Sonja Wimmer raconte en album l’histoire de Charlie qui adore plus que tout le sac à main rouge qu’il a reçu de sa mamie. Lorsqu’il décide de la porter à l’école, bien entendu, ça fait jaser. Mais plutôt que de nous raconter une histoire d’intimidation, le duo nous montre tout le positif que peut générer le fait d’assumer ses choix, de les porter au-delà des normes sociales. Le duo derrière l’excellent Paul et Antoinette revient quant à lui en force avec Je marche avec Vanessa (Kerascoët, La Pastèque) en mettant cette fois de l’avant la gentillesse envers son prochain et l’acceptation d’autrui. Un hymne anti-intimidation qui fera assurément fureur. L’enfant qui vivait dans un mur d’Agnès de Lestrade et Sébastien Chebret (Les 400 coups) touchera assurément en plein cœur les parents avec cette histoire d’un petit garçon autiste, dont la particularité est ici imagée comme si celui-ci vivait dans un mur, loin des câlins et des chants de ses parents. Le texte, comme les illustrations, montre la frontière entre les deux univers – celui du petit et celui des parents –, frontière heureusement franchissable. Chez Fonfon, on s’attardera à Anatatole qui ne séchait jamais, écrit par Stéphanie Boulay et illustré par Agathe Bray-Bourret, un album de près de 80 pages qui nous plonge dans la vie d’un petit garçon qui pleure tout le temps sans que sa grande sœur ou son père en comprennent la raison. Mais à force de chercher, l’aînée comprendra qu’Anatole ne se reconnaît pas tel qu’il est actuellement, en petit garçon sage. Tranquillement, ses larmes sécheront lorsque ses jouets, ses vêtements et sa coupe de cheveux seront en phase avec son petit Anatole intérieur.

À lire aussi
Alice feu d’artifice, Nicole Testa et Annie Boulanger (Dominique et compagnie)
Ils ne veulent pas jouer avec moi!, Andrée Poulin et Lucile Danis Drouot (Dominique et compagnie)

Histoires de femmes fortes
Poursuivant leur série de biographies de femmes qui ont marqué notre histoire, La courte échelle propose de découvrir la vie d’une pionnière de l’informatique : Ada Lovelace (par Isabel Sanchez Vegara et Zafouko Yamamoto). Du côté de Soulières éditeur, Emmanuelle Bergeron nous présente Thérèse Casgrain, Rachel Carson, Agathe de Repentignyet Viola Desmond dans Quatre filles de caractère, une série qui a déjà fait ses preuves et qui préserve toute sa pertinence. Avec Voici Viola Desmond (Elizabeth MacLeod, Scholastic), on assiste au combat pour l’égalité d’une Canadienne pour qui la justice sociale n’a pas de couleurs.

À lire aussi  
La jeune fille plus sage que le juge, Mariana Cojan Negulesco et Cécile Becq (Albin Michel)

Des illustrations à couper le souffle
Les illustrations du Québécois Stéphane Poulin sont à leur meilleur dans Le géant, la fillette et le dictionnaire, album écrit par Jean Leroy chez Pastel. Alors qu’un marchand frappe à la porte d’un géant, il laisse tomber un dictionnaire avant de s’enfuir en criant « Au secours, un ogre! ». Le géant, qui ne connaît pas le mot « ogre », plongera alors dans le minuscule dictionnaire pour y voir plus clair… Dix petits poissons de Werner Zimmermann (Scholastic) est une ode à la nature où le lecteur se promènera en toute quiétude autour d’une mare, dans laquelle il y a bien plus que des poissons que l’on peut observer. Camaïeux, jeux de lumière, reflets sur l’eau : certaines pages sont de véritables œuvres d’art! Avec sa touche délicate et d’inspiration pastel, Claude K. Dubois propose quant à elle un nouvel album aux éditions D’eux, soit Arthur et Malika, d’après le texte de Paule Brière. On y suit une jeune réfugiée, qui rencontrera un petit garçon au parcours bien différent du sien, puisque né ici. De la même illustratrice et chez le même éditeur, on attend avec impatience la réédition de luxe du texte Cassandre, publié en 1994 et qui méritait qu’on le redécouvre en 2018. Cette fois, le texte est signé Rascal.

À lire aussi 
Maman a un gros rhume, Claudine Paquet et Geneviève Després (L’Isatis)
Tombé du ciel, Wallace Edwards (Scholastic)
Boutique Tic Tic, Frédéric Clément (Albin Michel)

Un peu d’humour pour tous!
Avec l’humour qu’on connaît de Pierrette Dubé, pas étonnant qu’on apprécie La saga des trois petits pois (avec Yves Dumont, La courte échelle), qui raconte aux 4 ans et plus l’aventure des petits pois, de leur gousse jusqu’à l’épicerie, expliquant ainsi au passage les étapes de transformation des légumes. Toujours de cette auteure, mais cette fois avec le style très reconnaissable de PisHier, Les sœurs pantoufles (Québec Amérique) est un roman pour jeunes lecteurs qui raconte l’histoire, hilarante, de deux sœurs, Alicia et Miranda, qui ont la particularité loufoque d’être des pantoufles et de vivre des histoires à hauteur de pantoufles : abandon, séparation, révolte! Dans Patate pourrie : Le légume le plus mignon du monde! de Ben Clanton (Scholastic), on découvre une patate qui adore les concours. Elle s’inscrit donc à celui du « plus mignon du monde »… Patate pourrie est-il aussi mignon qu’il le croie malgré les concurrents de taille? C’est tout simplement hi-la-rant! Chez Espoir en canne, on est heureux de retrouver Bouton et ses relectures loufoques de l’histoire. Cette fois, il nous parle de La véritable histoire du grilled-cheese, rien de moins! Et, comme toujours, c’est à se tordre de rire!  

À lire aussi
Collé, Jean Lacombe (Soulières éditeur)

Histoires de filles
Alexandra Larochelle
avait fait fureur en écrivant une série entière de romans lorsqu’elle n’avait que 10 ans. Devenue adulte, elle a prouvé qu’elle maîtrisait l’écriture avec Des papillons pis de la gravité en 2015. Cette saison, elle revient avec deux livres incontournables : un troisième volet avec Des papillons pis des fins du monde (Libre Expression) qui plaira aux 16 ans et plus, ainsi qu’une toute nouvelle série intitulée « Troisième étoile », dont le premier tome est De L.A. à Laval (La Bagnole). On y suit Sonia, 14 ans, dont le père vient d’être échangé aux Canadiens de Montréal et qui doit donc revenir, après quelques années à L.A., au Québec. On retrouve aussi cette saison un guide pour adolescents sous la plume de Frédérique Dufort. Il s’agit cette fois d’un recueil de pensées et de conseils, de citations inspirantes et d’encouragements positifs. À lire dans Fais-le pour toi pendant 365 jours (La Bagnole). Il faudra aussi vous plonger dans Cléo, de Tania Boulet (Québec Amérique), qui mélange astucieusement dans ce roman histoire d’amour et histoire de dessert cuisiné! Sarah-Maude Beauchesne, l’auteure de la trilogie amorcée avec Cœur de slush, revient avec une nouvelle série, cette fois portée par les couleurs de L’Académie, série télévisée du club Illico scénarisée par la jeune Beauchesne. En continuité avec ce qu’on a découvert dans l’univers télévisuel (tout en se lisant de façon autonome), ce livre regroupe lettres et extraits de carnets. Les fans seront ravis! Avec Dernier départ pour l’ailleurs (Nadine Descheneaux, Soulières éditeur), on plonge tout en poésie et en réflexions dans l’univers de Jeanne, 15 ans, qui se cherche autant qu’elle cherche de nouveaux horizons. Un roman intimiste qui s’annonce déjà puissant.

À lire aussi 
Juliette à Hollywood, Rose-Line Brasset (Hurtubise)

Ces sujets dont on doit aussi parler
Lucie Bergeron
aborde la difficile question de la maladie chez les enfants dans son roman pour jeunes lecteurs Sur le toit du monde (Québec Amérique). Elle y raconte l’histoire d’amitié entre Tom, qui rêve de gravir l’Everest, et Madeleine, qui connaît bien les difficultés liées à l'ascension de montagnes, au sens figuré, puisqu’elle a été très malade par le passé. Avec de belles et nombreuses illustrations de Sabrina Gendron, ce premier roman gardera l’attention du lecteur jusqu’à la fin. Avec Camille Bouchard, l’un des auteurs les plus bouleversants de notre littérature jeunesse québécoise, on parle d’attentat avec l’histoire d’Élijah, dont le père a été tué et qui, depuis, souhaite venger sa mort dans Ce vide au-dessus de nos têtes (Québec Amérique). Bouchard interroge la puissance de la douleur et l’intolérance, le lien entre mal et intolérance. On le retrouve également dans la suite de Pistolero, soit dans Indochine (Boréal), où un jeune de 14 ans souhaite prouver à son père qu’il est assez fort pour faire la guerre.  Autres sujets importants dans la collection « C ma vie » de Guy Saint-Jean Éditeur : le roman de Mélanie L’Hérault sur l’adoption ainsi que celui de Mathieu Fortin sur le divorce de ses parents et les répercussions que cela a sur sa vie de footballeur. Avec cette douceur et cette touche poétique qu’on lui connaît, Jennifer Tremblay nous parle également du divorce dans Des éclats de nous (Leméac), alors que l’on accède au journal de Léo, qui tente de monter une pièce de théâtre sur son enfance passée avec sa sœur jumelle Sofia et, surtout, sur le divorce de ses parents. Ils reviennent à deux sur cette époque où tout se dédoublait. Le personnage autofictif de Pourquoi pas? (Éditions David) de Mylène Viens est atteinte de dystrophie musculaire, mais cela ne l’empêche pas de souhaiter vivre librement comme les autres adolescents. C’est ainsi qu’on la suivra dans les aventures qui parsèmeront le voyage qu’elle fera avec des amis dans la ville de Québec, où elle devra accepter sa condition pour mieux l’apprécier. Chez Dominique et compagnie, ce sont trois nouveaux titres qu’on retrouve dans la collection Dre Nadia, psychologue, afin d’ouvrir la discussion avec les jeunes : La dépression : La chose; Les intelligences : Tellement de façons d’être intelligent; Les peurs : Jacqueline et le haricot magique.

À lire aussi 
Le garçon invisible, Trudy Ludwig et Patrice Barton (D’eux)
Au secours! Je perds la vue!, Martine Bisson Rodriguez (L’Interligne)

Tant qu’il y a du sport!
Sport et littérature, plusieurs auteurs l’ont prouvé, font bon ménage. Pour preuve, Tout ce qui compte (t. 1) : La promesse d’Annie Archambault (Hurtubise) nous entraîne dans les histoires d’adolescences d’été, avec une toile de fond située sur les terrains de soccer : Edelweiss, 13 ans, est la protagoniste qui mène son quotidien entre entraînements de ballon rond et, surtout, premiers émois. Toujours du côté du sport, l’enseignant et auteur de la série « Planète soccer » revient avec « Planète hockey » et son premier tome : Sur les traces de Sydney Crosby (François Bérubé, Hurtubise). Alex quittera ses Îles-de-la-Madeleine natales pour joindre l’équipe du Bas-du-Fleuve, avec tout ce que cela implique : une nouvelle dynamique de groupe, une famille qui l’accueille et de nouvelles rencontres réjouissantes. Andrée Poulin, aidée des illustrations du jeune et talentueux Félix Girard, propose quant à elle une incursion pour les petits grâce à l’album dans la vie de Jacques Plante, ce gardien « qui a changé le visage du hockey » (Québec Amérique). Deux adolescents font face aux défis de leur vie (difficultés financières, mère dépressive, quête identitaire), en se réfugiant chacun de leur côté dans la natation, dans Mon cœur en apnée de Rachael Lucas chez Albin Michel. Bien entendu, leurs longueurs les mèneront tranquillement l’un vers l’autre.

À lire aussi
Le hockey : Ses supervedettes 2018–2019 (Paul Romanuk, Scholastic)

Nos amis les animaux
Comment ne pas tomber sous le charme du mouton à l’honneur dans Léonard, le mouton qui ne voulait pas être tricoté, de Mélanie Fortin et Philippe Béha (Les 400 coups)? Alors que ses confrères broutent tout le jour durant, Léonard, lui, rêve de parcourir le monde plutôt que de finir tricoté. En apercevant une montgolfière, une idée germera en lui… On sera aussi charmé par l’ours de Nick Bland dans Gros ours endormi (Scholastic), lequel est forcé, par son colocataire le renard, de déménager : malheureusement, aucun lieu ne semble fait pour lui… Et finalement, on craquera pour Petit-Beurre, un ourson doré, doux et gentil sorti tout droit de l’imagination de Lili Chartrand et Caroline Hamel dans Petit-Beurre et Grand-Gredin (La Bagnole). Le petit ourson doré vit avec trois monstres, en pleine harmonie. Jusqu’à ce qu’un grand monstre bleu, Grand-Gredin, arrive et décide que le clan a besoin d’un chef comme lui pour que ses membres deviennent de véritables monstres. Par chance, Petit-Beurre est aussi malin que mignon! Juliana Léveillé-Trudel, l’auteure de Nirliit, s’est associée à Andrew Katz et Joseph Sherman pour nous offrir son premier livre jeunesse, aux éditions Chouette : Comment attraper un ours qui aime lire. Dans cette histoire, on plonge avec Julia dans la forêt aux côtés des animaux qui l’habitent alors qu’elle cherche à réaliser son rêve : voir un véritable ours! Bien entendu, il se cachera là où elle l’attend le moins!

À lire aussi
C’est cha qui est chat, Philippe Béha (Soulières éditeur)
J’en veux un! Un chat, un chien, une poule? Vivianne Moreau (JCL)
Le jour où les animaux ont choisi leurs couleurs, Fred Bernard et Lisa Zordan (Albin Michel)

Pour ceux qui ont les nerfs solides
À tombeau ouvert (Laurent Chabin, Hurtubise) plaira aux jeunes qui n’ont pas froid aux yeux, comme chacun des livres signés par cet auteur prolifique. Cette fois, c’est un professeur de l’université en bande dessinée qui se voit transporté dans une histoire plus grande que nature alors que tout a débuté avec un simple petit bout de papier trouvé au creux de sa poche… le premier d’une grande série l’avertissant de prendre garde. Et il ne le croira que lorsque sa femme disparaîtra véritablement. À La courte échelle, on plonge avec Caroline Pignat dans Tireur! Ceci n’est pas un exercice, un thriller polyphonique où des adolescents se retrouvent confinés dans les toilettes de leur école. Il faudra aussi se plonger dans le collectif Mystère à l’école (Druide), pour lequel plusieurs grands auteurs pour la jeunesse ont accepté de prêter leur plume : Boulerice, Chabin, Sarfati, Marois, Soulières. La collection « Frissons » de Dominique et compagnie propose cet automne Le village, un roman d’horreur « sang pour sang » québécois écrit par Stéphanie Gervais et dont l’action se déroule au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Avec Muriel Kearny, l’horreur prend place dans la réalité dans Chambre 703 (Soulières éditeur) alors qu’Alyxia, 14 ans, qui vient de quitter clandestinement Haïti, se retrouve dans un réseau d’exploitation sexuelle contre son gré lors du Grand Prix de Formule 1 de Montréal.  

À lire aussi
Évasion : Qui sacrifier? Sylvie G. (JCL)

Premiers lecteurs
Chez Guy Saint-Jean Éditeur, on propose une nouvelle collection nommée « La petite collection », à raison de quatre titres par semestre, dédiée aux apprentis lecteurs. Les albums sont cartonnés et ludiques et sont signés ou illustrés par des gens reconnus comme Fabrice Boulanger, Catherine Voyer-Léger ou Josée Bisaillon. Chaque livre vient avec une trousse du parent ainsi qu’avec des compléments documentaires à l’histoire. Chez FouLire, on s’attardera à la collection « Parapluie » de Louise Catherine Bergeron qui offre des histoires mettant en vedette les sens.

La force des mots
C’est en poésie narrative qu’on plonge avec l’auteur Nathaël Molaison chez Soulières éditeur, alors qu’il nous propose Des muscles en fer forgé : l’histoire d’un garçon qui s’entraîne pour attirer le regard du beau Mathieu, ce « géant fabuleux » de sa classe. À force d’entraînements pour entrer dans le moule, il aura plutôt l’impression de disparaître… Avec sensibilité, ce live aborde l’amour homosexuel et l’affranchissement du regard des autres. Dans la forme du journal poétique, toujours chez Soulières éditeur, on s’attardera à Suivre le lapin blanc, de Pierre Labrie : l’histoire d’une rencontre entre le narrateur, transi d’amour, et Alice, à la plage. François Gravel s’amuse souvent avec les codes narratifs, rivalise d’ingéniosité à chacune de ses parutions. Cette fois, il nous raconte l’histoire d’une histoire dans Comment je suis devenu cannibale (Québec Amérique), c’est-à-dire qu’il nous raconte comme il a écrit cette histoire, de l’idée jusqu’à sa publication. Pour tous les apprentis écrivains, ce roman qui n’en est pas tout à fait un saura vous inspirer! La force des mots, on la découvre aussi parfois à travers le chant. C’est pourquoi on attire votre attention sur Le carnaval des merveilles et des monstres (Planète rebelle), de Mihalis Makropoulos, qui propose un conte musical à saveur symphonique illustré par Katerina Veroutsos et chanté par un chœur d’enfants provenant principalement d’écoles en milieu défavorisé. On y découvre l’histoire d’un carnaval qui illumine les cœurs, mais où deux enfants vivront une aventure qui leur donnera la frousse.

À lire aussi 
Les cadeaux, Nancy Montour et Nathalie Dion (L’Isatis)

Dans les univers du conte
Pas encore une princesse! (Lou Beauchesne et Annie Rodrigue, Druide) raconte l’histoire d’une minuscule fillette apparue dans le porte-crayon d’une grande auteure en panne d’imagination. À coups de suggestions provenant de la petite s’écrira alors une histoire de princesse, de prince et de château… le tout au grand désespoir de l’auteure qui en a marre de ce type d’histoires! Aux éditions Chouette, on craque pour Journal d’une sorcière, écrit par Valeria Dávila et Mónica López, qui nous entraîne dans les pensées et les aspirations d’une sorcière qui en a marre d’avoir mauvaise haleine, de voyager sur un balai et de devoir s’ébouriffer les cheveux. Les illustrations à elles seules méritent le détour dans cet album à la fois ludique et tendre.

À lire aussi 
La petite fille blanche, Lili Chartrand et Marie Lafrance (Québec Amérique)

 
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