Articles

Littérature jeunesse

Le libraire - Numéro 82
Une collection « zébrée » pour les adolescents québécois!

Une collection « zébrée » pour les adolescents québécois!

Par Pierre-Alexandre Bonin, Monet, publié le 10/04/2014

Si vous parlez de « zèbre » à un membre de votre famille, il est fort probable que celui-ci veuille savoir pourquoi vous vous intéressez à un cheval à rayures. Mais parlez-en à votre libraire jeunesse ou à votre bibliothécaire jeunesse, et vous aurez une réaction fort différente. En effet, la collection « Zèbre » de Bayard Canada propose des livres pour un groupe de lecteurs bien particuliers : les adolescents qui n’aiment pas lire. Avec une offre d’une dizaine de titres, le succès de la collection ne se dément pas et gagne en importance depuis son inauguration. Voici donc le portrait d’un « drôle de zèbre »!

À la suite du succès de la collection « Cheval masqué », qui s’adresse aux lecteurs débutants en leur proposant quatre niveaux de lecture, Bayard Canada souhaitait poursuivre sur cette voie, en s’intéressant cette fois aux lecteurs récalcitrants. C’est là qu’entre en scène la collection « Zèbre », lancée à l’automne 2011 avec trois titres. Celle-ci est le fruit de la réflexion de Carole Tremblay, une habituée de la littérature jeunesse, puisqu’elle est elle-même auteure, et qu’elle a publié l’un des trois titres fondateurs de la collection. Elle s’adresse aux lecteurs de 12 ans et plus, et offre des romans courts (entre 10 000 et 14 000 mots, soit un peu plus d’une centaine de pages) qui s’inscrivent, par leurs thématiques, dans la réalité des jeunes. De plus, « Zèbre » propose une signature graphique inédite et novatrice, où textos, pages de publicité, photomontages et courriels sont intégrés à même le texte. Le graphisme a été confié à Kuizin, une jeune équipe de graphistes de Québec, et celle-ci s’assure que chaque roman possède une facture visuelle unique. Toutefois, le travail de l’auteur est également primordial, puisque celui-ci doit concevoir son roman de manière globale, en tenant compte à la fois du texte, mais aussi de la mise en page spécifique à chaque œuvre. La collaboration entre graphistes, auteurs et éditeur est donc primordiale.

Si dans les premiers temps, ce sont surtout les professeurs et les bibliothécaires qui ont vu l’intérêt de cette collection pour raccrocher les jeunes à la lecture, ce sont maintenant les jeunes qui ont pris le relais, comme en témoigne l’achalandage du kiosque de la collection aux différents salons du livre. Et ceux-ci agissent en quelque sorte comme agents multiplicateurs, grâce au bouche-à-oreille au sujet des livres qu’ils ont aimés. Certaines classes de la région de Québec ont même effectué un travail sur cette collection, ce qui démontre l’intérêt de « Zèbre », tant pour les professeurs que pour les élèves. Cette popularité s’explique bien sûr par l’attrait visuel des romans, qui leur donne une allure éclatée et moderne, mais également grâce aux thèmes abordés, très proches du vécu du lectorat visé. On y retrouve, en vrac, l’intimidation (La face cachée du clown); la cybercriminalité (Hackerboy et Opération Phantom); le « géocaching » (Le mystère des jumelles Barnes) ou encore les relations familiales (La plus grosse poutine du monde). De plus, la collection explore différents genres littéraires, sans imposer de thématiques aux auteurs, ce qui permet de passer de la science-fiction (L’après-monde et L’impossible secret) au roman policier mêlé d’absurde (Une sale affaire de dentifrice et On a craqué sur la lune) sans effort.

Quant aux auteurs qui ont publié dans la collection « Zèbre », ils sont, pour la plupart, des auteurs jeunesse expérimentés : Camille Bouchard, Carole Tremblay, Andrée Poulin et Émilie Rivard. Mais on retrouve également un professeur de cégep amateur de musique et de théâtre (Alexandre Côté-Fournier) et une journaliste et agente de marketing (Julie Champagne). Pour certains d’entre eux, il s’agit d’une première expérience dans le roman pour adolescents, alors que d’autres n’en sont pas à leurs premières armes. Mais tous démontrent la même passion de l’écriture, et le même désir de concevoir des romans uniques, captivants et adaptés aux réalités des lecteurs d’aujourd’hui.

Maintenant que la collection est bien implantée, ses créateurs songent à la prochaine étape, soit une version numérique complètement animée des titres déjà parus, afin de rejoindre un public plus large encore, mais aussi dans le but de proposer un produit novateur et intelligent, qui saura plaire autant aux bibliothécaires aux professeurs et aux lecteurs. Avec trois titres à paraître à l’automne 2014 et une popularité qui ne se dément pas, la collection « Zèbre » s’impose de plus en plus dans le paysage de la littérature adolescente québécoise comme un incontournable, à la fois pour les lecteurs réticents, mais aussi pour les jeunes qui veulent se faire raconter de bonnes histoires. Et si la qualité des prochains romans égale celle de ceux déjà parus, gageons que le zèbre deviendra bientôt l’animal préféré des adolescents québécois!

Partager cet article
Commenter sur facebook
  1. Accueil
  2. Articles
  3. Littérature jeunesse
  4. Une collection « zébrée » pour les adolescents québécois!