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Faites-moi peur!

Faites-moi peur!

Par Mariane Cayer, Daigneault, publié le 21/06/2012

Le succès des maîtres de l’horreur de la trempe de Patrick Senécal ou de Stephen King démontre un pan de la psychologie humaine : la plupart d’entre nous aimons avoir peur. Et, comme les adultes, les enfants aussi adorent frissonner.

Qui ne se souvient pas des veillées autour du feu à se raconter des histoires terribles ou encore de ces lectures sous la couverture, alors que le moindre bruit nous faisait sursauter? La littérature d’horreur pour les enfants, même pour des lecteurs de niveau primaire, a depuis longtemps envahi les tablettes des librairies. Loin de prétendre faire le tour du jardin, je vous propose quelques lectures parmi l’éventail des possibilités destinées à faire frémir de terreur vos petits lecteurs…

Signée Claude Champagne, la série «Marie-Anne» met en scène une petite fille et son toutou, Bidon, un pingouin en peluche. Nous faisons la connaissance de Marie-Anne lors d’une nuit de tempête, alors que son grand frère essaie vainement de la mettre au lit. Désireux qu’elle s’endorme enfin, il se met à lui raconter une histoire de peur afin de lui enlever toute envie de sortir de sous ses couvertures. Malheureusement pour la fillette, les créatures horribles décrites par son frère envahissent sa chambre aussitôt que celui-ci a le dos tourné! Aidée de son fidèle Bidon, elle aura fort à faire pour repousser les vampires, fantômes, rats géants et autres monstres qui, bientôt, peupleront sa maison… Dans ces récits, l’horreur est représentée par toutes les créatures aux intentions malveillantes qui essaient d’enlever Marie-Anne. Attention par contre, cette petite fille et son toutou ont plus d’un tour dans leur sac pour affronter les monstres!

Avec «Zone Frousse», les dynamiques éditeurs de la jeune maison d’édition Z’ailées ont relevé le défi de constituer une collection entièrement dédiée à la littérature d’horreur pour jeunes lecteurs. Et, cerise sur le sundae, ils donnent par la même occasion la chance à toute une série d’auteurs de la relève de faire leurs premières armes. Amy Lachapelle, Mathieu Fortin et Jonathan Reynolds ont ainsi inauguré la collection qui se poursuit maintenant en publiant des auteurs comme Yanik Comeau et, surtout, Richard Petit, déjà bien connu pour ses livres de la série «Passepeur». Avec Il était une… dernière fois, Richard Petit nous raconte l’invasion de la Terre par des créatures extraterrestres. Ces dernières cherchent à prendre le contrôle de l’humanité pour ensuite voler les richesses naturelles de notre belle planète. Tout un défi à relever pour le lecteur qui aura à décider de la fin de l’histoire! Dans ce livre comme dans cette collection entière, tout est bon pour épouvanter les jeunes!

On ne pourrait évidemment pas parler de littérature d’horreur sans parler du grand maître québécois dans ce domaine, Patrick Senécal. Si son oeuvre est déconseillée aux enfants, il existe cependant deux exceptions: Sept comme Setteur et Madame Wenham, deux romans d’épouvante mettant en vedette un jeune duo, Nat et Rom, progéniture chérie d’un certain Papa Pat, écrivain de livres d’horreur pour adultes… Hum! On sent bien ici l’inspiration familiale! N’empêche, en utilisant les peurs enfantines des plus jeunes, le célèbre auteur parvient à raconter une histoire qui fait frissonner de terreur autant les adultes que les enfants. Dans le premier livre, les enfants auront à affronter nul autre que le célébrissime Bonhomme Setteur, moins connu des enfants modernes et qui a décidé de marquer son retour en kidnappant le père Noël, le lapin de Pâques et même la fée des dents. Son but? Les utiliser contre ceux qu’il déteste le plus: les enfants. Rom et Nat devront redoubler d’efforts pour l’arrêter. Et encore, leurs aventures ne les auront pas encore conduits à croiser le chemin de la terrifiante professeure, Madame Wenham…

Tous ces univers horribles ne rebutent pas les jeunes lecteurs qui semblent au contraire friands de ces univers morbides. Mais ne soyez pas inquiet, les auteurs savent parfaitement pour qui ils écrivent. Au dernier congrès Boréal, en réponse à la question d’une participante au sujet de la différence entre l’écriture pour un public adulte et celle pour un public jeunesse, Patrick Senécal a éloquemment répondu: «Il n’y a aucune différence entre écrire pour des adultes et pour des enfants, le processus est le même. La seule différence en fait, c’est que l’enfant, quelle que soit l’horreur à laquelle il est confronté, triomphera de ses peurs. Pas l’adulte.»

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