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Littérature étrangère

Le libraire - Numéro 75
Un libraire et son sommelier: De glace

Un libraire et son sommelier: De glace

Par Josiane Létourneau, Olivieri, publié le 25/01/2013

Josiane Létourneau rencontre Jacques Orhon

Vivre des jours que le soleil n’éclaire ni ne réchauffe. Cela illustre parfaitement le gris quotidien de l’inspecteur Kimmo Joentaa, dont la jeune épouse s’éteint, dans les toutes premières pages du roman Lune de glace, des suites d’un cancer. Une mort nocturne, silencieuse, qui trouvera écho chez les nombreuses victimes d’un homme excentrique et profondément troublé que le romancier présente rapidement dans toute sa cruelle complexité. La froideur et la morbide originalité de son mode opératoire glaceront l’été caniculaire qui s’abat sur Turku, ville du sud-ouest de la Finlande où le jeune auteur allemand situe l’action de son roman. L’atmosphère extrêmement tendue, l’authenticité des sentiments et des relations vécus par les personnages, l’intensité des scènes d’introspection et la souplesse du style de l’auteur font de ce livre un excellent premier polar qui laisse d’indéniables traces.

Jacques Orhon, maître sommelier mais également « écrivin » nous ouvre les portes de sa connaissance en nous partageant une suggestion d'accord: « Le vin Icewine Riesling… le roman Lune de glace : outre l’évidence de leur dénomination, trois autres raisons justifient cet accord. La première est que ce vin d’exception se fait dans des conditions climatiques aussi glaciales que l’esprit dans lequel baigne le lecteur en lisant Lune de glace. La seconde vient du fait qu’avant le Canada, c’est en Allemagne, pays d’origine de l’auteur, que l’on produisait le plus de vin de glace. On peut donc en déduire que Wagner connaît bien ce type de vin. Enfin, on peut imaginer sans crainte que l’inspecteur Kimmo Joentaa pourra y noyer son chagrin de veuf. Si le vignoble Inniskillin Wines n’avait pas existé, il eût fallu l’inventer... et si Karl Kaiser et Donald Ziraldo, visionnaires extraordinaires, ne s’étaient pas rencontrés en 1989, la face du monde viticole canadien eût été probablement différente. Du côté des vins de glace, c’est une réussite sur presque toute la ligne, comme ce Riesling, merveilleusement expressif et ciselé à souhait, aux parfums et aux saveurs de mangue, de papaye et d’agrumes confits. D’une grande richesse, mais parfaitement équilibré, le vin reste longtemps en bouche. Certes, ce nectar liquoreux est rare et le prix est très élevé, mais comme pour un cadeau des grands jours, le déguster à petites lampées restera une expérience inoubliable. »

Icewine Riesling 2008:
Vin de glace
Inniskillin Wines
Péninsule du Niagara, Canada
375 ml
72$

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