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Les libraires - Numéro 111
En bref

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Par Isabelle Beaulieu et Alexandra Mignault, publié le 04/02/2019

L’érotisme inédit d’Anaïs Nin
« Jouir n’est possible que si l’on accepte ses désirs », peut-on lire dans l’une des deux nouvelles inédites d’Anaïs Nin contenues dans ce livre à la couverture explicite. C’est avec allégresse que nous consentons au plaisir avec tout l’art et la subtilité dont savait faire preuve l’auteure et qui nous avait déjà séduits avec les recueils Vénus Erotica (1977) et Les petits oiseaux (1979). Ces nouvelles écrites dans les années 40 pour satisfaire la demande d’un collectionneur qui honorait chaque page par la contribution d’un dollar contrevenaient à la loi américaine de l’époque qui condamnait tout écrit jugé « obscène », ce qui n’arrêta pas Anaïs Nin qui les composa pour entre autres subvenir aux besoins de son amant, l’écrivain Henry Miller, en spécifiant qu’elle le faisait aussi « pour se divertir, sous la pression d’un client ». Ce n’est qu’en 1985 qu’on retrouva à l’occasion d’une vente aux enchères les textes publiés dans Auletris — nom qui fait référence au nom d’une nymphe compagne du dieu Pan —, sorti dans sa version originale anglaise en 2016 et aujourd’hui traduit en français aux éditions Finitude pour le bonheur des « collectionneurs » modernes.

 

De brèves histoires au cœur de la vie
En 2018, le prix Goncourt de la nouvelle a été attribué à Régis Jauffret pour son livre Microfictions 2018 (Gallimard). Même si dix ans auparavant, l’auteur avait publié Microfictions, et même si c’est dans le même esprit, il ne s’agit pas d’une suite au premier titre puisque les histoires et les personnages diffèrent. Microfictions 2018 comprend 500 histoires très brèves, qui n’ont pas plus de deux pages chacune, classées par ordre alphabétique. Ces récits mettent en scène des vies ordinaires, parfois cruelles ou monstrueuses, qui oscillent entre la tragédie et l’humour, la banalité et la démesure, la passion et la folie. Le temps d’un bref instant, on découvre la vie de ces personnages. On plonge au cœur de la vie, comme le mentionne la quatrième de couverture : « Toutes les vies à la fois. » Microfictions 2018 est en quelque sorte une œuvre inclassable, tantôt qualifiée de courtes nouvelles, tantôt de roman grâce à la cohésion de cet ensemble de fragments. Peu importe, ces microfictions dissèquent l’âme humaine, radiographient le monde, comme la nouvelle sait si bien le faire.

 
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