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La revanche de la table de chevet

Les libraires - Numéro 105
La revanche de la table de chevet - Numéro 105

La revanche de la table de chevet - Numéro 105

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 05/02/2018

À la rédaction, il nous arrive de découvrir des petits trésors de lecture sur le tard. Ces livres, qui ont accumulé injustement la poussière au coin du lit, méritent de prendre leur revanche.

Les amateurs de Véronique Ovaldé pourraient être surpris par ce livre qui s’éloigne des ouvrages auxquels l’auteure (Ce que je sais de Vera Candida, Soyez imprudents les enfants)les a habitués. Surpris, mais pas déçus s’ils y sont préparés. C’est qu’Ovaldé offre ici un court roman graphique – qui s’apparente plus à un album qu’à une bande dessinée –, un ouvrage hybride qui flirte avec le glauque et l’étrange, laissant derrière lui une étrange traînée d’érotisme combinée à une noirceur oppressante. Drôle de mélange? Certes. Mais d’une fraîcheur qui vient bonifier grandement l’offre dans les rayons des librairies.   

La narratrice est une jeune orpheline, dont les trois tantes sont affligées d’un sort bien précis : folle, vierge ou prostituée. Cette tribu de femmes perdues évolue sous le regard lointain de Mamina, la cuisinière qui prend soin de la petite qui, elle, recherche en ces femmes celle qui l’aidera à s’épanouir. Quel modèle, parmi ces cœurs imparfaits, serait le mieux pour elle?

Les illustrations, tout de noir et de blanc, sont signées Véronique Dorey, et proposent un mélange unique entre le style de Margaret Keane pour l’expression des yeux de ses personnages et Benjamin Lacombe, pour le côté sombre, voire baroque, de ses ambiances. Un ouvrage pour les adultes qui sont prêts à être un brin bousculés.

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