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Les libraires - Numéro 108
Quand la BD visite le musée

Quand la BD visite le musée

Par Ghada Belhadj, Le Fureteur, publié le 31/08/2018

Il y a quelque chose du musée dans la bande dessinée. Les cases se suivent sur la page comme des tableaux accrochés aux murs d’une galerie. Mais rien n’illustre mieux la rencontre entre ces deux univers que la collection « Le Louvre et la bande dessinée » de Futuropolis.

 

Cette collaboration entre les éditions du Musée du Louvre et Futuropolis a vu le jour en 2005 avec le premier album de la collection, Période glaciaire, de Nicolas de Crécy, qui donne déjà le ton. La liberté est en effet offerte aux auteurs de créer des œuvres qui rendent hommage à l’institution du Louvre tout en respectant leurs propres styles et univers. En effet, il n’y a pas deux titres de la collection qui se ressemblent, autant sur le plan de la forme que du contenu.

À l’exploration surréaliste de Nicolas de Crécy succède l’univers kafkaesque de Marc-Antoine Mathieu. Dans Les sous-sols du révolu, on suit le parcours d’un archiviste qui s’enfonce dans les sous-sols du musée, représentés ici comme vertigineux et infinis. Une impeccable réflexion sur la mémoire et le patrimoine.

Avec Aux heures impaires, Éric Liberge donne ensuite vie aux œuvres qui peuplent le musée, littéralement. Le romantisme de cet album trouve un écho dans celui qui le suit : Le ciel au-dessus du Louvre, de Bernar Yslaire et Jean-Claude Carrière. On y relate la naissance du musée parisien, sur fond de Révolution française.

Rohan au musée est le premier titre d’une série d’albums créés par des auteurs japonais. C’est le plus gros vendeur de la série. Les Nippons sont en effet les premiers visiteurs du musée, mais le style déluré d’Hirohiko Araki y est aussi pour quelque chose.

Suivent Un enchantement de Christian Durieux, une histoire d’amour subtile et poétique, La traversée du Louvre de David Prudhomme, une autofiction amusante sur le processus de création, et le sublime Fantômes du Louvre, une sorte de livre d’art où les dessins d’Enki Bilal se juxtaposent aux fameuses œuvres du musée.

Le chien du Louvre d’Étienne Davodeau est parmi les albums les plus narratifs de la collection. Une comédie qui s’interroge sur la définition de l’art. Les gardiens du Louvre propose une promenade méditative comme seul Jirô Taniguchi en a le secret, dans les galeries du musée. Florent Chavouet porte quant à lui un regard sur la vie quotidienne du Louvre de manière drôle et un peu fantasmée dans L’île Louvre.

Les rêveurs du Louvre est un album collectif, marquant les 10 ans de la collection. Huit auteurs du Japon et de Taiwan y offrent leurs visions du Louvre, entre futurisme et baroque.

Les deux derniers albums en date sont les parties 1 et 2 des Chats du Louvre de Taiyô Matsumoto. Le Musée du Louvre y est habité par des félins mystérieux et protecteurs.

Un autre auteur japonais, Naoki Urasawa, un maître incontestable du suspense, sera le prochain à publier un titre dans la collection.

Les albums qui composent la collection « Le Louvre et la bande dessinée » se complètent, telles les œuvres qui peuplent le musée auquel ils rendent si bien hommage.

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