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C’est le printemps : 12 livres québécois à traîner avec soi

C’est le printemps : 12 livres québécois à traîner avec soi

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 20/04/2015

Le soleil pointe tranquillement ses rayons sur nos pommettes et nous voilà déjà en train de chercher un endroit où en tirer profit au maximum. Avec un livre en main, bien des bancs de parc, escaliers publics ou terrasses nous feront de l’œil! Voici douze suggestions de lecture pour combler ces après-midi ou matinées ensoleillés, douze suggestions qui rendent hommage aux créateurs d’ici.  

Les résumés sont ceux des éditeurs

 

Ce qu’il reste de moi
Monique Proulx (Boréal) 

Qu’ont en commun l’hassid de la rue Durocher se pressant vers la synagogue, l’artiste qui donne une performance dans son atelier du quartier des spectacles et la foule au centre Bell galvanisée par un but des Canadiens ? Ils ont Montréal. Ils ont la ferveur, l’appel au dépassement, la quête de transcendance enfouie dans le sol montréalais. Selon Monique Proulx, un gisement mystique se cache sous les pieds des Montréalais, les contaminant et les embrasant, et c’est là leur plus grande richesse – bien davantage que le gaz de schiste.

 

Blues nègre dans une chambre rose
Jennifer Tremblay (VLB éditeur)

Pour se défaire de son amour pour lui, Fanny écrit à Bobo dans des cahiers qu'elle ne lui fera jamais lire. Sa plume, mimant le désir, s'emballe et s'interrompt comme une musique insensée. Alors que Fanny croyait lui avoir échappé, son amant, fuyant mais insatiable, la rattrape encore. 

Un jour, je t'ai écrit que je t'attendais, qu'il y avait de la place pour toi dans ma maison. Tu m'as répondu l'amour est un incendie.

 

L’accoucheur en cuissardes
Jean Désy (XYZ éditeur)

À travers une quarantaine d’histoires, parfois tragiques, souvent comiques, Jean Désy partage sa passion pour la pratique de la médecine et de la pêche en pays nordique. Surgit alors une galerie de portraits, aussi touchants que colorés, constituée d’êtres humains en situation de vulnérabilité et de souffrance dont la rencontre provoque chez l’auteur des questionnements profonds sur ce que devrait être la médecine, un mélange de subjectivité et d’objectivité, d’art et de science, mis au service des plus démunis.

 

Vous avez choisi Limoges
Christiane Lahaie (Lévesque éditeur)

Avec Vous avez choisi Limoges, Christiane Lahaie retourne sur les lieux de ses premières amours. Elle y renoue avec le recueil de nouvelles cyclique, où des personnages arpentent les mêmes ruelles, les mêmes gares, les mêmes paysages. En quête de sens, ils hésitent entre rester ou partir. Aimer ou haïr. Exister ou… disparaître. La capitale du Limousin et ses environs deviennent alors le théâtre de petits drames quotidiens et de tragédies sans nom.

 

L’île noire de Marco Polo
Aline Apostolska (Édito)

Joséphine Watson-Finn est archéologue et enseigne à l’Université McGill. La cinquantaine, aussi érudite que sportive, elle parle fort, rit à gorge déployée et n’a pas sa langue dans sa poche. Envoyée en mission en Croatie par l’Unesco, elle va découvrir que des jeunes filles vierges sont chaque année séquestrées et violées par douze hommes lors de cérémonies rituelles. Les nouveau-nés, fruits de ces viols collectifs, sont ensuite enlevés. Personne ne sait ce qu’ils deviennent. Quelle est cette confrérie secrète ? Pourquoi ces viols ont-ils lieu sur l’île de Korčula, où est né Marco Polo ? Que cache ce trafic d’enfants ? Pourquoi ceux qui commettent ces atrocités adorent-ils des divinités païennes ? Et pourquoi la vieille édentée enfermée dans la cave parle-t-elle le grec ancien ?

Joséphine n’est pas au bout de ses surprises.

 

Panik
Geneviève Drolet (Tête première)

Dehors, toundra. Blanche. Toute blanche. La terre, le ciel. Pas d'horizon. Impossible de fixer quoi que ce soit. Les muscles oculaires ne savent plus. L'aveuglement, le grand. Le blanc.

Entre le western nordique et le roman d'intrigue, Panik est une fable polaire qui met en scène le Grand Nord du Canada, une contrée méconnue, un endroit où la réalité dépasse la fiction. Ses absurdités, son froid mordant, et sa beauté insolite ne laisseront personne indifférent.

 

Nos grands-pères les fantômes
Pasha Malla (Le Quartanier)

C’est par les yeux d’une poignée de narrateurs déroutés qu’on découvre dans ces poèmes la faune des banlieues nord-américaines et les charmes de la complaisance. Une chose est sûre, nos aïeux ont presque entièrement disparu de ces vignettes où règnent l’agitation et le déni. Crise de nerfs d’un parvenu floué, voyages organisés à vocation thérapeutique, dérives d’une pseudo-poète lauréate ou réinvention du téléjournal en reportage choc généralisé, le portrait qui se dessine est celui de l’individu ordinaire captif du spectacle de ses mauvais penchants. Et que faire devant les vexations de toutes sortes, sinon s’en remettre à l’humour et aux drogues douces, histoire d’arracher à l’absurde un peu de sa beauté? 

 

Mines de rien
Collectif (Remue-Ménage)

Mines de rien, ce sont trois féministes qui mettent en commun leurs plumes grinçantes pour dépeindre nos travers avec des lunettes pas vraiment roses. Du marketing aux toilettes publiques, en passant par les médias sociaux, la culture du viol, l’instinct maternel ou la masturbation, leurs chroniques s’indignent de l’ordinaire sexiste, et prouvent qu’il est aussi arbitraire qu’anachronique. Ici la conscience aiguë du phallocentrisme n’est pas un poids, mais un moteur. Mieux vaut, paraît-il, en rire. Mieux vaut surtout s’en indigner.

 

Sèna
Françoise de Luca (Marchand de feuilles)

Quand la voisine italienne sait éteindre toutes les tristesses d'un garçon né dans une famille effrangée, la mère se venge. Mais comme pour donner de la force au petit, la voisine l'enchante en cousant des habits aux poignets mousquetaires, en tricotant des pulls au point de riz, des écharpes au point de sable et, pour lui, un bonnet en côtes torsadées. Jusqu'au jour où il délaisse le silence de fossile de sa famille pour découvrir l'ailleurs, la douceur, et se souvenir de l'odeur du tilleul. C'est sur une banquette en cuir dans le bar du restaurant Le Train Bleu que ce garçon devenu homme réalisera toute la détresse provoquée par sa famille. Son incapacité à vivre son histoire avec la belle Sèna est inversement proportionnelle à l'amour qu'il ressent pour elle. Pourquoi la trahit-il ? Peut-il la retrouver ? Ce sont les questions qui cherchent une réponse dans ce très beau roman de Françoise de Luca.

 

Ici la chair est partout
William Lessard Morin (La Mèche)

Ici la chair est partout, ce sont des nouvelles peuplées par les silhouettes plus ou moins précises de personnages hantés par l’idée qu’ils se font du bonheur et qu’ils pourchassent parfois aux mauvais endroits. Ici la chair est partout, c’est l’amour rejeté, l’amour souffert, l’amour espéré, l’amour à venir, l’amour vécu par le garçon qui aime les garçons et qui s’est égaré entre les paradis artificiels et la dureté du béton de la ville. 

 

Royaume scotch tape
Chloé Savoie-Bernard (L’Hexagone)

Une jeune femme parle, et par sa bouche, ce sont toutes les femmes – sorcières, fées, écrivaines, marâtres, aïeules, sœurs, fantômes – qui cherchent à s'exprimer. Sa voix se mêle aux leurs pour former un cri courageux contre le vacarme des forums de discussions, des télé-réalités, des revues à potins. Mais ce n'est pas assez : pour se bâtir un royaume à elle sur les ruines de son héritage, il lui faudra exhiber ses plaies, monter aux barricades, enfoncer toutes les portes, n'avoir peur de rien.

 

Les questions orphelines
Morgan Le Thiec (Pleine lune)

Billy, qui vit à l’étranger depuis de longues années, se voit contraint de rentrer à Montréal s’occuper de son père, âgé et souffrant. Il lui faudra bientôt vendre le magasin, la maison familiale, et faire l’inventaire des objets et des meubles chargés des souvenirs d’enfance : un vieux gant de baseball, des vêtements, des trophées, des maquettes de voitures et des coupures de journaux, tout un monde désormais impossible à reconstruire.
 
Un monde presque oublié qui cache un drame ancien : la disparition de sa mère quand il n’avait que dix ans. Le silence qui s’est installé entre son père, son frère et lui a laissé en suspens bien des questions orphelines qui hantent encore la mémoire de Billy. Une rencontre inattendue lui révélera un secret de famille jusque-là bien gardé.

 

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