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Prix des libraires en France: les 3 finalistes

Prix des libraires en France: les 3 finalistes

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 12/05/2016

Entre septembre et janvier, un jury formé de libraires s’est réuni pour sélectionner les trois romans finalistes du Prix des libraires français. Comme le veut la tradition, les auteurs francophones choisis n’ont jusqu’à maintenant reçu aucun prix littéraire majeur, malgré que chacun d'eux propose un roman de qualité qui mérite lecture. 

Ainsi, on vous présente les trois finalistes de 2016, accompagné des premières lignes de leur ouvrage en lice : 

  • Olivier AdamLa Renverse (Flammarion)

« J'ai pris le sentier longeant les falaises. Quelques fleurs de bruyère résistaient encore, parmi les premiers ajoncs et les restes de fougères brûlées par le froid. Je suis resté un moment là-haut, le temps de griller les cigarettes qui me faisaient office de petit déjeuner, de m'emplir les poumons de goudron et d'iode congelé. Tout était parfaitement figé dans la lumière acidulée du matin. Au loin, un kayak glissait sur les eaux tout à fait lisses, d'un bleu tendre de givre, semées d'îlots où somnolaient des cormorans frigorifiés, luisants et noirs, comme recouverts de pétrole. J'ai regardé l'heure. Jacques était pointilleux sur la question. J'avais beau lui répéter qu'à cette période de l'année il n'était pas rare que personne ne passe le seuil de la librairie de la journée, il n'en démordait pas. On ne savait jamais. Il y avait toujours un petit vieux pour se pointer dès l'ouverture, et il connaissait ce genre d'énergumène, l'œil rivé à la montre et toujours prompt à se plaindre du temps perdu, bien qu'en disposant par camions-bennes. »

  • Brigitte GiraudNous serons des héros (Stock)

« Nous vivions avec Max, que ma mère avait rencontré quand j’avais douze ans. Il nous avait sauvés un temps. Nous ne savions pas alors comment ça finirait, nous n’étions pas méfiants. Ma mère disait parfois que Max était mon père, pour simplifier. Elle n’aimait pas que nous nous fassions remarquer. Déjà que je parlais avec l’accent portugais. On m’appelait Olivier à la maison, mais parfois ma mère oubliait, et c’est Olivio qui revenait. Je pensais alors au Portugal et à notre vie d’avant, mais je ne me souvenais pas de tout. La chaleur dans l’appartement de Lisbonne, la clarté, le blanc de la façade, et la sensation sous les pieds nus quand je marchais sur le carrelage frais. »

  • Thomas ReverdyIl était une ville (Flammarion)

« Ça l’avait traversé comme une illumination, dès ses premiers jours à Detroit. On était en septembre 2008, à la veille de la crise. On l’avait largué là-bas avec une voiture de fonction toute ronde au moteur hybride japonais et les clés d’un petit pavillon de banlieue, à peine plus grand et mieux meublé que ceux qu’on réservait aux célibataires dans les unités de vie de l’Entreprise, au bord d’une ville sur le point de s’effondrer, un des endroits statistiquement les plus dangereux de la planète, comme s’il était une sorte de casque bleu à des milliers de kilomètres de chez lui, et il n’y avait même pas un sachet de thé dans les placards de la cuisine, même pas un foutu paquet de nouilles. La ligne ADSL n’était pas encore en service et les puces américaines ne rentraient pas dans son portable. Il faudrait en acheter un, pour cela prendre un abonnement, et pour cela ouvrir un compte en banque. Lundi. Il repensa au sourire de Patrick, le factotum américain. Bien sûr que c’était un piège. Comme la Chine il y a un an, et l’autre interprète du Parti. »

Ce sera plus de 3000 libraires qui voteront pour décerner le prix à leur coup de cœur parmi ces trois romans, lequel sera remis le 26 mai prochain, à 18h30 à la librairie L’Imagigraphe.

En complément: le site du Prix des libraires

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