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Prix de La Coupole à Catherine Millet

Prix de La Coupole à Catherine Millet

Par Isabelle Beaulieu, publié le 23/05/2014

La brasserie La Coupole située boulevard Montparnasse à Paris est un endroit mythique. Inaugurée le 20 décembre 1927, 2500 invités, dont Cocteau et Cendrars, s’y trouvent. 1200 bouteilles de champagne font poum ! C’est là qu’Albert Camus ira célébrer son prix Nobel en 1957, le peintre Marc Chagall y fêtera son 97e anniversaire de naissance, Jane Birkin et Serge Gainsbourg déjeunent en terrasse.

Depuis 2003, le restaurant « consacre un roman (récit ou recueil de nouvelles) qui fait preuve d’esprit ». Cette année, douze journalistes étaient chargés d’élire le lauréat qui est Une enfance de rêve de Catherine Millet. L’auteure reçoit un montant de 5000 euros (environ 7400 dollars canadiens).

Après nous avoir confié une partie de sa vie intime en publiant en 2001 La vie sexuelle de Catherine M. vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires à travers le monde, Millet fait paraître en 2008 Jour de souffrance et raconte la jalousie qui la ronge. Cette fois-ci, ce sont des bouts d’enfance qu’elle nous livre.

«Son «enfance de rêve», elle la doit à la lecture (de la Bibliothèque verte aux «Mémoires d'outre-tombe»), aux films avec Gérard Philipe ou Gregory Peck, au dessin, à l'écriture, à la masturbation et à la solitude, qu'elle s'ingénie à peupler, y compris avec des fantômes», nous dit Jérôme Garcin du Nouvel Observateur à propos d’Une enfance de rêve, qu’il qualifie de «beau récit d’apprentissage».

Dans ce récit, Catherine Millet parle aussi de l’importance qu’elle accorde aux mots. Au-delà des belles tournures qu’ils peuvent fabriquer ou de leur utilité plus pragmatique, ils sont avant tout refuge et repères.

«On peut manquer d’un toit, d’amour, d’espoir, de tout, mais ne pas disposer des mots qui désignent la souffrance est à mes yeux le malheur extrême. Je n’éprouve jamais autant de commisération que devant un enfant malheureux qui n’a pas encore acquis complètement le langage, ou un esprit simple, prisonnier d’un registre étroit de mots dépourvus de nuance et de second degré, ou encore devant un animal dont l’attente éperdue est tout entière dans le regard. Les mots marquent la distance minimum qu’il est permis de mettre entre soi et la douleur.»

Le livre est sorti au Québec cette semaine.

Sources:

Livres Hebdo

Le Nouvel Observateur

Photo de Catherine Millet : © Martin Bureau/Getty Images

 ibeaulieu@leslibraires.ca

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