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Le Renaudot pour Moix et Matzneff

Le Renaudot pour Moix et Matzneff

Par Isabelle Beaulieu, Les libraires, publié le 04/11/2013

 J’allais naître. Pour moi, l’enjeu était de taille.
Si c’était à refaire, je naîtrais beaucoup moins – on naît toujours trop.
Naissance
, Yann Moix

Le prix Renaudot dans la catégorie roman est attribué à l’écrivain Yann Moix pour Naissance, un roman autobiographique qui fait plus de 1100 pages. Avec un style prolixe qui ne fait pas dans la subtilité, Moix écrit sur sa naissance et ce qui s’ensuiva, c’est-à-dire les heurts et vicissitudes propres à celui qui est né. Yann Moix commence même le récit de son épopée à la conception :

 (...) mon père, lassé par un jeu télévisé où des vachettes locales entraient en excitation sous les huées d’un parterre de campeurs méchants, s’était dirigé, braguette ouverte, vers la salle de bains où ma mère glissait du fil dentaire entre deux douloureux chicots. Il avait soulevé le tulle de sa nuisette rose praline, s’était frayé un passage dans la pilosité de sa femme puis, entredeux râles de marcassin balancé sur une ligne haute tension, avait dégoisé des insanités en la secouant comme un flipper.

Moix ne suit pas un ordre chronologique, il va plutôt dans tous les sens. Par sa volubilité virtuose, ce roman est une expérience de lecture en soi. On y lit le parcours d’un homme devenu écrivain pour réécrire sa ligne de vie.

Dans la catégorie essai, le Renaudot est remis à Séraphin, c'est la fin! de Gabriel Matzneff. C’est un recueil de textes divers que Matzneff a fait paraître dans plusieurs revues (Le Monde, Le Figaro, Philosphie Magazine, etc.), le sixième et dernier du genre selon l’auteur même. Matzneff a déjà été l’objet de scandale puisqu’il a plusieurs fois mentionné dans ses livres qu’il avait de l’intérêt pour les « jeunes personnes ». Ce recueil au ton très personnel « témoigne que je demeure fidèle aux passions qui ont empli ma vie d'homme et inspiré mon travail d'écrivain ; que, jusqu'au bout, je persiste dans mon être ».

Le prix Renaudot poche est allé à Le pérégrin émerveillé : Paris-Moscou et retour(s) de Jean-Louis Gouraud.

Photo de Yann Moix : Visual

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 ibeaulieu@lelibraire.org 

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