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La sélection pour le prix Anaïs Nin 2019

La sélection pour le prix Anaïs Nin 2019

Par Alexandra Mignault, Les libraires, publié le 05/02/2019

Sept titres ont été retenus pour la sélection du prix Anaïs Nin 2019. Créé en hommage à cette auteure à l’écriture intime, ce prix, qui existe depuis 2015, récompense une œuvre singulière et vise notamment à faire connaître un auteur français à l’étranger. L’an dernier, Catherine Cusset a reçu ce prix pour son roman Vie de David Hockney (Gallimard). Le lauréat du prix Anaïs Nin 2019 sera connu le 12 février.  

Les titres en lice :

Suiza de Bénédicte Belpois (Gallimard)

La tranquillité d’un village de Galice est perturbée par l’arrivée d’une jeune femme à la sensualité renversante, d’autant plus attirante qu’elle est l’innocence même. Comme tous les hommes qui la croisent, Tomás est immédiatement fou d’elle. Ce qui n’est au départ qu’un simple désir charnel va se transformer peu à peu en véritable amour.

Les enténébrés de Sarah Chiche (Seuil)

Automne 2015. Alors qu’une chaleur inhabituelle s’attarde sur l’Europe, une femme se rend en Autriche pour écrire un article sur les conditions d’accueil des réfugiés. Elle se prénomme Sarah. Elle est aussi psychologue, vit à Paris avec Paul, un intellectuel connu pour ses écrits sur la fin du monde, avec qui elle a un enfant. À Vienne, elle rencontre Richard, un musicien mondialement célébré. Ils se volent. Ils s’aiment. Elle le fuit puis lui écrit, de retour en France. Il vient la retrouver. Pour Sarah, c’est l’épreuve du secret, de deux vies tout aussi intenses menées de front, qui se répondent et s’opposent, jusqu’au point de rupture intérieur : à l’occasion d’une autre enquête, sur une extermination d’enfants dans un hôpital psychiatrique autrichien, ses fantômes vont ressurgir. S’ouvre alors une fresque puissante et sombre sur l’amour fou, où le mal familial côtoie celui de l’Histoire en marche, de la fin du XIXe siècle aux décombres de la Deuxième Guerre mondiale, de l’Afrique des indépendances à la catastrophe climatique de ce début de millénaire.

Eugenia de Lionel Duroy (Julliard)

À la fin des années trente, parce qu’elle est tombée sous le charme d’un romancier d’origine juive, Eugenia, une jeune et brillante étudiante roumaine, prend soudain conscience de la vague de haine antisémite qui se répand dans son pays. Peu à peu, la société entière semble frappée par cette gangrène morale, y compris certains membres de sa propre famille. Comment résister, lutter, témoigner, quand tout le monde autour de soi semble hypnotisé par la tentation de la barbarie? Avec pour toile de fond l’ascension du fascisme européen, ce roman foisonnant revient sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, l’effroyable pogrom de Jassy. Portrait d’une femme libre, animée par le besoin insatiable de comprendre l’origine du mal, ce livre est aussi une mise en garde contre le retour des heures les plus sombres de l’Histoire.

Je, tu, elle d’Adeline Fleury (François Bourin)

Pour « Je », pâle blonde, « Tu », homme au regard fuyant, devient peu à peu l’objet d’une passion dévorante, assourdissante, obsessionnelle, qui fait soudain basculer la réalité dans la folie. Une expérience d’autant plus destructrice qu’entre les deux amants surgit régulièrement son spectre à « Elle », l’Actrice, la mère des enfants de « Tu ». Attractive, répulsive, inébranlable, « Elle », brune ténébreuse qui semble le parfait négatif de « Je », distribue les rôles à la perfection, scandant le quotidien de ses apparitions minutées et inquiétantes. Mais qui est vraiment cette « Elle », qui paraît surgir de l’autre côté du miroir? Avec Je, tu, elle, Adeline Fleury nous livre un récit inoubliable, celui d’un désir insensé qui se conjugue à trois, et dont la seule issue possible pourrait bien être la mort, ou la perte de soi… Un texte d’une grande force littéraire, mené sur le fil du rasoir.

Nino dans la nuit de Capucine et Simon Johannin (Allia)

Truffée de dialogues truculents, l’écriture pleine de vivacité de ce roman plante à la perfection ses personnages. Nino, dix-neuf ans, raconte ses galères pour survivre sans argent à Paris. Amoureux de Lale, il voit son couple menacé par la pauvreté, contre laquelle il essaie coûte que coûte de lutter sans perdre sa volonté de vivre. C’est une vie de débrouille ponctuée de fêtes, celle d’une jeunesse qui cumule les petits boulots et les trafics en tout genre. Les réflexions et observations pleines d’acuité de Nino sur ce qui l’entoure esquissent le portrait d’une génération qui tente de trouver sa place dans un monde où il n’y en a plus, d’envisager un avenir. Contre l’accablement, la fureur de vivre anime les personnages de cette fresque nocturne mouvementée, fidèle à notre époque.   

Occident de Simon Liberati (Grasset)

Nos vies sont tendues entre la fatalité du destin qui nous enferme et la grâce du vœu qui nous libère. Du côté du destin : la plongée d’Alain, peintre, dans une passion destructrice lorsqu’il rencontre Poppée, une femme mariée aussi ambitieuse que vénéneuse. Enceinte d’une enfant dont elle nie qu’Alain soit le père, elle l’introduit auprès d’un grand collectionneur. Alain ne sait bientôt plus démêler la complexité de ses sentiments : élan charnel, désir de paternité, intérêt? Ce n’est qu’en frôlant la mort qu’il parviendra à s’affranchir de cette relation perverse et à renaître, au fil d’un voyage initiatique vers l’Andalousie, pour rejoindre la très jeune Emina qu’il n’a cessé de représenter inconsciemment dans ses toiles. Ange et démente, cette beauté poétique assimile ses souffrances à celles de l’Occident chrétien. Du côté du vœu : l’amour salvateur qu’Alain éprouve pour Emina lui permet de renouer avec la source de son art et d’accéder à une pureté spirituelle aux antipodes du monde moderne. Romance passionnée, magnifique périple d'Algésiras à Bruxelles, Occident nous entraîne à travers l’Europe, ses fantômes, ses cités habitées et ses routes isolées. Les chemins croisés de l’art et de l’amour, serait-ce aujourd’hui la plus folle des aventures et la seule qui vaille dans un Occident déliquescent?

Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider (Grasset)

Tu t’appelais Maria Schneider « Tu étais libre et sauvage. D’une beauté à couper le souffle. Tu n’étais plus une enfant, pas encore une adulte quand tu enflammas la pellicule du Dernier Tango à Paris, un huis clos de sexe et de violence avec Marlon Brando. Tu étais ma cousine. J’étais une petite fille et tu étais célèbre. Tu avais eu plusieurs vies déjà et de premières fêlures. Tu avais quitté ta mère à quinze ans pour venir vivre chez mes parents. Ce Tango marquait le début d’une grande carrière, voulais-tu croire. Il fut le linceul de tes rêves. Tu n’étais préparée à rien, ni à la gloire, ni au scandale. Tu as continué à tourner, mais la douleur s’est installée. Cette histoire, nous nous étions dit que nous l’écririons ensemble. Tu es partie et je m’y suis attelée seule, avec mes souvenirs, mes songes et les traces que tu as laissées derrière toi. Ce livre parle beaucoup de toi et un peu de moi. De cinéma, de politique, des années soixante-dix, de notre famille de fous, de drogue et de suicide, de fêtes et de rires éclatants aussi. Il nous embarque à Londres, à Paris, en Californie, à New York et au Brésil. On y croise les nôtres et ceux qui ont compté, Alain Delon, Brigitte Bardot, Patti Smith, Marlon Brando, Nan Goldin... Ce livre est pour toi, Maria. Je ne sais pas si c’est le récit que tu aurais souhaité, mais c’est le roman que j’ai voulu écrire. »

Les résumés sont ceux des éditeurs.

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