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Cinq grands nous quittent

Cinq grands nous quittent

Par Dominique Lemieux, Les libraires, publié le 10/01/2017

L’année 2017 commence de la même façon que la précédente avec le décès de plusieurs écrivains appréciés des lecteurs. Nous leur rendons ici un dernier hommage.

John Berger (1926-2017)

L’année venait à peine de commencer que le grand écrivain John Berger tirait sa révérence à l’âge de 90 ans. Né à Londres, le romancier s’était installé en France il y a une quarantaine d’années. John Berger était un homme engagé, toujours à l’affût des mouvements sociaux, et qui a développé une œuvre importante qui tournait souvent autour de l’exil, de la révolte et des migrations.

Son livre le plus connu, G., construit autour d’un fascinant orphelin et considéré comme une œuvre féministe, a remporté le Booker Prize en 1972. Berger avait alors décidé de remettre la moitié de la bourse au mouvement des Black Panthers, qui militaient pour les droits des Noirs.

Berger, qui a également été scénariste, peintre et critique d’art, laisse derrière lui une quarantaine d’ouvrages, dont La liberté de Corker, traduit pour la première fois en français par Lux éditeur, et Rondo, un poignant texte poétique écrit avec son fils en 2015 à la suite du décès de Beverly Berger, celle avec qui il avait longtemps partagé sa vie.

 

Ricardo Piglia (1941-2017)

Le romancier, scénariste, essayiste et éditeur argentin Ricardo Piglia est décédé à Buenos Aires le 6 janvier dernier. Il vivait depuis plusieurs années avec une sclérose latérale amyotrophique, une maladie neurodégénérative qui entraîne la paralysie. Figure majeure de la littérature argentine contemporaine, il est bien connu pour ses romans La ville absente et Cible nocturne. La plus récente traduction fut Pour Ida Brown, une satire du milieu académique nord-américain.

Comme éditeur, il a notamment dirigé une prestigieuse collection de romans noirs, qui comptait notamment Dashiell Hammett et Raymond Chandler parmi ses poulains.

 

Richard Adams (1920-2016)

L’éditeur Monsieur Toussaint Louverture publiait en octobre dernier Watership Down, traduction de l’œuvre phare du Britannique Richard Adams qui est décédé le 24 décembre dernier à l’âge vénérable de 96 ans.

Watership Down, roman animalier paru en 1972, d’abord traduit en 1976 chez Flammarion, a connu un immense succès planétaire avec des ventes estimées à plus de 50 millions d’exemplaires. Les références populaires à l’ouvrage sont d’ailleurs nombreuses (de Stephen King à la série Lost). Netflix prépare également une adaptation en minisérie. L’ouvrage, conçu pour divertir les deux filles de l’écrivain lors d’un long trajet en voiture, raconte l’histoire d’un groupe de lapins en quête, malgré les nombreuses épreuves, d’une nouvelle demeure après la destruction de leur foyer.

 

Michel Déon (1919-2016)

À 97 ans, l’Académicien Michel Déon s’est éteint le 28 décembre dernier des suites d’une embolie pulmonaire. Célèbre pour ses romans Les poneys sauvages, Un taxi mauve et une quarantaine d’autres, le Parisien avait publié son premier texte à 25 ans (Adieu à Sheila) et son dernier en 2013 (À la légère).

La secrétaire perpétuelle de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, a salué la mémoire de l’écrivain : « C’est une grande perte pour l’Académie. Il en était la mémoire et la conscience. » Associé au mouvement littéraire des Hussards – la droite littéraire des années 50 et 60 –, Michel Déon aura beaucoup voyagé, en plus d’agir comme éditeur, tantôt chez Plon, tantôt à La Table ronde.

 

Zygmunt Bauman (1925-2017)

Le sociologue d’origine polonaise Zygmunt Bauman est mort le 9 janvier dans sa maison de Leeds au Royaume-Uni. Considéré comme l’un des plus importants sociologues de notre époque, Bauman était surtout connu pour ses travaux consacrés à la modernité. Communiste convaincu au moment de la Seconde Guerre mondiale, il aura collaboré aux services du renseignement communiste. Après la guerre, il devient enseignant de philosophie et de sociologie, d’abord à Varsovie – qu’il quitte en raison de l’antisémitisme ambiant – puis à Leeds en Grande-Bretagne.

Reconnu par ses pairs et par la critique, il a écrit une quarantaine d’essais, dont plusieurs ont été traduits en français. Signalons notamment La société assiégée (Pluriel), qui analyse les structures des sociétés modernes, Le coût humain de la mondialisation (Fayard), qui dénonce la crise des valeurs humanistes, et La vie liquide (Pluriel), un recueil de réflexions parfois ironiques.

 

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