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Un livre sur le féminisme pour chaque ado de 16 ans

Un livre sur le féminisme pour chaque ado de 16 ans

Par Dominique Lemieux, Les libraires, publié le 10/12/2015

« Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. »
-Chimamanda Ngozi Adichie

 

Chimamanda Ngozi Adichie est une féministe éloquente, perspicace et souvent drôle. Et les Suédoises et Suédois de 16 ans pourront découvrir la justesse de son propos grâce à une initiative du Swedish Women’s Lobby. L’association a annoncé qu’elle remettrait un exemplaire du livre Nous sommes tous des féministes, dont la version française est parue en avril dernier, à tous les lycéens de la Suède. Elle souhaite ainsi que cela serve à « ouvrir une discussion au sujet de l’égalité des sexes et du féminisme. »

L’auteure nigériane, que nous avons particulièrement remarquée cette année pour son roman Americanah (Gallimard), avait marqué les esprits avec son discours « Nous devrions tous être féministes » présenté lors d’une conférence TEDx en décembre 2012. Cet exposé, visionné près de 2,5 millions de fois sur YouTube, aborde de front la question du féminisme. Chimamanda Ngozi Adichie s’y décrit comme une « féministe africaine heureuse », qui ne « déteste pas les hommes, qui aime mettre du brillant à lèvres et des talons pour son plaisir, non pour séduire les hommes. »

Son texte, bref et percutant, mérite d’être partagé avec le plus grand nombre. Voici deux extraits qui devraient vous convaincre :

« Notre façon d'éduquer les garçons les dessert énormément. Nous réprimons leur humanité. Notre définition de la virilité est très restreinte. La virilité est une cage exiguë, rigide, et nous y enfermons les garçons. Nous apprenons aux garçons à redouter la peur, la faiblesse, la vulnérabilité. Nous leur apprenons à dissimuler leur vrai moi, car ils sont obligés d'être, dans le parler nigérian, des hommes durs. »

« Certains me demandent : “Pourquoi employer le mot féministe? Pourquoi ne pas vous contenter de dire que vous croyez profondément aux droits de l'homme, ou quelque chose comme ça?” Parce que ce serait malhonnête. Le féminisme fait à l'évidence partie intégrante des droits de l'homme, mais se limiter à cette vague expression des droits de l'homme serait nier le problème particulier du genre. Ce serait une manière d'affirmer que les femmes n'ont pas souffert d'exclusion pendant des siècles. Ce serait mettre en doute le fait que ce problème ne concerne que les femmes. Qu'il ne s'agit pas de la condition humaine, mais de la condition féminine. Durant des siècles, on a séparé les êtres humains en deux groupes, dont l'un a subi l'exclusion et l'oppression. La solution à ce problème doit en tenir compte, ce n'est que justice. »

Allez, osez le glisser dans le bas de Noël de vos voisin(e)s, cousin(e)s, ami(e)s et autres proches. Le monde ne s’en portera que mieux.

Source : Quill and Quire

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