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Sentence « littéraire » pour cinq vandales

Sentence « littéraire » pour cinq vandales

Par Dominique Lemieux, Les libraires, publié le 09/02/2017

La lecture comme outil de réflexion? Certainement! Le journal The Guardian rapporte qu’une juge américaine a décidé d’imposer une sentence instructive à cinq vandales qui avaient couvert une école de « graffitis racistes, antisémites et obscènes ». Les gestes reprochés ont été réalisés sur les murs de la Ashburn Colored School, en Virginie, une école minuscule construite à la fin du 19e siècle afin d’éduquer de jeunes Afro-Américains du nord de cet état américain.

La juge a considéré que ces gestes stupides ont été commis par des garçons sans antécédents judiciaires qui ne comprenaient pas le sérieux de leurs actes. La juge a ainsi préféré sensibiliser les adolescents en leur imposant un régime particulier : la lecture de 35 livres, le visionnement de 14 films, la visite de deux musées et l’écriture d’un texte qui prônera une ouverture à la différence. Espérons que cette peine originale aura un impact positif sur ces jeunes.

Parmi les 35 livres sélectionnés – qui abordent tous, à leur façon, les enjeux du racisme, de l’égalité des sexes, de la religion et la guerre –, voici ceux disponibles en français :

 

La couleur pourpre d’Alice Walker (Robert Laffont)
Grand classique américain publié en 1982 et adapté au cinéma par Steven Spielberg, La couleur pourpre dénonce l'oppression raciale et sexuelle à l’égard des femmes noires.

Un enfant du pays de Richard Wright (Folio)
Campée dans l’Amérique des années 30 et 40, l’histoire s’attarde à un jeune homme noir dans la vingtaine qui en a assez de subir l’oppression…

Exodus de Leon Uris (Goélette)
Ce récit, best-seller publié en 1958, romance l’aventure de Juifs survivants des camps de concentration qui, sur un vieux bateau nommé l’Exodus, vont fonder l’État d’Israël. Du même auteur, la juge a imposé la lecture de deux autres titres, maintenant épuisés en français, Trinité et Les lions de Mitla.

Je m’appelle Asher Lev de Chaïm Potok (10-18)
Centré sur la figure d’un grand peintre issu d’une famille juive new-yorkaise extrêmement religieuse, ce roman initiatique témoigne des doutes et des questionnements du personnage.

L’élu de Chaïm Potok (10-18)
Une belle histoire d’amitié entre deux jeunes qui proviennent pourtant de milieux différents, puisque leurs pères ont des visions complètement opposées sur le judaïsme.

Le soleil se lève aussi d’Ernest Hemingway (Folio)
Premier grand succès signé Hemingway, ce livre qui décrit le Paris de l’entre-deux-guerres suit un journaliste américain vivant en France.

La nuit d’Elie Wiesel (Minuit)
Elie Wiesel retrace de façon troublante ses souvenirs de sa déportation à Auschwitz, puis à Birkenau.

Les sorcières de Salem d’Arthur Miller (Robert Laffont)
Cette pièce de théâtre fort célèbre retrace la condamnation de femmes pour sorcellerie.

Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini (10-18)
Dans le Kaboul des années 70, deux enfants sont élevés dans la même demeure : l’un est le fils d’un riche commerçant, l’autre le fils du serviteur. Ce premier roman a remporté le Grand Prix des lectrices de Elle en 2006.

Mille soleils splendides de Khaled Hosseini (10-18)
Cette troublante histoire dévoile l’existence difficile de Mariam, une Afghane mariée de force à un homme violent, qui, à l’arrivée d’une voisine de 14 ans, verra peut-être la lumière au bout du tunnel.

Tout s’effondre de Chinua Achebe (Actes Sud)
Un fermier prospère du Nigéria, époux de trois femmes et père de huit enfants, voit son existence et celle de sa communauté bouleversée par l’arrivée de missionnaires.

La servante écarlate de Margaret Atwood (Robert Laffont)
« Cette fable dystopique féministe, parue il y a plus de trente ans, est toujours aussi pertinente. La grande dame des lettres canadienne y raconte le quotidien d’une femme, « servante écarlate » de son statut, qui doit offrir à des gens d’une caste plus élevée son pouvoir de maternité. Un solide manifeste pour les droits de la femme. » Josée-Anne Paradis, revue Les libraires

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee (Le Livre de Poche)
Alabama, 1930. Le père de la jeune narratrice, un avocat veuf, défend un Noir accusé du viol d’une jeune Blanche.

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou (Le Livre de Poche)
La grande Maya Angelou raconte ici ses débuts et décrit son parcours de militante dans les États-Unis des années 60.

La vie immortelle d’Henrietta Lacks de Rebecca Skloot (Le Livre de Poche)
Cette biographie s’intéresse à l’histoire singulière d’Henrietta Lacks, une Afro-Américaine emportée par le cancer en 1951 et dont les cellules ont été prélevées à son insu pour la recherche médicale.

L’autre rive du monde de Geraldine Brooks (Belfond)
Cette histoire d’amour entre la fille d’un pasteur calviniste et un Indien du clan des Wampanoag se situe dans le Massachusetts du 17e siècle.

América de T.C. Boyle (Le Livre de Poche)
América, critique cinglante de la société américaine, met de l’avant deux couples californiens, l’un politiquement correct et l’autre composé de deux immigrés clandestins mexicains.

L’œil le plus bleu de Toni Morrison (10-18)
Une jeune fille prie chaque nuit pour avoir les yeux bleus, puisqu’elle croit que sa vie serait ainsi bien différente. Texte important sur la ségrégation raciale.

Black Boy de Richard Wright (Folio)
Un texte autobiographique sur la vie d’un enfant noir au Mississippi en 1920.

Le grand combat de Ta-Nehisi Coates (Autrement)
Fraîchement traduit, ce témoignage du journaliste américain nous plonge dans son apprentissage d’une conscience politique et historique.

Eichmann à Jérusalem de Hannah Arendt (Folio)
Regard journalistique et critique de la philosophe Hannah Arendt sur le procès qu’a subi le nazi Adolf Eichmann.

Lire Lolita à Téhéran d’Azar Nafisi (10-18)
Après sa démission forcée de l’Université de Téhéran, Azar Nafisi continue de rassembler ses étudiantes chez elle pour poursuivre leurs apprentissages.

Le viol de Nankin d’Iris Chang (Payot)
L’auteure analyse les horreurs de Nankin, en Chine, où les troupes japonaises ont commis les pires atrocités entre décembre 1937 et janvier 1938.

Ma vie rebelle d’Ayaan Hirsi Ali (Pocket)
Cette autobiographie, maintenant épuisée, décrit la vie de la parlementaire néerlandaise d'origine somalienne, qui a connu l’excision, le mariage forcé, les camps de réfugiés et l’exil.

La vie volée de Jun Do d’Adam Johnson (Points)
Ce prix Pulitzer 2013 s’attarde à Jun Do, un Nord-Coréen orphelin qui passe de héros à zéro, mais qui cherche néanmoins à réaliser son rêve.

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett (Actes Sud)
Adapté au cinéma, ce roman raconte le quotidien de domestiques noires dans le sud des États-Unis au moment de lutte pour les droits civiques.

Pleure, ô pays bien-aimé d’Alan Paton (Le Livre de Poche)
Bien qu’épuisé, ce titre demeure pertinent alors qu’il raconte les dures réalités de l’apartheid, en Afrique du Sud, par le regard d’un vieux pasteur noir.

Une saison blanche et sèche d’André Brink (Le Livre de Poche)
Censuré lors de sa parution en Afrique du Sud, ce roman s’avère un vibrant plaidoyer de la lutte contre l’apartheid.

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