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Le 12 août, j’ai (encore) acheté un (deux, trois…) livre québécois

Le 12 août, j’ai (encore) acheté un (deux, trois…) livre québécois

Par Dominique Lemieux, Les libraires, publié le 14/08/2015

« Magique », « un fantasme de libraire », « émouvant », « inoubliable » : 24 heures plus tard, les libraires n’en reviennent toujours pas. Le 12 août 2015 a été une journée d’exception.

Les libraires du Québec sont heureux, reconnaissants. Partout dans la province, des lecteurs ont convergé vers leur librairie de proximité, poussés par une ferme volonté de se procurer un livre d’ici. L’atmosphère des librairies était féerique. Les lieux débordaient de clients. Les libraires s’élançaient de l’un à l’autre, conseillant un livre par-ci, répondant aux questions par-là. Aux lèvres, ce sourire rempli de gratitude et de fierté. Et aussi ce sentiment de faire œuvre utile et de partager cette passion si forte qui les anime au quotidien.

Cette idée toute simple des écrivains Patrice Cazeault et Amélie Dubé en août 2014 est devenue un phénomène. Le duo a impulsivement choisi une date (le 12 août), a créé un événement Facebook (Le 12 août, j’achète un livre québécois) et, naïvement, a cru qu’à sa façon il pourrait aider à dynamiser le marché du livre québécois. Cette année, ce sont des milliers – 12 000 selon la page Facebook! – qui ont visité leur libraire, physique ou virtuel, afin de mettre la main sur un ouvrage québécois. Pour ceux qui auraient pu en douter, le 12 août est un succès indéniable, une journée d’un bonheur authentique.

Patrice Cazeault et Amélie Dubé ont réussi à créer un événement rassembleur et extrêmement positif. Nous ne pouvons que les remercier pour leur dévouement sincère, leur audace et leur conviction.

La littérature québécoise est riche, diversifiée, captivante. Le talent des écrivains d’ici est inouï. Les libraires le savent depuis longtemps. Partager cette passion avec le public est une opportunité unique. Et, le 12 août, les visiteurs étaient heureux, se promenant avec allégresse d’un rayon à l’autre, l’esprit tranquille, curieux, prêts à se laisser surprendre. Les libraires avaient préparé des cubes de littérature québécoise, avaient rempli leurs sections (nettement moins fournies au moment de la fermeture…), avaient invité des écrivains pour animer la librairie…

C’était beau. C’était émouvant. C’était impressionnant.

Puis, sur Facebook, cette vague d’amour pour le livre québécois costumée en égoportraits variés, en commentaires passionnés et contagieux. Difficile d’arrêter de défiler cette page, jolie mosaïque d’un Québec littéraire bigarré.

Toutes les librairies interrogées ont constaté un élan majestueux. Par exemple, les librairies Les Bouquinistes à Chicoutimi et Gallimard à Montréal ont signalé avoir réalisé le double des ventes de l’année précédente, qui avait déjà été un succès indéniable. Imaginez...

Même constat à la librairie Le Fureteur de Saint-Lambert, qui a connu une augmentation de plus de 37 % par rapport à l’an dernier. Le propriétaire de la librairie et président de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec, Yves Guillet, décrit : « La clientèle était nombreuse, variée, mais comptait aussi une bonne part de clients réguliers. Un public très enthousiaste, fier de poser ce geste volontaire en nous visitant et en achetant un livre québécois. »

Le site collectif des libraires indépendants, www.leslibraires.ca, n’est pas en reste! Voici quelques données qui le démontrent :

  • Meilleure journée de vente de l’histoire du site transactionnel
  • Le double de commandes par rapport à l’an dernier, qui avait justement été – à ce moment – la meilleure journée de l’histoire du site
  • L’équivalent en 24 heures de 9 journées de vente pendant le mois d’août (c’est impressionnant!)
  • Plus de 85 % des livres vendus étaient québécois
  • Les clients provenaient des quatre coins du Québec, mais aussi du Canada, des États-Unis, de la France et de la Suisse
  • 467 titres québécois différents ont été acquis (voir la liste des titres vendus plus d’une fois)
  • 35 % des commandes étaient pour des livres numériques
  • 12 meilleurs vendeurs du 12 août sur le site www.leslibraires.ca :

1- La bête à sa mère de David Goudreault (Stanké)
2- Six degrés de liberté de Nicolas Dickner (Alto)
3- L’orangeraie de Larry Tremblay (Alto)
4- Ma vie rouge Kubrick de Simon Roy (Boréal)
5- La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen (Le Quartanier)
6- Ce qu’il reste de moi de Monique Proulx (Boréal)
7- Excellence poulet de Patrice Lessard (Héliotrope)
8- La nageuse au milieu du lac de Patrick Nicol (Le Quartanier)
9- La langue rapaillée d’Anne-Marie Beaudoin-Bégin (Somme toute)
10- Six minutes de Chrystine Brouillet (Druide)
11- Famille futée T. 2 d’Alexandra Diaz et Geneviève O’Gleman (La Semaine)
12- Métis beach de Claudine Bourbonnais (Boréal)

Il est également intéressant de noter que de nombreux clients ont opté, en ligne, pour une « Suggestion mystère » de leur libraire. Par exemple, une cliente a demandé à sa libraire de lui proposer des lectures afin de l’initier à la poésie québécoise, un autre a fait pareil, en quête d’essais sociologiques ou philosophiques…

Cette confiance, cette envie de découvertes, cette ouverture au dépaysement, tout cela démontre la magie de la journée.

Dans un monde idéal, le 12 août aurait lieu tous les jours. Mais les liens créés pendant cette journée laissent des traces. Et c’est ainsi qu’un visiteur du 12 août reviendra visiter son libraire en octobre, en décembre ou à tout autre moment de l’année. Et, le libraire et ce lecteur partageront le doux souvenir d’un 12 août bien spécial.

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Merci à tous ceux et à toutes celles qui ont fait le choix de fréquenter une librairie indépendante (ou le site leslibraires.ca) le 12 août. Nous en sommes sincèrement touchés et reconnaissants. À bientôt!

 

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