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Des livres pour nos écoles?

Des livres pour nos écoles?

Par Isabelle Beaulieu, publié le 22/08/2014

La plupart des gens y consentent, le livre est un objet de savoir, de connaissance, d’évolution. Alors pourquoi Yves Bolduc, notre actuel ministre de l’Éducation au Québec, déclare-t-il : « Faire le choix de ne pas acheter de livres, ça peut donc être un choix acceptable des commissions scolaires »? Ce dernier a annulé l’obligation qu’avaient les commissions scolaires d’accorder 7$ par élève pour l’achat de livres. Maintenant, il y a un budget global et chacun décide des répartitions. Ainsi, plusieurs écoles ont déjà décidé d’amputer le budget habituellement dédié aux livres ou de simplement le couper en totalité.

On sait que les écoles du Québec ont des budgets restreints pour combler tous les besoins, mais sabrer dans l’achat de livres pour une école, c’est comme de retrancher dans les semences pour le jardinier, il n’y a pas de croissance ni de récolte possibles. Surtout, quelle image du livre projette-t-on aux jeunes quand même le ministre de l’Éducation n’y voit pas là une préséance? Déclassé au rang de sous-priorité, amené comme un objet optionnel, le livre semble en périphérie alors qu’il se situe au centre de l’éducation.

Dans un communiqué, l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ) affirme : «La présence du livre n'est pas une question accessoire, celui-ci est au coeur même du projet éducatif. La diminution des ressources allouées aux bibliothèques mettra en péril la mise en oeuvre du Plan d'action sur la lecture à l'école adopté il y a près de dix ans». Non seulement nous ne parlons pas d’améliorations, mais il y a recul. Alors qu’on ne cesse de parler de la baisse du lectorat et du taux élevé d’analphabétisme au Québec...

Sans parler des libraires, de beaux passeurs vivants et dynamiques, mais qui peinent à demeurer à flot. Pour plusieurs d’entre eux, un important pourcentage de leurs ventes leur vient des bibliothèques scolaires. Sans parler des éditeurs qui veillent au grain pour alimenter la richesse culturelle et offrir de véritables joyaux. Et sans parler des auteurs et des illustrateurs qui gardent la flamme allumée. Avec ces compressions, tous ces gens verront leurs moyens diminuer considérablement. « Quelque part, lorsqu’il y a une restriction budgétaire, il y a des gens qui vont faire moins d’argent », affirme le ministre Bolduc. Mais ici, il est plutôt question de survie. Alors que madame Hélène David, ministre de la Culture, a affirmé vouloir trouver des solutions concrètes pour la situation du livre au Québec, il semble y avoir une contradiction de valeurs au gouvernement.

Faut-il rappeler tous les bienfaits de la lecture chez les jeunes. En juin dernier, un important groupe de pédiatres américain déclarait que les parents devraient faire la lecture à leurs petits chaque jour. En effet, les bons lecteurs ont souvent de meilleurs résultats scolaires. Mais encore, la lecture permet de développer une grande créativité, d’anticiper les solutions à un problème, d’enrichir son vocabulaire et ainsi d’avoir les outils pour verbaliser sa pensée ou ses émotions, elle offre à l’enfant l’opportunité de réfléchir sur lui-même et d’appréhender le monde qui l’entoure, d’élargir ses champs d’intérêt, de susciter sa curiosité, d’éveiller ses passions. Bref, la lecture est au cœur même de la construction de l’identité. Et pour ça, il faut un grand éventail de livres, de la diversité, de la pluralité.

On pense et l’on réinvente son monde à travers la lecture, alors on ne peut pas, même si l’heure est à la compression, négliger une seule bibliothèque scolaire.

Sources :

Le Devoir 21 août

Le Devoir 22 août

UNEQ

Outils et références:

Pouvoir de lire

Communication-Jeunesse

ibeaulieu@leslibraires.ca 

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